Auteur Sujet: problématique : Occitanisme et socialisme  (Lu 3908 fois)

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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #15 le: 10 juin 2010 à 12:15:59 »
Cher ezln,

Una Occitània desliurada de cadenas de l'Emperi Colonial Franchimand e deman Socialista, de segur... De veraï... OSCA !

Recréer une culture cathare ? La question est des plus bizarre et saugrenue !

Le Catharisme a jetté ses derniers feux au XIVème siècle, je ne vois aucun intérêt à faire revivre ça...
A part pour quelques "chrétiens" en rupture de bande et paumés !

Alors, je repondrais : "sûrement pas", soi pas de la gleisa dels bons omes, je suis athé, le Catharisme, l'intêrets de son étude est en rapport avec la lutte des classes, dans la société féodale, ses aspects novateurs, contre l'Eglise Catholique, les princes, les rois, la féodalité...

J'avais aussi déjà répondu à la question, sur le "Socialisme et l'Occitanie", plus haut, dans ma discussion avec le camarade Maximilien...
« Modifié: 09 mars 2011 à 22:32:00 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
Saint Just

"Il n y a pas cinquante manières de combattre, il n' en y a qu'une c'est d"être vainqueur"
Malraux

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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #16 le: 14 août 2010 à 23:07:52 »
Cher(e)s camarades,
Car(a)s collègas,

Après la lutte viticole de 1907, La Révolte du Midi, (dont j'ai déjà parlé), et c'est une suite, de cette geste politique occitane, en mars 1976, à Montredon - des - Corbières, une fusillade éclate, entre vignerons et CRS, lors d'une manifestation... C'était un mouvement de ceux de la terre, de ses petits paysans en ruine du Languedoc, pour la vigne, monoculture, de ce pays...  

Des décennies après, ce drame reste intacte dans les mémoires de l'Aude et au delà... Montredon, 4 Mars de 1976...

Source... http://melanizetofre.blogspot.com/ ... Dont le commentaire... Pels vinhairons, los paurons n' i a pro ! Colèra, Sang vengut e Sociala !

Moriguèron un vinhairon, Emile Pouytès e un CRS Joël le Goff.

"Montredon marque la fin d'une époque et d'un certain mode de lutte viticole traditionnelle" (...)

Montredon c'est ça : le seuil de l'infranchissable. On peut le passer ou pas, presque sans s'en apercevoir. C'est une dure leçon. Cela peut tenir à rien."

in Jean Huilllet, De que fasèm ? Un regard militant sur la viticulture, Domens, 2004


Après le drame de Montredon...

Les viticulteurs toujours amers et inquiets ! Commémorations...

"Dans un vent glacial, au milieu d'un paysage de vignes aujourd'hui lentement rognées par une zone commerciale, des gerbes ont été déposées dimanche à l'endroit où une fusillade fit deux morts, un commandant de CRS et un viticulteur, le 4 mars 1976 à Montredon-des-Corbières, près de Narbonne.

Parmi les quelques 200 personnes présentes à cette cérémonie sans discours ni banderole mais où flottait un drapeau occitan, la veuve du viticulteur, Jeanne Pouytes.

"Nous fleurissons ici chaque année les deux stèles car ce sont tous deux des victimes de la crise de la viticulture", explique Jacques Serre, président des vins de pays de l'Aude. Présent en 1976, il se rappelle les impacts des tirs dans les champs, qu'il croyait être des tirs à blanc. Les échanges de coups de feu avaient blessé 17 CRS.

Un second dépôt de gerbes était prévu dimanche à Arquettes-en-Val (Aude), village d'Emile Pouytes.

En marge de la cérémonie, les viticulteurs présents ont dénoncé une situation inchangée qui leur laisse craindre un possible retour de la violence."Les revendications de 1976 sont les mêmes, il ne manque que deux morts", résume gravement Christophe Adgé, viticulteur à Saint-Félix-de-Lodez (Hérault), devant l'église de Montredon.

Les viticulteurs sont toujours victimes de la grande distribution et du négoce qui les rackettent", explique cet exploitant de 15 hectares en AOC et vin de pays candidat au RMI car il "travaille à moins" (à perte).

Approuvé par ses collègues, il dénonce "une France coupée en deux avec des céréaliers et des éleveurs qui prennent 97% des aides européennes contre 3% aux viticulteurs", et "un gouvernement qui laisse pourrir la situation chez les viticulteurs, mais intervient tout de suite pour la grippe aviaire". Il annonce pour son exploitation un chiffre d'affaires de 20.000 euros cette année, contre 45.000 en 1993. "Je ne prône pas la violence, mais je la comprends", conclut-il. "Les viticulteurs sont à bout. Ils enregistrent des pertes de 1.000 euros par hectare. Nous avons manifesté par milliers avec beaucoup de calme le mois dernier sans être entendus, ça va être dur de tenir la base car les mêmes causes produisent les mêmes effets", explique Jacques Serre.

Le 15 février, des milliers de personnes, dont de nombreux élus et l'évêque de Carcassonne, avaient défilé dans plusieurs villes de la grande région, brandissant des affiches évoquant les trois grandes crises viticoles de 1907, 1976 et 2006.

"Il faut rappeler la tragédie de 1976", ajoute Philippe Vergne, président du syndicat des vignerons de l'Aude, qui martèle les revendications de la profession: "Un revenu décent, la reconnaissance de la ruralité, de la culture du vin". Pour lui, "les problèmes de 1976 restent les mêmes : surproduction, fraudes, pression de la grande distribution".


