Auteur Sujet: problématique : Occitanisme et socialisme  (Lu 3458 fois)

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problématique : Occitanisme et socialisme
« le: 26 février 2010 à 03:11:38 »
Chers(e) camarades,
Cars (a) collègas,


Pour la réflexion, quand dans les meetings du PCF en Corse, on chante "Bella Ciao" en corse devant Marie - Georges Buffet...

Aprés, les grèves des mineurs de La Sala, le combat du Larzac, la mort de Francès Fontan, celle de Jacme Ressaire pour le PNO, puis "Lucha Occitàna" et "Volem Viure Al Païs", "Occitània Roge", "Occitania Libertària", "Anaram Au Patac" devenu "Libertat".

Voilà un article qui pose le problème de l'Occitanisme et de la Lutte des Classes... Pour les rescapés du Larzac de 1973 et les amis de "La Riposte" une base de discution...

Avec cette ligne politique : Nous avons le droit de lutter contre toute oppression nationale, mais sans soutenir, le Nationalisme...

L'Histoire des Nations, des Ethnies, des peuples insoumis à commencer l'Occitan qui voulait, veut, voudra être libre, reste intimement lié à l'Histoire de la Lutte des Classes, à l'avenir de sa propre Classe ouvrière.

Car c'est la Classe Ouvrière qui apportera, par intérêt politique et place dans le processus de production, dans la Révolution Socialiste Universelle, la vraie émancipation, Libertés, conscience identitaire et collective enfin la Fraternité !

Un article que j'avais écrit pour la revue HAR/FAR

Titol/titre

CARMAUX, PATRIMOINE OCCITAN et MONDIAL des PROLETAIRES

1°) Carmaux :

Aujourd'hui ville anonyme. Passez le viaduc du Viaur, ouvert le mois dernier, entre Rodez et Albi, par Tanus allez à Carmaux. Dans ses rues, regardez, vous êtes au milieu de sa dizaine de milliers d'habitants. A part le vendredi, jour de marché, personne. Seuls quelques anciens, au Coin Dulac se remémorent de vieilles histoires. Dire que là, il y a 100 ans, vibrait le coeur même de la classe ouvrière, jusque dans la voix de Jaurès, son élu, en français à l'Assemblée, en occitan pour les verriers et mineurs de Carmaux !... C'était leur langue maternelle...

2°) Carmaux seule richesse le charbon et los carbonièrs (les mineurs de charbon):

Carmaux est lié à son site entre Massif Central et Bassin Aquitain, au bord du Cérou. Depuis l'ère Primaire des millions de tonnes de charbon attendaient, pour enrichir la très catholique famille De Solage. Elle exploitait des milliers d'anciens paysans, les nôtres, poussés à venir là, à cause de la crise agricole et vivre en descendant dans le trou pour suer du charbon et devenir carbonièrs. Ces mineurs restaient attachés à leur campagne ils conservaient souvent une parcelle pour nourrir la famille, ces ouvriers - paysans guidés par l'exode rural n'avaient plus que la fosse comme ambition, espérant que leurs enfants aussi pourraient être embauchés.

3°) Carmaux la prolétaire : Citadelle socialiste.

Après la victoire de la grève des mineurs de mars 1892, du syndicat "rouge", Carmaux est l'une des premières villes occitanes à se doter d'une mairie socialiste. Socialiste, pas à la sauce d'aujourd'hui, non, révolutionnaire, rouge, avec un maire authentiquement ouvrier, le carbonièrs Jean - Baptiste Calvaignac.

Ce 1er mai là, journée de lutte des travailleurs, derrière le drapeau rouge, au cri de vive la Sociale, ils allèrent voter !La réaction patronale dirigée par le marquis De Solage qui pensait posséder la mairie comme il avait sa mine et ses écoles maristes, attaqua l'hérésie socialiste, ces sans-dieu qui pensaient d'abord à faire construire une école laïque... La hargne de ce grand notable ouvertement monarchiste qui a décidé de persécuter ces mineurs qui lui échappent (mise à pied, licenciement...) ne fit qu'enrager ce monde ouvrier qui espérait mieux que des salaires minables et voulait faire démocratiquement entendre sa voix et déjà dans leur mairie... C'était cela aussi la réalité de la lutte des classes.La combativité des mineurs et verriers de Carmaux était animée par cette soif révolutionnaire que rien n'émousse, et dire que c'est en occitan que tout se passait, l'occitan pour ceux qui travaillaient, le français pour ceux qui les opprimaient.

Le socialisme à Carmaux vient de ces aristocrates de la classe ouvrière (éduqués, bien payés) que sont ces verriers venus travailler à Carmaux, verrerie Saint Clotilde. Ils étaient des exilés, licenciés du centre de la France pour action politique, c'est qu'ils étaient à l'extrême gauche, guesdiste, là où ils passaient, ils ne faisaient pas que souffler des bouteilles, faisant ainsi payer bien cher aux patrons, leur savoir et leur expérience.Ces ouvriers ne parlaient pas l'occitan, cependant bien intégrés, ce sont eux qui ont été les pionniers du socialisme à Carmaux, inspirateur des premiers cercles. Entre verriers et mineurs, au- delà des langues, c'était la solidarité de classe... internationale.

4°) Carmaux et Jaurès :


Jaurès fut ce républicain, d'origine castraise qui se mit au service de la classe ouvrière et devint auprès des verriers et mineurs de Carmaux, socialiste. Il est à signaler que ce mouvement de balancier vers l'extrême gauche était assez rare pour les hommes politiques, sans parler d'aujourd'hui ! On peut dire que Jaurès incarne Carmaux, pas seulement parce qu'il en fut son député dès 1893, mais il y a connu la condition ouvrière, les injustices, a défendu à sa manière la classe ouvrière. Il a su se faire aimer, lui l'intellectuel, dont se méfiaient les ouvriers, il parlait leur langue, celle du peuple, alors, il était devenu l'ami, "nostre jan".C'est à Carmaux qu'il a gagné "ses galons de classe", c'est ici que se dressa sa réputation internationale...Sans Carmaux, pas de Jaurès...

