Auteur Sujet: Rugby, l’imposture ?  (Lu 651 fois)

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Rugby, l’imposture ?
« le: 11 septembre 2011 à 19:22:05 »
Salut camarades,

Fan de Rrrrubi comme on dit chez moi, dans le sud - ouest, les aficionados se lèvent à l'aube ou tard la nuit pour voir les matchs de la coupe du monde de rugby en Nouvelle Zélande, mais bigre que ce sport a changé, le spectacle aussi !

Sport gâché par le pognon dirait - on ? L'amateurisme de haut niveau, celui de l'élite, des clubs de village est dépassé, les stars de l'ovalie font de la pub télé, les sportmen comme on disait avant - guerre, sont devenus des vedettes et des produits commerciaux à vendre !

Devant une FFR (Féderation Française de Rugby) pas souvent très claire, qui a fait de ce sport populaire à part, un sport comme les autres, le centre d'intérêt des financiers, des annonceurs, des sponsors et de leur tiroir - caisse !

Coupe du Monde de Rugby : Rugby, l’imposture ?
9 septembre 2011

http://www.sofoot.com/rugby-l-imposture-147317-article.html?view_v2009
 
En France, le rugby ne cesse jamais d’entonner le couplet d’opérette du sport plus authentique, le plus éthique, le plus correct, le plus progressiste. La Coupe du monde qui s’ouvre en Nouvelle-Zélande, dans cet Hémisphère sud qui règne en maître avec des All Blacks en guise de Barça à XV, offre une nouvelle fois l’occasion à la presse et aux beaux esprits des plateaux télé de venir élever un veau d’or à l’Ovalie. En dépit de la réalité et de l’histoire.
 
Aujourd’hui, c’est un petit article dans le gratuit 20minutes qui annonce la « bonne nouvelle », sondage à l’appui : désormais les Français préféreraient le rugby au foot, à près de 60%. Hormis les inévitables doutes que soulève ce genre d’enquête (effet d’aubaine, formulation ambiguë, etc.), on ne peut donc que légitimement se demander les raisons du fossé qui demeure encore à ce point béant (écart du nombre de pratiquants, audimat, etc..) entre les deux ballons. Une des raisons quantifiées par BVA se situerait au niveau social, les ouvriers résistant davantage à l’attrait du jeu à la main que les cadres sup’. Bref, la passion des “pauvres” du café du commerce contre le penchant des CSP+ tendance bistrot du sud-ouest.

Naturellement le contexte - de Knysna aux quotas sans oublier l’épuisement du foot amateur qui perd depuis quatre ans des licenciés -, fonde en partie ce retournement symbolique, amplifié par la Coupe du Monde et sa surexposition médiatique. Mais surtout, il n’y a rien de neuf. Depuis toujours ce type de gadgets reflète avant tout la façon dont le panel sollicité enregistre et restitue l’idéologique dominante. Et depuis plus d’un siècle, les élites et la presse entretiennent cette illusion que le vrai “sport” se compte à coups d’essais, et qu’il porte seul et fièrement les valeurs “pures” d’amateurisme, de convivialité entre gens de bonne compagnie, et de masculinité conquérante. En face, le foot transporterait ad vitam les scories des milieux populaires : vulgarité, triche, maintenant racisme et violence etc. 1998 avait certes converti certains intellos et politiques aux “Bleus”, 2010 marque donc un logique retour à l’ordre “naturel” des choses. Pourtant, l’étude un peu sérieuse de l’histoire “matérialiste” casse brique par brique ces belles constructions conceptuelles. La réalité du rugby ne se résume pas à quelques envolées lyriques humanistes (Daniel Herrero) ou gaullistes (Tillinac).