Tèrra als paisans, pas de Tèrra sens paisans, Tèrra descolonizada, per la Libertat e la Sociala ! Lo riu va creisser, es sus la "Talvera" que se pot veire, la Libertat d'Occitània roge amb la crotz de Tolosa amb lo "Lugarn", que se leva !

Pour en savoir beaucoup plus, sur la Tragédie de Montredon proprement dite et son lien notamment avec la "Révolte du Midi" de 1907, les effets, post - 1968, et son lien avec l'Occitanisme politique, le Socialisme qui est la problématique du thème...

Conjuguer, Occitanisme, Marxisme, lutte des Classes, Socialisme, voilà un enjeu politique, non ?

A lire absolument pour comprendre...

http://irice.univ-paris1.fr/IMG/pdf/Lettre_d_info_68_no27_24-11-97.pdf

Bientôt, je vous parlerai de la lutte du Larzac de 1973, et des grèves des Mines de la Sala, Decazeville de 1962...

Amistats del amic,
Wilhelm catharos
« Modifié: 27 août 2010 à 21:44:24 par W catharos »
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Momo

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Re : Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #17 le: 25 août 2010 à 18:43:14 »
Cher ezln,

Recréer une culture cathare ? La question est des plus bizarre et saugrenue !

Le Catharisme a jetté ses derniers feux au XIVème siècle, je ne vois aucun intérêt à faire revivre ça...
A part pour quelques "chrétiens" en rupture de bande et paumés !

Alors, je repondrais : "sûrement pas", je suis athé, le Catharisme, l'intêrets de son étude est en rapport avec la lutte des classes, dans la société féodale, ses aspects novateurs, contre l'Eglise Catholique, les princes, les rois, la féodalité...

J'avais aussi déjà répondu à la question, sur le "Socialisme et l'Occitanie", plus haut, dans ma discussion avec le camarade Maximilien...


Je ne  connais pas son positionnement par rapport au socialisme , mais Yusuf Ibn Abd Al-Rahman Al-Fihri a peut-être marqué l' Occitanie de son emprunte à l'époque où il était wali de Harbuna ( Narbonne ) et gouverneur puis émir d'Al-Andalus de 446 à 456 . Yusuf  portait le nom prestigieux de son père Al-Fihri , conquérant arabe du Maghreb , mais il était complètement sous l'influence du chef des Quaisies Syriens , Al-Sumayl , son gendre et généralissime .

Wali de Saragosse , Al-Sumayl Ibn Hatim Ibn Dhil  Chauxan , fut finalement garotté dans une prison de Cordoue sur ordre d'un autre Syrien célèbre , le nouvel émir Abd Al Rahman Ibn Habib , ultime survivant de la dynastie des Banu Mu'awiyya. Mais Al Sumayl n'en fut pas moins un quasi-big boss original d'Al Andalus , puisqu'il ne pouvait pas pifrer le Coran . Il trouvait ce bouquin beaucoup trop "gauchiste" pour ne pas dire socialiste . Enfin , il disait furax  : "Avec çà , les manants prendront nos places ! " . C'est clair , Al Sumayl était un aristocrate arabe du genre païen conservateur , mais il n'avait pas que des défauts . Il écrivait de forts jolis poèmes en langue arabe en cherchant son inspiration dans le vin . Le quasi-big boss  d'Al Andalus aimait tant le vin qu' il terminait souvent ses soirées rond comme une queue de pelle .

Hélas , je n'ai pas le moindre texte d'Al-Sumyal . Par contre , les poèmes  du savant philosophe , astronome , mathématicien et poète iranien Omar Khayyam ( 18 mai 1048 à Nichapur - 4 décembre 1131 à Nichapur) , qui fut lui aussi un grand ami du vin , le situent clairement comme opposant révolutionnaire à l'actuel pouvoir iranien . Dans les années 80 , les services de l'ayatollih Khomeina ont publié la liste des poèmes autorisés d'Omar Khayyam , mais je préfère afficher quelques strophes interdites , comme celles-ci :

Autrefois , quand je fréquentais les mosquées ,
je n'y prononçais aucune prière,
mais j'en revenais riche d'espoir.
Je vais toujours m'asseoir
dans les mosquées,
où l'ombre est propice au sommeil

Je bois du vin comme la racine du saule boit l'onde claire du torrent.
Allah seul est Allah.Allah seul sait tout, dis-tu ?
Quand il m'a créé , il savait que je croirais au vin .
Si je m'abstenais de boire , la science d'Allah serait en défaut.

Le vin a la couleur des roses.
Le vin n'est peut-être pas le sang de la vigne , mais celui des roses.
Cette coupe n'est peut-être pas du cristal , mais de l'azur figé.
La nuit n'est peut-être que la paupière du jour.


Attention , Omar savait boire et son esprit n'était pas embrumé . C'est avec une grande précision qu'il a déterminé la durée du jour , il y a près d'un millénaire . Nous savons également que les équations du troisième degré étaient pour lui un jeu d'enfant et qu'il a trouvé le triangle de Pascal près de six siècles avant Blaise .*

Sachant qu'au moyen-âge , le grand savoir d'Al-Andalus et de l'orient rassemblé dans les six cent mille ouvrages de la bibliothèque de Cordoba , a instruit les clerc d'Occitanie , je me demande si l'on perçoit encore bien que cette longue influence à contribué à la génèse de l'originalité occitane.

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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #18 le: 27 août 2010 à 20:15:08 »
Camarade Momo,

Omar Khayyam, était un poète "pertinent", qui m'était absolument inconnu !

Je ne connaissais pas pour l'Occitània ce que tu relates, merci de l'information...

"Sachant qu'au moyen-âge , le grand savoir d'Al-Andalus et de l'orient rassemblé dans les six cent mille ouvrages de la bibliothèque de Cordoba , a instruit les clerc d'Occitanie , je me demande si l'on perçoit encore bien que cette longue influence à contribué à la génèse de l'originalité occitane."