5°) Carmaux : Tentative d'autogestion ouvrière :


En 1895, à Carmaux c'est la verrerie Sainte Clotilde qui fait l'actualité. Suite à la lutte acharnée entre les verriers et Résseguier, illustration du parfait patron réactionnaire, surgit une riposte ouvrière à la hauteur de l'exaspération. Il faut dire que Résseguier usa de tous les moyens pour briser l'action des verriers. Il ferma l'usine, expulsa les meneurs, menaces, insultes, il fit même charger la cavalerie !Pour seule réponse, le 25/10/1896, les verriers créent grâce à la solidarité internationale une verrerie ouvrière à Albi. A l'appel de Jaurès et de tous les socialistes, fut construite la première usine qui n'avait pas de bourgeois, pas d'actionnaires anonymes, ce refuge de l'ouvrier libre était par sa nature propriété, certes, mais du prolétariat mondial !

Si par son fonctionnement, elle ne remit pas en cause l'ordre capitaliste, voyant ainsi ses limites, par sa seule existence au coeur de l'Occitanie, ces ouvriers révolutionnaires avaient lancé à la face du monde, une mesure d'urgence, marque de combativité et d'imagination, une forme de "viure e decidir al país".

Pour conclure :

Depuis plusieurs années la verrerie ouvrière a été privatisée, les puits sont fermés, de la Découverte, plus de charbon ne sortira. Il ne reste que des traces pour l'archéologie industrielle et un projet pharaonique, celui de Quilès, qui se dit être une panacée à la faillite et désertification de la ville. Cependant, nous n'avons pas perdu le sens général de ces luttes d'il y a cent ans, même si nous n'y mettons les mêmes mots, elle donnait, à nos anciens, comme à nous un sens à la vie. L'émancipation du monde du travail, à travers une conviction, c'est dans la liberté pour l'Occitanie et tous les peuples opprimés et le SOCIALISME qu'elle pourra se réaliser.

Bibliographie indicative

A) ouvrages scientifiques-
- Rolande Trempé, "Les mineurs de Carmaux" 2 tomes, les Edition ouvrière 1971
- Rolande Trempé, "Jaurès et la verrerie ouvrière" Jaurès et la Nation faculté des Lettres et sciences humaines 1965
- Gérard Gorgues , "Une histoire des mines de Carmaux" Atelier graphiques Saint Jean, 1992
- Jòrdi Blanc, Jaurès e Occitània, collection viure al país, vent Terral éditor, 1985

B) roman-
- Edouard Roy, "Une fumée sur le toit, Charlou mineur et paysan", édition universitaire, 1982

C) Documents iconographiques-
- France 3 sud, Au Charbon ! Carmaux photo souvenir, 1994
- "Ils ont tué Jaurès !" Carmaux 1994 enregistrement du spectacle mis en scène par Claude Moreau.

D) Bande dessinée-
Philippe Marlière, Sylvie Montmoulineix, "Jean Jaurès et son discours à la jeunesse", la nacelle 1995- G Cappele, ph Enjalbert, "Jean Jaurès", imp Jacques Mas, 1990



Dans les écoles catholiques ils chantaient :

Jaurès a la tribuna
Vos prometià la luna
Mas de per darrèr
Vos fot un cop de pè

Les mineurs socialistes chantaient :

1.Ciutadans escotatz plan
Una cançon vos vau cantar
Una cançon novèla
Facha per un carbonièr
Sa sapiença n'es pas bèla
Car es pas un bachelièr

2.A pas estudiat vint ans
Coma fan tant de fenhants
A pas usadas de plomas
De papiers ni de gredons
Son tresaur e sa fortuna
Es d'anar'l cros cada jorn

3.De sièis oras de matin
A tresont torna sortir
tot usat de fatiga
e confat de marrit èr
pendant trent ans de sa vida
e lo negre per dessert.
[...]
8.A Carmauç, fraires,
ritorsson los mestres dels carbons
;son els que ne comandane
ne dison als patrons
,abatem la Sociala
tedrem melhor los paurons.

9.Puei que socialistas son,
Re prendràn pas los dròlles al cros
Te cal estre progressista ,
Client del duc d'Orléans,
Estre escrit sur la lista,
Facha pel rei dels fenhants.

Texte complet publié par Jacques Castagné : Rosières en Albigeois, édition de la Revue du Tarn, 1965, p .128

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W. catharos

« Modifié: 27 février 2011 à 22:18:44 par W catharos »
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Saint Just

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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #1 le: 26 février 2010 à 03:31:46 »
Chers(e) camarades,
Cars (a) collègas,


Pour le journal Har/Far, Que faire ? en français, concernant la révolte du Midi de 1907...
Toujours chers camarades sur le thème Occitanisme et lutte des classes, mais aussi lutte anti-coloniale...

Titòl/Titre : 1907, la revòlta del Miègjorn.
(1907, la révolte du Midi)

Introduction : "Era l'an 1907, los paures manifestavan"
... disia claudi MARTI
dins sa cançon
(C'était l'an 1907 les pauvres manifestaient...)

Pourquoi n'a - t -on pas oublié, Entre Gard, Hérault, Pyrénées - Orientale et au-delà, l'insurrection du midi viticole de 1907 ? La mémoire collective, conserve au coin du feu de génération en génération, cette épopée occitane, qui pendant deux mois a fait trembler la France et renouer le pòble d'oc avec son passé tragique...