Par exemple, rappelons aux mémoires sélectives que ce fut justement au nom du savoir-vivre et du fair-play cher au Baron de Coubertin que le rugby fut évincé dès les années 20 de la famille olympique. En 1931, les Britons virèrent de même le coq du Tournoi des Cinq Nations sous les accusations de professionnalisme masqué et de violence mal contrôlée. Plus tard, enfant chéri de Vichy car “viril et enraciné”, le rugby à XV en profita pour tordre le cou à son rival professionnel et populaire “à XIII”, seule fédération interdite pendant l’occupation. Bien des années plus tard, la FFR se distingua par ses relations excessivement amicales avec son homologue sud-africaine au temps de l’Apartheid et son président Albert Ferrasse ne se résigna au boycott que sous la pression politique de l’alternance en 1981. Continuant le survol chronologique, le rugby imita de plus en plus sans oser le dire son “frère ennemi”, bien qu’il ne fit sauter le verrou de l’amateurisme qu’en 1995. Il rattrapa cependant avec diligence le temps perdu dans la course au professionnalisme et au sport spectacle, notamment grâce à la caricature d’un Stade Français (pourtant modèle de l’élitisme social) de Max Guazzini et de ses inoubliables pom-pom girls, le tout associé à la figure ô combien emblématique de Bernard Laporte.

La création de la Coupe du monde en 1987, invitant avec largesse des nations mineures (Russie, Canada,...) à venir démontrer la mondialisation enfin complétée de l’ovalie, prouva que le rugby ne sait s’y prendre autrement qu’en copiant (syndrome du doublon) les méthodes, pourtant dénoncées au fil des interviews, du premier des sports. Toutefois, on ne renverse pas une hiérarchie économique et culturelle déjà bien installée aussi facilement. En 1998, l’IRFB - International Football Rugby Board, reflet de la FIFA - avait ainsi finalement renoncé au “F” dans son sigle, entérinant sa défaite sémantique. Heureusement, entre les dix ans du 11 septembre et les mêlées matinales en Nouvelle-Zélande, on pourra mater PSG-Brest sur Canal Plus.

Nicolas Kssis-Martov
« Modifié: 12 septembre 2011 à 01:12:34 par W catharos »
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Re : Rugby, l’imposture ?
« Réponse #1 le: 12 septembre 2011 à 01:47:00 »
C'est vrai que le Chabal vend toutes sortes de trucs avec sa grosse barbe et son look d'homme des cavernes.

Mais il reste la soûle pour les vrais amateurs .

En Bretagne on dit la soûle et en Belgique c'est la souille.

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_0003-391x_1911_num_27_4_1374

http://fr.wikipedia.org/wiki/Soule_(sport)#Historique

C'est un peu viril mais c'est jouable . Il faut juste d' ajouter quelques règles civilisées pour éviter les gueules cassées.

Hors ligne W catharos

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Re : Rugby, l’imposture ?
« Réponse #2 le: 12 septembre 2011 à 02:06:52 »
Salut Conan,

La soule, c'était dangereux, à ramener la balle, enfin, ce qui était la balle, dans le camps de son village, ce sport si j'ose dire violent sans règles, a été interdit sous l'Ancien Régime il me semble, nul doute que des comptes devaient se régler dans les regroupements et dans les chemins creux...

Je me souviens d'avoir vu le film, La Soule, de Michel Sibra (1989), règlement de compte à la restauration d'affaire datant de l'Empire ! Et c'était plus que violent et même meurtrier...

Mais, il me semble bien qu'au Moyen Age cette activité existait déjà, mais on peut pas obliger les paysans à s'ennuyer les jours de fête !

Pour le Rugby, de ce sport, devant ce qu'il était et ce qu'il est aujourd'hui, on envi presque la nature des vieilles soules villageoises...  ;)

Fraternellement,
W catharos
 
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Re : Rugby, l’imposture ?
« Réponse #3 le: 14 septembre 2011 à 12:34:12 »
Salut camarades,

Malgré ce que les médias nous disent, seul 30% des néo - zélandais, seraient vraiment interessés par la coupe du monde de rugby qui a lieu dans leur pays...

la Coupe du Monde de Rugby s'est donc ouverte en Nouvelle-Zélande, alors ce commentaire intéressant de Miles Lacey (en anglais) sur la fracture de classes aiguë qui a été révélé en 1981 lors de la tournée des Springboks (Afrique du Sud) en Nouvelle Zélande. C'était au temps de l'apartheid. les Springboks équipe sud-africaine symbole de l'apartheid, s'était vu s'opposer les protestations de travailleurs en colère et de la jeunesse, qui avaient affronté violement la police.

The Silent Revolution: The 1981 Springbok Tour
par Miles Lacey     
10 septembre 2011
 
http://socialist.org.nz/content/view/165/1/

Salutations communistes,
W catharos
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