Cela est certain, d'autant plus que la Catalogne, (le catalan qui vient de l'Occitan), et les liens traditionnels entre les deux peuples, sont grands... Et les liens économiques, culturels, politiques étaient très grands, entre arabes, catalans et occitans.  En tout cas, si la civilisation occitane est originale, c'est qu'elle a pris à beaucoup, dont les arabes...

La domination d’une petite partie du Midi par les sarrasins au Moyen Âge a été courte et limitée, mais son souvenir, vivace jusqu’à nos jours dans la "mythologie occitane", est à l’origine de légendes épiques ou fabuleuses.

Enfin, cela est une baffe, pour "les identitaires", qui veulent récupérer l'Occitanisme (vergonha !), qui parle d'ethnie occitane comme d'une pureté invincible, relisant Francès Fontan, Ben Vautier et Jacme Ressaire, en oubliant que l'Occitanisme ne peut être que révolutionnaire,  mais pas d'un Nationalisme Révolutionnaire, à leur sauce, raciste et individualiste, mais Internationaliste, Socialiste, pluriel, humaniste, et de Révolution Universaliste ! C'est celà, la leçon de la culture occitane ! Primièra leicon, car collèga Momo, d'Occitània que vol, estre liura...  ;)

Pour en savoir plus :

G. Jourdanne, Folklore de l’Aude, réédité à Paris en 1973
Islam et chrétiens du Midi, Cahiers de Fanjeaux n° 18, Privat 1983.

Amistats frairalas
Wilehlm catharos
« Modifié: 27 août 2010 à 21:49:11 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #19 le: 27 août 2010 à 23:42:37 »
Chers (es) camarades,
Cars (as) collègas,


La grève des mineurs de charbon de Decazeville, dans l'Aveyron, pas loin de Rodez, "La Sala" en Occitan, de 1961 - 1962, pour la survie d'un "parçan", d'un "Païs" fut une prise de conscience importante, pour le Mouvement Occitaniste, le liant ainsi à la lutte des classes, le sortant de son carcan culturel, voire "culturaliste".

Le monde ouvrier ouvrait une brèche, en déferlant, montrait une voie,  la société occitane devait et doit se tourner vers le Socialisme, la défense du monde du travail, les grève de "la Sala" un mouvement inter - classiste, mais dominé par les intérêts politiques de la Classe Ouvrière, qui sont le moteur de l'Histoire dans la société Capitaliste, enfin, un tournant radical à gauche, un tournant révolutionnaire, loin de Mistral et d'un Occitanisme Réactionnaire...

Qu'un Robert Lafont avait compris, loin de Francès Fontan et le Partit Nacionalista Occitan, ethniste... Un combat anti - capitaliste oublié par le Partit Occitan de Région et Peuple Solidaire, repris par le groupe "Libertat" par exemple, sans qu'il puisse suffire...

Tiré d'un article de "Gardarem la Tèrra"...


http://gardaremlaterra.free.fr/

La Cauma dels Carbonièrs e la Sala
La grève des mineurs de Decazeville

Le licenciement de mineurs annonçant la fermeture des mines est à l’origine de cette grève (18/12/61 - 21/02/62).

La population est entièrement solidaire avec les mineurs et la presse parle de sécession des départements du Sud. Toute la population de l’Aveyron se groupe pour défendre les mineurs. Tout un peuple se reconnaît à travers cette lutte. Robert Lafont dira « Pour la conscience occitaniste, c’est un éveil ! ». Cette lutte ressemble en bien de points à la révolte des vignerons en 1907 : une profession sacrifiée par l’alliance du capitalisme et de l’Etat centralisé (par la loi de rentabilité minière) va se soulever régionalement. La cause régionaliste est donc celle des travailleurs. La société régionale se reconnaît dans cette lutte : paysans et commerçants de l’Aveyron se sont groupés pour défendre les mineurs.

Les délégués syndicaux et professionnels de 17 départements se réunissent à Rodez en Etats Généraux du Sud-Ouest auxquels se joignent 24 parlementaires. Cette montée de conscience régionale se termine par un échec.

Les intellectuels occitans en tirent une leçon : la survie de la civilisation occitane ne dépend pas seulement de problèmes culturels mais aussi économiques et sociaux.

Le parcours de la crise de Decazeville est marqué par une dépossession interne : entre 1850 et 1950, la totalité de l’industrie minière au Sud de la France passe entre les mains d’entrepreneurs du Nord de Lyon. Les multinationales étrangères à la région l’envahissent à l’occasion des investissements de capitaux. Ses ressources lui échappent. La concurrence capitaliste tourne toujours au bénéfice du puissant.

On va vu de la même façon mourir l’Occitanie textile, métallurgique, ou encore celle du charbon...

La notion de « colonialisme intérieur » commence à se préciser. Les occitanistes présents dans cette lutte savent qui ils sont : des combattants de la décolonisation.

Désormais, le mouvement occitan va prendre de plus en plus d’ampleur, rythmé essentiellement par les grandes luttes paysannes. On ne se sent plus seulement paysan, ouvrier, petit commerçant ou intellectuel, mais aussi occitan. C’est la riposte de masse à la mise à mort du pays et à l’exode de ses habitants : l’idée que pour vivre il faut se battre, s’unir et que cette union est celle d’hommes qui se retrouvent avec une même langue, une même culture et une même histoire. Cette histoire est en grande partie celle d’une résistance.

La grève des mineurs de Decazeville, c’est une lutte unie de toute la population, une lutte qui déborde, traverse, écarte les organisations syndicales et les partis de l’hexagone.