Il y a 93 ans, de mars à juin, dans tout le Midi viticole, en crise, de nos frères catalans au Languedoc, au son du Tocsin, (Journal de Marcellin Albert), ce qui s'appelait, "los que crevan de fam", se jettent chauffés à blanc dans les rues, et affronte l'armée française...
Et cette image qui a fait le tour du monde, celle de nos "piou-piou", crosse en l'air, mutinés du 17e RI, refusant de tirer sur la foule "perque pòble e soldats eran fraires". (Parce que peuple et soldats étaient frères de classe)


A) "Los rasims de la colèra." (les raisins de la colère)

La crainte de l'excédent, de la mévente, est pour le Midi viticole, à la fin du XIX° siècle, déjà, une obsession, une question de survie..
Pourquoi ? Après la crise du Phylloxera des années 1890, la viticulture est désormais soumise aux lois du marché capitaliste. La replante de nouveaux ceps, les moyens nécessaires, ont poussé à la concentration des terres, l'exode rural... De plus, se développe, une spécialisation dans le "vignoble de masse", monoculture tournée vers l'exportation. La surproduction, fait diviser par trois le prix de l'hectolitre de vin, le marché reste saturé par des produits de qualité douteuse, trafiqués par l'utilisation massive de sucre des betteraviers du Nord, qui enrichissent plus l'industriel que le viticulteur.

Dans ces conditions, il faut vendre pour faire des profits, mais le producteur ne définit plus le prix, il le subit. Le petit propriétaire, n'est plus que le maillon au centre d'une chaine, entre banquier et négociant.

Ce qui amplifie la crise, c'est la structure, la nature même de la propriété privée, dominée par le petit exploitant qui assume avec sa famille et la communauté villageoise, en rapport d'entre d'aide, l'ensemble du travail de la vigne. Dans la plaine languedocienne, reste très majoritaire, le fier cultivateur, qui vit de son bien, symbole, de cette "République au village" d'après 1848, indépendante des grands notables. A ces côtés l'ouvrier agricole, accroché à quelques ares, loue ses bras "aux gros" pour compléter ses revenus, tous deux sont solidaires, car menacé par la faillite et la prolétarisation.

Au village, dans cet espace de liberté politique, rien d'étonnant que dans le "Midi Rouge", les idées républicaines avancées (rad-soc), même socialistes soient majoritaires. Nul oubliait sans doute, la Commune de Narbonne de 1871 et la main donnée par les ouvriers à leurs frères paysans...

Il ne suffit pas que les conditions nécessaires d'une révolte existent, pour que celle ci éclate, il faut le déclencheur... Là, s'inscrit la personnalité de Marcellin Albert, modeste cabaretier et ses " 87 amis du comité de défense viticole d'Argelliers " au cri de "non au sucre", "non à la fraude", le "Tocsin" met le feu à la plaine !


B) L'Insurreccion : De la justicia per lo vin fins a la justicia per l'Occitania...

(L'insurrection : de la justice pour le vin à la justice pour l'OCCITANIE)

Parti une poignée de "fous", ils arrivèrent des centaines de milliers...
Au nom de la "Justice pour le vin", tout commence le 14 mars 1907, le journal de Marcellin Albert appelle à manifester... Ils sont quelques centaines entre Béziers et Narbonne, à revendiquer leur droit à vivre de leur travail... Mais, rien désormais ne pourra arrêter l'escalade, l'histoire qui sait donner des vertiges, va s'accélérer, processus qui rassure de l'avenir de l'humanité et notre idéal révolutionnaire...

Tous les dimanches du mois de mars à juin, les manifestations vont crescendo et s'enflent. Le 09 juin, uniquement à Montpellier, ils sont plus de 500000, soit plus d'habitants que la ville de l'époque...

Les municipalités, accueillent de partout les révoltés, les églises et cathédrales s'ouvrent pour la nuit et accueillir femmes et enfants. C'est notre midi chaleureux pris d'un coup de sang, solidaire dans la lutte, qui s'organise, se radicalise... Les cheminots font des prix à tous ceux qui en train spéciaux convergent vers nos métropoles... Les conseils municipaux en bloc démissionnent, des drapeaux noirs sont plantés sur les mairies par centaines, on boycotte l'impôt. C'est par ville, village entier, derrière le maire, le curé, l'instituteur et même le notable, pour exiger, "le vin naturel"... Nous l'exigeons encore...

A ce moment le gouvernement français a choisi sa tactique, laisser pourrir la situation, attendre... Pour écraser ensuite... Cette politique délibérer Clemenceau qui exaspère nos méridionaux va entraîner le mouvement sur un terrain où personne ne l'attendait, Justicia per l'Occitania...

Le 5 mai 1907, devant un public monstre, Ernest Ferroul, le socialiste, l'ami de Jaurès, le maire de Narbonne devient le second grand personnage de cette lutte... Il dénonce... "Les barons de l'industrie du Nord, qui nous ont envahis et ruinés, "qu'il ne faut plus les supporter", rappelle, "les nobles chevaliers de jadis, venant réduire les cathares", exalte "l'occitan contre le négociant" parisien, en appelle même à Mistral.

C'est en occitan que le peuple hurle, on voit sur les affiches, pancartes, "La França laissara mouri ta vigna", "la triquo se preparo", "l'armada dels estranglats, arrestas vos ou vous farem calà"... Tout cela annonce le retour fracassant de notre passé, d'une passion si longtemps refoulées... Bref le mouvement prend sa dimension que l'on pourrait qualifier aujourd'hui d'occitaniste...

C) Quora l'estat francès mostra sa natura policièra e coloniala.
(Quand l'Etat Francais montre sa nature policère et coloniale)

La responsabilité de la violence, qui début juin va secouer le midi, est de la volonté délibérée du "premier flic de France", Georges Clemenceau qui décide d'envoyer la troupe pour écraser les manifestations, au lieu de prendre les mesures concrètes exigées, comme la taxation du sucre ou répondre à la chambre aux propositions de Jaurès.

Pour empêcher les manifestations, on arrête les meneurs, on les salit publiquement. On assiste à une occupation militaire systématique, la région est placée sous la menace du sabre et du chassepot, le pays est quadrillé, en état de guerre.