C’est à ce moment là, et après la grande révolte vigneronne de 1907, qu’à nouveau, sur les pancartes, dans les slogans, on va entendre la langue occitane, comme langue de misère contre celle des riches, comme langue de révolte contre celle des maîtres, comme langue d’un peuple aussi.

Les poètes et écrivains occitans se multiplient alors. Tous jeunes.

On voit aussi apparaître un peu partout des « comités d’action occitans » et les murs se couvrent de slogans « La terre au peuple » en occitan.

Un commentaire...

Oc - ben, "La Tèrra al Poble", "Per la Sociala", "la terre au peuple qui la travaille pour la République Sociale" de pertot escrich sus parets de la Sala ! Jamaï oblidarèm (nous n'oublierons pas), la leicon de la Sala, sur les murs écrit, la leçon de la grève de Decazeville ? Une perspective politique ?

On n'oubliera pas la leçon de la grève de Decazeville, c'est par la lutte de la Classe Ouvrière que renaîtra "l'Occitània politica"... Pas ailleurs... C'est dans ses rangs, que se forgera l'Occitània de demain, Socialiste, universelle et fraternelle... Les intérêts de la l'Occitània politica sont ceux du Prolétariat ! "pas mens, pas maï", ni plus ni moins !

Amistats del amic,
Wilelhm catharos  
« Modifié: 28 août 2010 à 00:21:35 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
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"Il n y a pas cinquante manières de combattre, il n' en y a qu'une c'est d"être vainqueur"
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Momo

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Re : Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #20 le: 29 août 2010 à 01:07:05 »
Chers (es) camarades,
Cars (as) collègas,


La grève des mineurs de charbon de Decazeville, dans l'Aveyron, pas loin de Rodez, "La Sala" en Occitan, de 1961 - 1962, pour la survie d'un "parçan", d'un "Païs" fut une prise de conscience importante, pour le Mouvement Occitaniste, le liant ainsi à la lutte des classes, le sortant de son carcan culturel, voire "culturaliste".

Le monde ouvrier ouvrait une brèche, en déferlant, montrait une voie,  la société occitane devait et doit se tourner vers le Socialisme, la défense du monde du travail, les grève de "la Sala" un mouvement inter - classiste, mais dominé par les intérêts politiques de la Classe Ouvrière, qui sont le moteur de l'Histoire dans la société Capitaliste, enfin, un tournant radical à gauche, un tournant révolutionnaire, loin de Mistral et d'un Occitanisme Réactionnaire...

Qu'un Robert Lafont avait compris, loin de Francès Fontan et le Partit Nacionalista Occitan, ethniste... Un combat anti - capitaliste oublié par le Partit Occitan de Région et Peuple Solidaire, repris par le groupe "Libertat" par exemple, sans qu'il puisse suffire...

Tiré d'un article de "Gardarem la Tèrra"...


http://gardaremlaterra.free.fr/

La Cauma dels Carbonièrs e la Sala
La grève des mineurs de Decazeville

Le licenciement de mineurs annonçant la fermeture des mines est à l’origine de cette grève (18/12/61 - 21/02/62).

La population est entièrement solidaire avec les mineurs et la presse parle de sécession des départements du Sud. Toute la population de l’Aveyron se groupe pour défendre les mineurs. Tout un peuple se reconnaît à travers cette lutte. Robert Lafont dira « Pour la conscience occitaniste, c’est un éveil ! ». Cette lutte ressemble en bien de points à la révolte des vignerons en 1907 : une profession sacrifiée par l’alliance du capitalisme et de l’Etat centralisé (par la loi de rentabilité minière) va se soulever régionalement. La cause régionaliste est donc celle des travailleurs. La société régionale se reconnaît dans cette lutte : paysans et commerçants de l’Aveyron se sont groupés pour défendre les mineurs.

Les délégués syndicaux et professionnels de 17 départements se réunissent à Rodez en Etats Généraux du Sud-Ouest auxquels se joignent 24 parlementaires. Cette montée de conscience régionale se termine par un échec.

Les intellectuels occitans en tirent une leçon : la survie de la civilisation occitane ne dépend pas seulement de problèmes culturels mais aussi économiques et sociaux.

Le parcours de la crise de Decazeville est marqué par une dépossession interne : entre 1850 et 1950, la totalité de l’industrie minière au Sud de la France passe entre les mains d’entrepreneurs du Nord de Lyon. Les multinationales étrangères à la région l’envahissent à l’occasion des investissements de capitaux. Ses ressources lui échappent. La concurrence capitaliste tourne toujours au bénéfice du puissant.

On va vu de la même façon mourir l’Occitanie textile, métallurgique, ou encore celle du charbon...

La notion de « colonialisme intérieur » commence à se préciser. Les occitanistes présents dans cette lutte savent qui ils sont : des combattants de la décolonisation.

Désormais, le mouvement occitan va prendre de plus en plus d’ampleur, rythmé essentiellement par les grandes luttes paysannes. On ne se sent plus seulement paysan, ouvrier, petit commerçant ou intellectuel, mais aussi occitan. C’est la riposte de masse à la mise à mort du pays et à l’exode de ses habitants : l’idée que pour vivre il faut se battre, s’unir et que cette union est celle d’hommes qui se retrouvent avec une même langue, une même culture et une même histoire. Cette histoire est en grande partie celle d’une résistance.

La grève des mineurs de Decazeville, c’est une lutte unie de toute la population, une lutte qui déborde, traverse, écarte les organisations syndicales et les partis de l’hexagone.

C’est à ce moment là, et après la grande révolte vigneronne de 1907, qu’à nouveau, sur les pancartes, dans les slogans, on va entendre la langue occitane, comme langue de misère contre celle des riches, comme langue de révolte contre celle des maîtres, comme langue d’un peuple aussi.

Les poètes et écrivains occitans se multiplient alors. Tous jeunes.

On voit aussi apparaître un peu partout des « comités d’action occitans » et les murs se couvrent de slogans « La terre au peuple » en occitan.

Un commentaire...

Oc - ben, "La Tèrra al Poble", "Per la Sociala", "la terre au peuple qui la travaille pour la République Sociale" de pertot escrich sus parets de la Sala ! Jamaï oblidarèm (nous n'oublierons pas), la leicon de la Sala, sur les murs écrit, la leçon de la grève de Decazeville ? Une perspective politique ?

On n'oubliera pas la leçon de la grève de Decazeville, c'est par la lutte de la Classe Ouvrière que renaîtra "l'Occitània politica"... Pas ailleurs... C'est dans ses rangs, que se forgera l'Occitània de demain, Socialiste, universelle et fraternelle... Les intérêts de la l'Occitània politica sont ceux du Prolétariat ! "pas mens, pas maï", ni plus ni moins !

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Wilelhm catharos  

«Nous vous demandons de faire connaître, avant le 8 janvier au syndicat betteravier, vos besoins en main d'oeuvre. Préciser la catégorie : Bretons, Italiens, Espagnols, Portugais, Marocains,... » (L'agriculteur de l'Aisne, 4/1/1969).

Cette annonce ne demandait pas d ' Occitans où alors ils étaient cachés dans les autres catégories . On ne sait pas non plus s'ils avaient des papiers . La Bretagne est sans papier. Ceci dit , aujourd'hui , les betteraviers du nord auraient du mal à trouver des Bretons , en les payant avec un lance-pierre. Il y a des dictats du pouvoir central qui nous les impose en s'opposant  radicalement aux aspirations démocratiquement exprimées par une très large majorité des Bretons. Mais économiquement parlant , la Bretagne a actuellement un PNB par tête d'habitant qui se situe dans la moyenne française et elle ne manque pas de nababs bourrés d'oseille comme le chiraquien Pinault et le sarkozyste Bolloré , par exemple.

Certes , les dictats cochonniers d'une UMP très impopulaire en Bretagne sucitent la révolte , l'envie de mettre dehors le lobby porcin et ses 14 millions de cochons ( 57 % de la production francaise ) sur les 4 départements de la B4 sans compter le cinquième . Les préfêts de Sarkozy autorisent les 8000 producteurs de porcs concentrés pour l'essentiel dans quelques fiefs cochonniers , à aller balancer leur lisier pollueur dans les cantons qui n'élèvent pas de porcs , pratiquent l'agriculture biologique et votent à gauche.En juin dernier l'UMP a voté à Paris le relèvement de 450 porcs à 2000 porcs , le seuil à partir duquel un éleveur de porc doit demander des autorisations pour continuer à augmenter sa production . C'est une catastrophe écologique . Mais Sarlozy s'en tape des protestations du Conseil Régional de Bretagne , les infos bretonnes qui dérangent le pouvoir central ne sont jamais relayées par les médias parisiens ( 95 % du pouvoir médiatique en France , concentré sur 5 hectares ).

Autrement , l'époque où le dûché de Bretagne était la première puissance commerciale paer voie maritime en Europe , n'est pas récente . En ce temps là , 90 % des bâteaux étaient de Bretagne armoricaine dans le port de Rotterdam . Mais l'essentiel de ce commerce reposait sur 2 produits , les draps bretons et le pinard collecté sur toute la côte atlantique , de Nantes et Bordeaux jusqu'à Lisbonne , pour le revendre en Europe du Nord . Aujourd'hui , la Bretagne armoricaine demeure une péninsule qui s'avance dans la mer la plus fréquentée de la planète et çà laisse quelque peu perplexe de savoir qu'elle ne pèse plus que 2 % du commerce maritime français. Historiquement , les Capet ont volontairement ruiné la Bretagne et  Napoléon Ier qui lui avait su se faire apprécier des Bretons , a fait pire involontairement avec son blocus continental , une catastrophe économique d'une telle ampleur que la Bretagne vient juste de s'en remettre . Malgré tout , au XIXème siècle , Badinguet a comme son oncle bénéficié d'un préjugé favorable en Bretagne . C'est peut-être parce qu'à part les Buonaparte on a jamais vu d'autre chef d'état français montrer tant de respect et d'intérêt pour nos différences linguistiques . Quand Badinguet est arrivé à Quimper en 1858 , il s'est bien rendu compte que très peu de gens avaient compris son discours en français . Alors il a fait appel a des spécialistes compétents et bien appris sa leçon pour servir à Rennes un discours en ...brezhoneg . Les rennais n'ont rien compris non plus. A Rennes comme à Quimper  , Badinguet s'est planté , mais son effort fut assez rare pour être remarqué et apprécié. ;D

Plus haut  vous avez sans doute rectifié de vous-mêmes mon erreur de 3 siècles à propos du wali de Narbonne Yusuf Al-Fihri . C'est bien sûr de 746 à 756 et pas de 446 à 456 , qu'il fut big boss d'Al-Andalus.

http://minilien.fr/a0lbzw

En cliquant sur ce minilien vous verrez le beau vase de cristal de roche qu'Aliénor d'Aquitaine offrit à Louis VII Capet , son premier mari .

Ce vase se trouve aujourd'hui au Musée du Louvre.

C'est tout d'abord , Guillaume IX de Poitiers dit Guillaume le Troubadour , duc d'Aquitaine et grand père d'Aliénor qui avait reçu ce vase en cadeau offert par son allié Imad al-dawla Abdelmalik , roi de la Taifa de Saragosse.