Là devant la provocation, la répression injuste, la colère du peuple devient fureur...C'est l'embrasement général... le 20 juin à Narbonne, c'est partout la chasse au gendarme, aux indics, aux journalistes, on insulte l'armée, on jette dans le canal l'inspecteur de police, l'armée tire 5 morts. Le sang du peuple occitan a coulé !

En réponse à cette horreur, partout les villages se barricadent, à Narbonne on voit ressortir le drapeau de la Commune caché depuis 37 ans.Du 20 au 21 juin, la préfecture de Perpignan est incendiée, on dépave, de Béziers à Paulhan. A Montpellier on brise les réverbères, on dresse des fils de fer dans les rues, pour faire chuter les charges de dragons... Tous savent pour Narbonne, "vengeance", "on assassine nos frères, nous voulons les défendre".

A ce cri le 17e régiment d'infanterie, se mutine, dans la nuit du 20, armés jusqu'aux dents, décidés à protéger les leurs, ils montent sur Béziers... Cet évènement exceptionnel a une raison, l'immense majorité des recrues, sont de la région, d'anciens cultivateurs, ruraux déclassés. C'est leurs parents qui manifestent et qu'on exécute... Eux, occitans sans en avoir conscience, ont posé par leur acte de désertion magnifique, ce sacrifice, qui les enverra mourir dans les régiments disciplinaires, l'amorce d'un sentiment identitaire, celui de faire passer avant le service de l'état français, l'intérêt de "nòstre pais". Ce sont eux qui l'illustre le mieux l'unanimité réelle de nos pères dans cette insurrection du Midi.


D) Quinas leicons politicas pòt tirar nostra movement, d'aquesta insurreccion ?
(Quelles leçons politiques peut - on tirer pour notre mouvement, de cette insurrection ?)

Classiquement, c'est l'état bourgeois, par sa brutalité, l'état colonial, qui par le nombre de ses soldats, la force pure et l'hypocrisie, a écrasé sans état d'âme l'insurrection. Jamais les méridionaux n'ont manqué de vigueur, d'audace, de courage...

Sans vouloir paraître anachronique on peut dire, dans ses perspectives, son organisation, le mouvement n'a jamais été pan - occitan, même s'il a révélé une fois de plus l'amitié, la solidarité, occitano - catalane, l'action dans quatre départements ce n'était pas suffisant.

Ce ne sont pas les propos régionalistes, dans les meetings, qui aurait pu, mettre en pratique, des perspectives nouvelles. Aucune organisation politique structurée, ouvrière ou paysanne, révolutionnaires, encore moins occitane, n'était en mesure de faire sortir le mouvement de l'ornière strictement catégorielle, en avançant un projet de société global intégrant les difficultés viticoles. Sans compter qu'avec la répression, rien, n'était " militairement " disposé, pour opposer à une armée professionnelle, une quelconque résistance efficace.

De plus, alors que le mouvement ouvrier, aurait pu se solidariser, plus encore, et avancer des pespectives, les socialistes ont paru perdus dans cette lutte "interclassiste".
Seul Jaurès à la va vite, proposera à la chambre, un projet autogestionnaire. Dans la "Dépêche" du 26 mai 1907, il explique qu'il faut "sauvegarder l'unité du Midi", "développer une organisation solidaire, de la production et de la vente avec la participation des prolétaires du Midi". Il parle même quelques jours plus tard, "d'une nationalisation, des domaines viticoles, qui devront être exploités, par une association des travailleurs de la vigne. Tout cela était trop éloigné, encore, des aspirations des petits exploitants, attachés à la propriété privée, et pas non plus une rupture, avec un capitalisme dont les règles du jeu, n'était pas remise en cause.

En tout cas, il faut quand même retenir que Jaurès n'hésitera pas à s'attaquer à la monoculture, précisant "qu'il est dangereux pour un paysde laisser porter par un seul produit toute sa fortune".

Numériquement le mouvement fut dominé par de non-viticulteurs. Artisans, commerçants, salariés, déclassés, monde rural et urbain réunis dans les comités de défense viticole, se retrouvent toutes les couches sociales, des formes de démocraties directes de "décidir e viure al pais", où l'intérêt personnel était dépassé par celui du "pais" dont la viticulture restait l'élément clef.

Par sa nature, ce mouvement, du début à la fin porte la marque d'une lutte catégorielle, la défense viticole, contre le marché, la surproduction, l'industriel betteravier, soit une forme d'anticapitalisme, contre les profiteurs. Cependant entre l'anticapitalisme tripal et la proposition consciente, d'autres règles du jeu, en rupture radicale, s'ouvrant socialement, politiquement, à d'autres pans de la société, vers la classe ouvrière, à l'époque, déjà qualifiée dangereuse, bref, entre révolte et révolution, il y a un monde que le mouvement de 1907 n'a jamais dépassé.

Conclusion :

A l'heure où d'autres luttes ont ponctué depuis l'Istoria Occitana, des grèves de Decazeville, La Sala, du Larzac à la tragédie de Montredon... Que dans le monde agricole, la surproduction, régulatrice du capitalisme, la mondialisation provoquent jusqu'à Millau des mouvements de masse, l'éclosion d'un mouvement occitan qui rentre, comme le dit Lafont, dans un troisième temps doit changer les données et peser sur les évènements.

L'insurrection du midi de 1907 doit nous donner confiance, il est une borne, un jalon, de notre histoire à redécouvrir... jusqu'à l'école.


Bibliographie indicative

A) Sources
o Archives de la guerre : Registres matricules du
recrutement, Béziers, 1903, 1904, 1905.

B) Ouvrage et article scientifique
o Jean SAGNES : "Le mouvement de 1907 en Languedoc -
Roussillon" : De la révolte viticole à la révolte régionale. Le
mouvement social n°104, année 1978
o Jean SAGNES : "Jean Jaurès et le Languedoc viticole",
Presse du Languedoc / Max Chaleil, mai 1988, 127 pages.
o Yvette et Jules MAURIN, "L'insurrection du Midi",
l'Histoire n° 20, février 1980, pages 23 à 31.
o Témoignage de François - Joseph RABAT dans le Midi
Libre du 24/06/1979 (dernier survivant, des mutins du 17°RI)
o Laura FRADER : Paysannerie e syndicalisme : Les ouvriers
viticoles de Coursan (1850-1914), Cahier d'histoire et d'étude Maurice
Thorez, n°28, 4° trimestre 1978 pages 11 à 38.