Abdelmalik ibn Mustain et Guillaume IX de Poitiers  combattirent ensemble contre les Almoravides et les Aragonais en 1120 . Cela indique bien , qu'exception faite des croisades , la différence religieuse n'était pas forcément concernée dans les alliances et les conflits.

Plus tard , le pape Alexandre Borgia lui-même a appelé les Turcs à l'aide contre les Français de Charles VIII Capet , qui avaient envahi ses Etats du Vatican.

Le duc Guillaume IX d'Aquitaine est aussi le plus ancien troubadour connu  et il n'est pas exclu que la poésie arabo-andalouse ait contribué à la naissance de la lyrique occitane. D'ailleurs une des chansons de Guillaume IX, la chanson XI, est écrite en quatrains  d'octosyllabes rimant AABB, ce qui est la forme même du zadjal andalou.

La reine Aliénor, petite-fille de Guillaume IX, était très cultivée et elle joua un rôle considérable dans la diffusion de l'idéologie de l'Amour Courtois. Mais elle eut bien des soucis à la cour de France . Dès le début , son troubadour  Marcabru fut  renvoyé de la cour pour avoir chanté son amour pour la reine. Et ce n'était qu'un début avant les gros mots comme "putain" puis "nymphomane". Elle a demandé le divorce Alienor et ce fut un scandale de plus à la cour de France . Qu' une femme demande le divorce , çà ne s'était jamais vu chez les Capet . De plus , elle l'a obtenu son divorce , pour consanguinité . C'était la coutume en ce temps là.

« Modifié: 30 août 2010 à 00:08:12 par Momo »

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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #21 le: 04 août 2011 à 11:00:59 »
Adiu cars collègas,

Un petit retour sur les grèves des mineurs de Decazeville de 1961, 1962...

Cette chanson a pour base un poème d'un des plus grand poète occitan du XXème siècle Joan Bodon, elle raconte la cauma, la grève, dels carbonièrs de la Sala, les mineurs de charbon de Decazeville.  :D

Fin 1961, début 1962 les mineurs entament une longue grève. Ils passeront Noël au fond de la mine. L'écrivain occitan Jean Boudou a écrit ce poème et c'est Mans de breish qui l'a mis en musique et interprété, ici par Bégoux, de Naucelle, dans l'Aveyron.

http://www.dailymotion.com/video/xfoduq_los-carboniers-de-la-sala-les-mineurs-de-decazeville_music


LES MINEURS DE DECAZEVILLE
Paroles en français
de Jean Boudou

Mineurs de Decazeville
Occitans sans le savoir
Chantent l'Internationale
...La chanson du désespoir.
Du poing fermé qui se lève
Saluons l'accordéon
Qui comprend notre grève* ?
Jaurès est au Panthéon.
Luttes grandes d'autrefois
La police dans Aubin
Pour secouer la misère
Quand nous lynchâmes Watrin…
Nous ne courberons pas l'échine
Aidez-nous paysans
Nous voulons garder notre mine
Le pain de nos enfants.
Chantons l'Internationale
La chanson de notre espoir.
Les mineurs de Decazeville
Nous ont montré notre devoir.

* grève des mineurs de Decazeville en 1962

Texte de Joan Bodon en occitan

Los carbonièrs de La Sala
Occitans sens lo saber
Cantan l’internacionala
La cançon del desespèr.
...Del punh sarrat que se lèva
Saludem l’acordeon
Qual compren la nòstra grèva* ?
Jaurès es al Panteon
Luchas grandas d’un còp èra
La polícia dins Aubin
Per saquejar la misèria
Quand trigossèrem Watrin…
La plegarem pas l’esquina
Ajudatz-nos païsans
Volèm gardar nòstra mina
Lo pan de nòstres enfants.
Cantem l’Internacionala
La cançon de nòstre espèr
Los carbonièrs de La Sala
Nos an mostrat lo dever.

* cauma dels carbonièrs de La Sala en 1961 e 1962

Fraïralament roge,
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« Modifié: 04 août 2011 à 11:24:03 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #22 le: 06 août 2011 à 20:47:21 »
Intéressant. Tiens une question, parce que je n'en sais rien - en bon francophone et castellano parlante, juste les deux langues dominantes de part et d'autre des pyrennées, quelle est la relation entre l'occitan, dont tu sembles être un défenseur, et le catalan, que l'on parle de ce côté-ci de la Catalogne?

Salutations communistes
PV
Patrick Vandeweyer
Partido Comunista de Andalucía /Izquierda Unida/Lucha de Clases

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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #23 le: 06 août 2011 à 21:44:01 »
Adiu car Fireball,
Salut cher Fireball,

Simplement, sans tomber dans des problèmes de linguistiques sans intérêts, l'occitan ou la lengadoc et ses dialectes, celle de Mistral, est celle des troubadours, une langue d'origine latine, certains auraient même dit c'est une sorte de latin sans déclinaisons, mais je n'irais pas jusque -  là...

L’Occitan est  la première langue romane à avoir été écrite, d'ailleurs la langue portugaise s'est inspirée de la graphie occitane médiévale pour être écrite, la graphie des troubadours, reprise par le grammairien Louis Alibert et généralisée pour l’occitan, retour à la source au XXème siècle...

Le catalan est très proche de l'occitan, d'ailleurs c'était la même langue, c'est la langue soeur, il ne s'est différencié de l'occitan qu' à l'époque médiévale, au XIIIème siècle, d’ailleurs en Catalogne en ce qui me concerne je préfère parler occitan, on comprend, les occitanòfons, assez le catalan, même si pour eux cela fait un peu exotique quand on parle, mais l’intercompréhension est réelle.