C) Bande dessinée
o Paul ASTRUC, La révolte des vignerons, "Un coquelicot dans la
vendange".Editions la loubatières Toulouse, 1984.

D) poème
"Défense viticole et solidarité Occitano - Catalane."
Els Focs D'aquest Sant Joan (juny 1907)
J. Maragall, Poesia completa, Editorial Empuries, Barcelona, 1986, pp
205-207
E) Document sonore
Canson : Lengadoc Roge, paraulas de Marti, dins, Lo païs que vol viure,
edicion Ventadorn, IEO Béziers.
Chanson : Gloire au 17°
Paroles : Montéhus, musique : J. Chantegret et P. Doubis

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W. catharos

Aujourd'hui aussi los paurons manifestavan !
« Modifié: 14 mars 2011 à 02:39:56 par W catharos »
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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #2 le: 02 mars 2010 à 17:05:23 »
Mutins du 17°Régiment d'infanterie 1907...

« Modifié: 02 mars 2010 à 17:10:49 par W catharos »
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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #3 le: 05 mars 2010 à 22:13:50 »
carte de l'Occitània politique
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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #4 le: 06 mars 2010 à 10:20:50 »
Cher catharos,

je ne comprend pas bien tes positions sur l'Occitanie et la langue occitane. Veux-tu une autonomie régionale ? La création d'écoles en langue occitane ? Ou défend-tu simplement un héritage culturel occitan ?

Il n'y a pas d'agressivité dans ma question, je voudrais juste savoir quels mesures concrêtes tu soutiens vis-à-vis de cette question.

Amitiés militantes.
"La sensibilité qui gémit presque exclusivement pour les ennemis de la liberté m'est suspecte". Maximilien Robespierre.

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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #5 le: 06 mars 2010 à 10:40:17 »
Cher Maximilien,

Dans l'absolu, je serai partisan d'une indépendance politique de l'Occitanie dans le cadre d'un système socialiste... Rien ne sert de créer un pays bourgeois de plus avec ses hymnes et drapeau, non, une société sans classe, avec partage des richesses produire selon ses besoins, bref une fédération de peuples libres et fraternels alliés pour une autre société. Car ce que je veux démonter c'est que sans une rupture avec le capitalisme il ne peux y avoir d'Occitanie libre.

"Viure e decidir al païs", vivre et décider au pays, loin du parisiannisme et du jacobinisme chauvin, c'est aussi une forme de démocratie directe et proche des gens, auquelle j'aspire, une démocratie sous contrôle des masses à la base, une forme de démocratie ouvrière.

Quand à la langue occitane qui est ma langue maternelle "lenga maïrala" j'estime que la France devrait la reconnaître officiellement comme le breton, le basque, le corse, l'alsacien, le catalan, le Kanak, le créole...

La revendication linguistique est majeure, surtout pour l'Occitan et ses sept dialectes parlés selon les sources par encore trois millions d'occitanofon ce qui n'est pas négligeable...

La création des écoles "calendretas" cherche à pallier à un manque d'enseignement de la langue occitane alors que celles ci devrait être mise sous le régime des écoles publiques, voir les écoles Diwan en Bretagne.

Je suis donc loin d'un occitanisme d'accompagnement bourgeois tel que le POC social - démocrate ou le PNO fondé par Francès Fontan en 1959 et "ethniste" le proposent. Le groupe "Libertat" très activiste, qui ne raconte pas que des bêtises est le plus honnète vers la défense du Socialisme et de l'Occitània, malgrè ses dérives béarnaises.

En tout état de cause la revendication occitane est posée, elle rencontre un certain écho si on souligne les participants à la grande manifestation de Montpellier il n'y a pas si longtemps, le 24/10/2009.

Amistats frairalas

Wilehlm catharos

« Modifié: 14 novembre 2010 à 15:45:15 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #6 le: 06 mars 2010 à 13:27:56 »
Merci pour ta réponse rapide.

Je suis d'accord avec toi pour dire qu'il ne servirait à rien de créer un nouvel état bourgeois, avec des cocardes aux couleurs occitanes. Le seul drapeau d'un communiste est le drapeau rouge (avec éventuellement le nom du pays d'origine écrit dessus en doré ;-) ).

Néanmoins, il me semble que la revendication d'une occitanie socialiste indépendante est pour le moins étrange. Tu dis qu'il y a 3.000.000 d'occitanophones, très bien, mais l'ensemble géographique qu'on appel occitanie compte quelques 15.000.000 d'habitants. De plus, je ne suis pas sur que les 3 millions revendiqués précédemment soient tous capable de parler cette langue couramment mais même dans ce cas, cela fait seulement 20% de locuteurs. Cela justifie-t-il la création d'une structure et d'une administration séparée du reste de la structure francophone ? Je ne le crois pas.

Quant à la création d'écoles où l'enseignement se fait en langue non-française, j'y suis favorable dans les zones où cette langue est parlée par une fraction importante de la population comme langue maternelle. Sinon, l'enseignement en français constitue une inégalité des différents citoyens devant le droit à l'instruction. Mais il faut voir que les grandes agglomérations comprennent peu d'occitanophones (3% à Bordeaux contre 40% en Auvergne).

Avec son territoire très étendu et sa forte population, je ne pense pas qu'on puisse dire que l'Occitanie rendrai l'administration "plus proche des gens", c'est un ensemble qui me semble trop hétérogène pour que son indépendance change fondamentalement le rapport du citoyen à sont État.

Enfin, nous pouvons débattre ici du devenir de l'Occitanie, mais au final, ce seront aux habitants de cette zone de déterminer leur destin sous le socialisme. Pas sur que la majorité veuille d'un pays séparé.

Amitiés militantes.
"La sensibilité qui gémit presque exclusivement pour les ennemis de la liberté m'est suspecte". Maximilien Robespierre.

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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #7 le: 06 mars 2010 à 15:22:12 »
Cher Maximilien,

Je pense aussi que c'est aux occitans de choisir leur destin et que l'Occitanie politique n'est pas mûre.
Seules les luttes peuvent à la prise de conscience de classe et de l'occitanité, et pour l'instant c'est pas encore le cas, malgré une certaine avancée et des reculs depuis les années 70, depuis le Larzac et les grèves des mineurs de Decazeville.
 
Enfin depuis "la croisade des albigeois" jamais l'Occitània n'a jamais autant fait parlé d'elle...

Ce qui est pour moi certain, c'est que "l'Occitània liura" si elle doit exister un jour, ne pourra l'être que dans une société libre donc Socialiste, débarasser de l'oppression de l'homme par l'homme, du capitalisme meurtrier, une société où l'humanité pourra jouir de ses droits, notamment linguistiques, culturels, politiques.

Sur les écoles occitanes, elles vivent plutôt bien, maintenant là où c'est nécessaire il faut se battre pour que ces écoles "Calendratas" existent et soient reconnues d'utilité publique, car c'est par les enfants aussi que nait la reconnaissance occitane par la langue pratique quotidienne et naturelle. C'est l'un des enjeu majeur de la decennie qui vient, avec la reconnaissance officielle par la France de l'Occitan comme langue officielle.

Certes comme on peut le voir sur la carte plus haut, l'Occitanie est vaste et cela a été dur pour la définir par les occitanistes, maintenant elle commence à être accepté par les occitan eux - même cela fait parti aussi de la prise de conscience.

Je ne suis pas pour une Occitània indépendante ex - nihilo, mais pour une une Occitània adhérente à un système fédéral basé sur la paix, une juste des répartition des richesses entre les peuples, et libre d'un point de vue culturel et de toutes les cultures qui vivent en Occitania.

L'Occitània est dépendante de l'histoire du monde, des rapport de force mondiaux Prolétariat/Bourgeoisie, c'est ce que les articles ci - dessus expriment, sa vie est lié à l'avenir de l'Humanité, en cela le peuple occitan est lié au monde et à la Révolution Socialiste Mondiale, même si je le répète les occitans aurons un jour le droit de choisir dans la lutte leur destin.

Je ne fais pas de l'"Occitania liura" un combat premier, car il s'inscrit dans un cadre général, celui de l'émancipation des travailleurs par la Révolution Socialiste, Révolution qui verra émerger, je le crois les revendications culturelles et historiques pas qu'en Occitània, comme la Révolution russe de 1917 avait vu rejaillir les minorités culturelles opprimées par les tzars en donnant à ces minorités culturelles séculaires un vrai cadre pour s'exprimer...

Amistats, car collèga

W catharos


« Modifié: 27 août 2010 à 21:11:06 par W catharos »
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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #8 le: 06 mars 2010 à 19:33:41 »
Désolé W.Catharos mais, comme tu t'en es peut être aperçu, je supprime un certain nombre de tes messages car tu as le post très facile mais je dois conserver un maximum de lisibilité pour nos visiteurs.

En particulier les post avec une image sans contenu textuel.
Au pire mais juste un lien sans l'image et intègre les à ton argumentaire, essaye aussi de condenses tes interventions en un seul post quand c'est possible.

Merci pour ta compréhension.
Fraternellement,

PASCAL C.

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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #9 le: 06 mars 2010 à 19:45:31 »
Cher camarade Delapaille,

je te comprends très bien, fais ton oeuvre  ;)
Je vais essayer de m'améliorer.

Salutations communistes

Wilehlm catharos
« Modifié: 27 août 2010 à 21:11:29 par W catharos »
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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #10 le: 07 avril 2010 à 23:06:48 »
Chers camarades,
Cars (as) Collègas,


Per vosautres ai legit encara un cop (pour vous j'ai relu), "l'Identité de la France" de Fernand Braudel de l'identitat de França pas solament...Mais les Identités de la France, même si les travailleurs n'ont pas de Patrie, ils ont une histoire, des racines culturelles et de Classes...

A ceux qui s'intéressent aux histoires de la France ils devraient voir que celle ci est une mosaïque de peuples qui ont été colonisés et réclamer une identité de la France appelle à des commentaires, en tant qu'internationaliste il faut rétablir la justice per Occitània tanben (pour l'Occitanie aussi)...

" A défaut d'unité physique, économique, sociale, la France aurait elle une unité culturelle ?

Peut être. Mais on sait d'avance, qu'il y a, au plus haut, une civilisation une, qui se veut éclat, élitiste, spendeur, enveloppe, structure ou au mieux superstructure, domination contrainte, il y a au moins, sur ce territoire deux larges civilisations sous - jacentes, avec chacune un royaume linguistique : la civilisation d'oïl qui a été victorieuse, la civilisation d'oc à qui le destin a réservé en gros celui d'une colonie. le Nord écrase le Sud de sa réussite matérielle... Ou les France industrielles...

D'ordinaire se qui se passe au nord ne se passera pas de la même manière au sud, et vis-versa : la civilisation (façon de naître, d'aimer, de penser, de bâtir ses maisons, et de grouper ses champs, de se comporter les uns vis à vis des autres) n'est presque jamais la même, du oui nordique au oui méridional de l'oil à l'oc, il y aura toujours, vers le sud, vers une autre France... que s'apela Occitània..."

Suite dans le texte les souvenirs de Racine à Uzès qui peste de ne pas comprendre ce qui se passe autour de lui, il écrit à la Fontaine " j'ai besoin ici d'un interpréte, comme un  moscoviste en aurait besoin à Paris...."