La prononciation de l’occitan ressemble à celle de l’espagnol, plus chantante de fait et des sons différents (diphtongue obligatoire en occitan), du moins les r sont roulés, les s sont souvent mouillés pas comme en français, le dialecte provençal par contre ne roule pas les r, et oui, il y a des accents dans la langue occitane, entre un gascon et un languedocien, un du val d'Aran et des vallées italiennes, c’est duraï ! Mais c’est la même langue d'OC…  :D

De còr e d'òc,
W catharos

PS : Proverbi occitan : "La vièlha vòl pas morir " !
La vieille (langue occitane comme une vieille Dame) ne veut pas mourir !
« Modifié: 06 août 2011 à 22:30:06 par W catharos »
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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #24 le: 10 août 2011 à 18:19:03 »
Ein'e ben bél laung , l'occitan !
Main seu r'chom t'è asteur ?

Oh pardon ! je disais que l'occitan est une bien belle langue et demandait si elle se relevait maintenant.

A l'école , vous a-t-on dit comme aux gallésants que vous parliez mal et que vous deviez apprendre à parler bien . Dans cette réthorique scolaire du bien et du mal aucune langue n'était nommée , ni le gallo ( le mal ) ni le français ( le bien ).

Sur la cour de récréation le mal était dominant et le maître faisait semblant de ne pas entendre . Au retour en classe seul le bien pouvait se dire et par conséquent les pratiquants monolingues du mal fermaient leurs gueules . Sur les cahiers , le maître rayait le mal et écrivait le bien en rouge.

Pratiquant le bien et le mal depuis mon plus jeune âge , j'étais nécessairement avantagé , mais faute des termes appropriés pour le penser , je n'ai su que beaucoup plus tard que j'étais bilingue .

Aujourd'hui , les campagnes de Haute-Bretagne ont mit tellement de bien dans leur mal qu'un Parisien attentif et motivé parvient peut-être à comprendre quelques mots . En son temps , le très féroce Jean-Baptiste Carrier avait écrit dans son rapport : " La population parle un idiome que personne de nous ne comprend " . C'était dans un patelin de la Mayenne proche de la Bretagne

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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #25 le: 10 août 2011 à 19:55:04 »
Adiu lo Conan !

Le bilingüisme est toujours difficile à se révéler et à appréhender, toujours une langue domine, surtout pour des langues qui n'ont aucuns statuts politiques ou officialisation, c'est la langue majoritaire...

Dis - moi comment tu penses je dirais la langue que tu parles ?

Parfois cela n'est pas simple et cela dépend du contexte socio - culturel...

Pour l'occitan l'étiage on y est, mais des tendances montrent que l'on en sort, c'était vraiment dramatique il y a dix ans ou quinze ans, après les luttes des années 70 (Larzac...), même s'il meurt plus d'occitanòfon qu'il en nait, évidemmment, cependant le renouveau culturel, avec pas mal de jeunes qui se mettent à l'occitan (école Oc/bi, Calandretas...), c'est pas une mode, cela a pu l'être, mais une phénomène nouveau, quand les 2/3 des occitans pensent qu'il faut préserver cette langue, c'est un signe, le retour vers quelque chose qui paraisssait passéiste, ridicule, abscon ou pécaïre...

La langue occitane est minoritaire sur son espace culturel, mais elle n'est pas prête à disparaitre tout de suite...  ;)

De còr e d'òc,
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« Modifié: 10 août 2011 à 19:59:51 par W catharos »
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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #26 le: 11 août 2011 à 02:56:10 »
Mélenchon trouve quand même que c'est une langue de berger archaique , l'occitan . Il trouve le berzhoneg nettement plus moderne puisqu'il raconte qu'il a été inventé par les nazis.
Et quand il a vu des sonneurs défiler en bagadou , il a dit que c'était une panzerdivision , la musique en plus.

En français on dit plutôt des bagaudes qu'un bagad pour parler d'une troupe celtoromaine.
Le Riothamus ( roi suprême )  armoricain de ces temps là m'est sympathique . C'était surtout un général celto-romain à la tête de 12 000 légionnaires , des p'tits gars de légions d'Armorique et des Bretons insulaires . Mais en lisant sa page wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Riothamus  , je viens de voir qu'une falsification de l'histoire y cache la  raison pour laquelle il m'est sympathique . La bafouille que lui adresse en 470 , l'Arverne  Sidoine Appolinaire , évêque de Clermont et gendre de l'empereur romain Avitus , lui aussi arverne , ne reproche absolument pas une indiscipline de ses troupes à Riotamo contrairement à ce que raconte wikipedia .

Cà commence par Riotamo suo salutem , parce que Sidoine commence toujours ses courriers comme çà en saluant . Et je connais bien le reproche qu'il fait à Riotamo . Il a envoyé des gens de chez lui vers le Riothamus , mais ces gens sont venus avec leurs esclaves et le Riothamus a fait libérer les esclaves . C'est de cette libération des esclaves que Sidoine  fait reproche dans sa bafouille de 470 à Riotamo , et nullement d'une indiscipline de ses troupes .