Deux mondes étrangers donc, au sens propre du terme. C'est ce qu'écrivait cet anglais admirateur des Camisards Protestants calvinistes en guerre contre Louis XIV et la Contre Réforme dans les Cévennes, en 1707, il a vu des inspirés gens forts simples et sans malice, prononcer en français pendant la révélation, un vrai miracle car c'est pas moins difficile à des paysans de ces quartiers de faire un discour en français, qu'à un français qui ne ferait d'arriver en Angleterre, de parler anglais...

Michel Audiard, le 31/07/1985, le scénariste, qui déclarait n'avoir jamais usé de l'argot dans ses nombreux dialogues de films, mais seulement du langage populaire, du "parigot", son interlocuteur lui rappelait qu'il faudrait le sous - titrer pour le public au sud de la Loire, le sud restant très exotique finalement...

Ce que nous fait dire Braudel, c'est la complexité de notre histoire. Au temps des revendications identitaires qui émergent un peu partout, sachons les intégrer à un programme socialiste, car elles y ont leur place, car seul le Socialisme redonnera un sens à la lutte des peuples colonisés... L'histoire des peuples colonisés c'est aussi l'histoire de la Lutte des Classes...

Enfin, Pourquoi ces quelques exemples, c'est pour démontrer qu'au temps des colonies, en Occitània, en Bretagne, en Euskadi, en Catalogne, dans les îles... comme avant en Afrique et en Asie, l'histoire officielle impérialiste à occultée la véritable histoire des peuples, qui est aussi celle de la Lutte des Classes, enseigner les gaulois aux Kanaks et pas leurs spoliations, leur soumission, leur insurrection...

Pendant le débat sur l'Identitaire de la France, personne à l'Etat ne parle des minorités et de leurs droits culturels nécessaires et historiques, sachons relever ce drapeau et changer d'Etat à la Révolution Socialiste... Pour une autre Identité de la France et du Monde...

Wilehlm Catharos
« Modifié: 06 août 2011 à 10:54:46 par W catharos »
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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #11 le: 10 mai 2010 à 12:59:38 »
Chers (es) camarades
Cars (as) collègas


"Libertat", "la Revista de l'Occitania que bolèga", le nouveau journal du groupe du même nom, a succédé à "HAR/FAR", "d'Anaram Au Patac", qui vient en avril 2010, de sortir le numéro 0, revient sur le sens de l'Histoire et remet de l'ordre dans les idées, article interressant même si on peut être en désaccord avec cette campagne...

OCCITANIA, 800 ANS DE RESISTÉNCIA !

LIBERTAT-Lengadòc lance la campagne « Occitània : 800 ans de résistance, aujourd’hui comme hier résistons »

Le but de cette campagne, est de nous réapproprier notre histoire, une histoire méconnue de résistances populaires, sur une terre qui continue à résister.

Nous voulons faire connaître notre histoire, à tous ceux et toutes celles qui luttent aujourd’hui, qui prennent conscience de la nécessite de s’opposer au système actuel, pour mieux lutter demain, dans une lutte enracinée. L’histoire Occitane est méconnue, et pour cause, l’état français a tout intérêt à laisser le peuple ignorant de son passé. En effet l’histoire occitane c’est l’histoire d’une aliénation, d’une colonisation ancienne.

Cette campagne se veut un outil pour une éducation populaire et critique. Critique sur l’histoire enseignée par l’état et la domination. L’histoire des Peuples est usurpée, tronquée, cachée, elle est un instrument de notre aliénation au lieu d’être celui de notre Libération. Populaire, car l’histoire officielle et l’histoire des peuples sontdiamétralement opposées dans leur essence même, c’est à dire qu’elles ne partagent pas les mêmes intérêts et finalités.
L’histoire Occitane est riche en révoltes, insurrections, révolutions, depuis plus de 1000 ans, le peuple Occitan a toujours été écrasé dans son envie de liberté mais sans n’être jamais soumis. Nous pouvons observer et analyser dans les mouvements sociaux actuels, dans les formes de résistances multiples et même dans les choix électoraux, une spécificité à cette terre, à ce peuple.

Mais notre situation est paradoxale. Nous sommes un peuple qui se cherche, qui n’a jamais su se positionner clairement face à son histoire. Vivant dans une sorte de fatalité, ce peuple qui pendant longtemps a pensé qu’il serait un des éléments à part entière de la nation française, c’est à dire dans le respect de sa différence. Qui a défendu avec fidélité et dans le sang les valeurs d’une république sociale… qui n’est jamais arrivée. Qui par ses penseurs contemporains a pensé participer à la renaissance de l’idée républicaine, sur des bases pluri-culturelles et fédéralistes. qui elles non plus ne sont pas arrivées.

L’Etat républicain français, fidèle à lui même, nous a remercié à sa façon. Le peuple occitan n’a eu comme choix que l’exil vers le nord ou servir l’état massivement, ces 150 dernières années. En contemplant impuissant la destruction de ses rivages, la désertification des campagnes, la mort de son industrie, et bien sûr la minorisation de sa culture et la destruction annoncée de sa langue.

L’image du bon méridionale est un condensé de notre histoire passée et présente, avec comme avenir le tourisme de masse, cinq métropoles qui finissent de désorganiser notre territoire et nous étouffent, des lignes LGV, autoroutes, tunnels pour parfaire notre colonisation, et puis l’occitan réduit à une œuvre de musée pour quai Branly méridional.

Mais c’était sans compter notre réveil qui s’amorce. De plus en plus de personnes sont conscientes de la spécificité de notre terre, de la nécessité de ne pas laisser mourir ce qui fait notre richesse et qui peut être une force immense. L’Occitanie est assurément une idée d’avenir, une idée qui est l’anti thèse du discours raciste de l’état français, une idée qui ne peut que gêner les dominants dans leur monopole de pouvoir.