Cet intrépide  Riothamus est très probablement  l'Ambrosius Aurelianus dont nous parlent ensuite Bède puis Nennius . Plus tard le Gallois Geoffroy de Monmouth concocte la légende des fils de Constantin , autrement dit la légende arthurienne , pour plaire au guerrier Angevin Henri II Plantagenêt qui vient de s'emparer de l' île de Bretagne . Cà commence avec Ambrosius mais on ne reconnaît plus l'Ambrosius historique dans ces histoires à dormir debout . On s'y retrouve quand même dans son combat contre le traître Vortigern vendu aux Saxons sauf qu' historiquement le chef suprême du baroud contre Vortigern en Bretagne insulaire , n'était pas Ambrosius Aurelianus mais l' évêque Germain d'Auxerre . Geoffroy de Monmouth l'a carrément passé à la trappe , l'illustre Germain d'Auxerre , chef du Tractus Armoricanus ( Commandement Armoricain ) , commandement dont l'un des titulaires antérieurs devint Constantin le Grand . Henri II Plantagenêt n'aurait pas aimé qu'un évêque commande au baroud , alors Geoffroy de Monmouth a relooké l'affaire en effaçant Germain et en donnant de la promotion à Ambrosius . Et pour les besoins de la légende Geoffroy a aussi  inventé un frère et un neveu purement légendaires pour prendre la succession d'Ambrosius
Le frère légendaire c'est bien sûr Uther Pendragon , le chef de la cavalerie , et le neveu c'est Arthur équipé d'Escalibur pour couper du saxon . Plus tard , un Préfêt des Marches de Bretagne a eu lui aussi une belle épée , Durandal , mais un commando de l'ETA militaire lui a balancé la montagne sur la tête dans le défilé de Roncevaux. Bon à l'époque on ne disait peut-être pas l' ETA mais le commando était bien basque et pas sarrasin.

Les Gallois en rajouteront une louche à propos d'Ambrosius en l'appelant Emrys Wledig , c'est-à-dire l'empereur Emrys . Mais  , il n'a jamais été empereur . Peut-être aurait-il eu des chances s'il avait battu les Wisigoths à Déols en 469 , mais c'est lui qui fut battu.

Quelque part , Wilhelm , tu as écris : " la civilisation d'oïl qui a été victorieuse, la civilisation d'oc à qui le destin a réservé en gros celui d'une colonie ". Pas tout-à-fait d'accord ! La civilisation d'oïl n'a pas été victorieuse mais plus profondément colonisée que la civilisation d' oc . Au XIII ème siècle les bourgeois de Quimper apprennent le français pour commercer avec les "anglais" de l'empire Plantagenêt  , mais aux portes de Paris , les paysans d ' îsle de France ne comprennent pas le français


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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #27 le: 11 août 2011 à 08:21:30 »
Adiu lo Conan,

La phrase est une citation de Braudel, dans l'identité de la France que j'avais utilisé, et je n'ai pas bien compris pourquoi tu l'as jugeais partiellement fausse, parce que certains dialectes ou plutôt langue comme le Gallo, de langue de langue d'Oïl commme le Picard ont été supplantés par celui d'île de France celui aussi de l'Académie Française créée par Richelieu ?

D'ailleurs pour le gallo dialecte ou langue ?

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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #28 le: 11 août 2011 à 15:19:45 »
J'aime bien ce débat.
Il faut dire que je me suis engagé pour la cause arménienne, que je milite pour la libération du Kurdistan et que je trouve le pays cathare très beau. ;)
Par rapport au Catharisme, je me demande derrière toutes les inventions colportées contre lui par l'Eglise catholique et le roi de France, s'il n'était pas en fin de compte une forme de "Théologie de la libération" avant la lettre.
Je ne suis pas sûr en effet que les Cathares voulaient créer une nouvelle église mais juste réformer en profondeur la romaine.
Catharos, je suis d'accord avec toi que la libération des peuples ne peut se faire sans un changement social radical.
Et c'est ce qu'ont complètement oublié malheureusement beaucoup de Flamands de Belgique qui en plus soutiennent souvent une forme de "pureté" des plus inquiétantes.
Je préfère le concept de "fierté régionale multiculturelle" chère à Martine Aubry.
« Modifié: 11 août 2011 à 15:32:31 par Nicolas S »

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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #29 le: 11 août 2011 à 16:25:43 »
Bonjour Nicolas

En tant que Breton je suis pour l'entente entre Belges Wallons et Flamands . La Bretagne a certes une histoire différente mais c'est aussi une région multilingue .

Puisque tu parles de la cause arménienne , c'est sûr qu'il y a eu génocide , mais pas un génocide semblable à la Shoah . C'est dans un contexte précis , la montée des nationalismes et la grande boucherie de 14-18 qui a broyé le peuple arménien . Avec les Arméniens  d'Erevan  alliés des Russes contre la Turquie , ceux d'Erzurum sont devenus des traîtres en puissances aux yeux du pouvoir jeune turc dont la paranoïa l'a conduit jusqu'à l'horreur génocidaire de décider leur élimination . Mustapha Kemal ne fut pas personnellement impliqué mais si on regardait de près tous ceux qui l'ont rallié on trouverait sûrement des coupables historiques du génocide . Il en est hélas résulté une haine tenace de la diapora arménienne vis-à-vis des Turcs , qui n'aide pas à leur faire accepter la responsabilité du pouvoir jeune turc dans ce génocide .

Les Turcs font la sourde oreille et continuent à opprimer le peuple kurde , pourtant ce sont des gens tout-à-fait fréquentables et absolument pas les barbares dont parlent des Arméniens vengeurs . Attention , il y a une paranoïa turque , justifiée hélas , puisqu'à l'issue de 14-18 , les alliés favorables aux Grecs décidèrent purement et simplement d'éliminer la nation turque en même temps que l'empire turc . S'ils ont changé d'avis , c'est parce que l'occident n'était pas prêt à mourir pour aller donner satisfaction à certains vengeurs , face à la résistance d'Atatürk . C'est vrai que sans elle , la Turquie n'existerait plus , c'est pourquoi les Turcs ne comprendront jamais certaines choses par la menace .