Pour cela cette idée doit être portée par le peuple, elle doit être l’objet d’une réflexion populaire et critique. Les Boliviens, les Mexicains l’ont compris, combattre le capitalisme passe obligatoirement par la défense fondamentale de la bio-diversité, du pluriel. L’Etat Plurinational de Bolivie a rendu co-officiel 36 langues indigènes au côté de l’espagnol, les Zapatistes enseignent les 4 langues mayas aux jeunes générations, ici, l’extrême gauche applaudit, mais par contre, est totalement insensible à la disparition de l’occitan, du basque, du catalan, du breton etc…Cette campagne rentre donc dans un mouvement de l’humanité contre le capitalisme.

Aujourd’hui une révolution est à gagner.Elle ne se passera pas sans la récupération de notre Histoire qui est une composante de la critique radicale du système dominant. Nous vous proposons donc par cette campagne de vous réapproprier un héritage volé, l’Histoire a toujours été une arme pour les puissants, mais cette arme est à double tranchant, car elle dégage une puissance immense quand elle sert les intérêts du peuple.

Que vous soyez d’ici ou d’ailleurs, l’histoire de cette terre vous appartient, elle s’inscrit dans la décolonisation historique de TOUS les peuples vivant sous domination de l’état français et par de là le monde!
« Modifié: 02 juin 2010 à 02:39:09 par W catharos »
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ezln

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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #12 le: 09 juin 2010 à 21:34:10 »
il est temps de se venger des abominations de montsegur!

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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #13 le: 09 juin 2010 à 22:37:02 »
Chers camarades,

Puisque, Ezln évoque Montségur et de fait le catharisme autant en parler, lui qui fut simultanément ou successivement du XIème au XIVème siècle, la foi de gens de toutes classes et conditions sociales diverses, il est vrai aussi que certaines doctrine des "bons hommes" sont "progressistes". Ce mouvement peut être étudié sous l'angle de la lutte des classes, contre l'Eglise Romaine et Apostolique, une véritable Révolution, qui s'inscrit dans l'histoire médiévale...

Les travaux récents des historiens convergent sur le fait que le manichéisme a surtout séduit dans les villes, parmi les populations d’artisans, d’ouvriers qualifiés, de la bourgeoisie. Une population d’élite donc, le petit peuple n’est pas concerné par ce courant et demeure fidèle à l’orthodoxie romaine. De même, le mouvement est surtout très implanté dans les villes et très peu dans les campagnes. Il touche donc les classes aisées urbaines, une minorité de la population. Au total on estime que 10% de la population urbaine adhère au manichéisme au début du XIII° siècle et 2 à 3% de la population rurale. Cependant, si le manichéisme est et demeure minoritaire, une majorité restant fidèle à Rome, à Montaillou vilage étudié il monte à 40% de la population. Tous, ont été condamnés et poursuivis avec plus ou moins de rigueur par l'Inquisition créée à cette occasion. C’est aussi là, la particularité du manichéisme toulousain.

Raimond V, comte de Toulouse est en proie à cette époque, début XIIIme siècle,  à l’émancipation de la bourgeoisie de sa ville qui remet en cause son pouvoir féodal. Il tente de réprimer cette émancipation pour maintenir sa main mise. Or une partie de la bourgeoisie toulousaine adhère au manichéisme (notamment parce que celui-ci prône un rejet de la hiérarchie ecclésiale et seigneuriale ce qui conforte leur combat politique, un phénomène similaire a lieu dans les villes allemandes au XVI° siècle avec la Réforme).
 
Oubliés les cathares ?

Ils furent  au XIX° siècle sous la plume du républicain Jules Michelet réssucités. C’est lui qui bâtit l’histoire des cathares : les Purs, les Parfaits anéantis par l’Eglise et par la monarchie. Cette vision est reprise par l’école historique issue du protestantisme libéral qui voit dans les cathares les initiateurs de la Réforme et de la république en butte à l’obscurantisme de la monarchie.

C’est à Arnaud Amalric qu’est attribué la fameuse phrase « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens » qui fait depuis Michelet, le bonheur de tous les anticléricaux.

Rome veut mettre un terme à cette pratique cathare pour asseoir son autorité et combattre un fédéralisme dangereux pour renforcer le centralisme. La lutte contre l’hérésie devient un moyen d’asseoir l’autorité pontificale et de renforcer la puissance du Pape. Pour l’Eglise aussi la croisade revêt le vêtement paradoxal de la politique : combattre l’ennemi de l’extérieur et éviter un péril intérieur.

Finir sur Montségur !

"Del papa la grand armada, del rei frança bandoliers, dominicas e porcassès..."

Néanmoins que s’est-il passé à Montségur pour que l’on édifie un tel bûcher ?

En citant Le Goff...

"Une communauté d’hérétiques s’est retranchée dans cette forteresse difficilement prenable dans les confins de l’Ariège. En 1242 une soixante d’hommes descendent de la montagne mener une expédition à Avignonet où ils tuent sept dominicains lors d’un prêche. Les autorités décident de réagir et lancent une expédition militaire qui n’aboutit qu’en mars 1244 avec la prise de Montségur par un petit groupe d’assiégeants. Comme il est d’usage la reddition est négociée : une trêve de quinze jours est laissée aux laïcs, aux civils et aux militaires pour leur permettre de quitter les lieux. Selon l’usage l’Inquisition laisse la liberté à ceux qui reconnaissent leurs fautes. Environ 240 personnes refusent de renier leur hérésie et sont remis au bras séculier pour être conduits au bûcher, à bien des égards Montségur est la reddition d’un dernier groupe de  cathares qui achèvent leur vie dans un suicide collectif sur les hauteurs de l’Ariège."

Amistats
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« Modifié: 13 juin 2010 à 04:59:50 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
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Re : problématique : Occitanisme et socialisme
« Réponse #14 le: 10 juin 2010 à 11:30:58 »
W catharos,                voulez vous recréer le catharisme?une occitanie socialiste et cathare?           http://www.catharisme.eu/index.php/zone-technique/presentation/catharisme-cathare/
« Modifié: 10 juin 2010 à 12:10:02 par ezln »