Auteur Sujet: José Saramago nous a quité  (Lu 455 fois)

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José Saramago nous a quité
« le: 19 juin 2010 à 12:11:48 »
Depuis hier on a un communiste libertaire en moins. Heureusement il nous a laissé tout son ouvrage.

José Saramago, écrivain des frontières

José Saramago vient de nous quitter… Il s’est éteint, à l’âge de 87 ans, sur l’île espagnole de Lanzarote (Canaries), où il résidait depuis 1992. On le savait malade – il avait été hospitalisé à plusieurs reprises ces dernières années pour des problèmes respiratoires –, mais la nouvelle est une onde de choc pour qui aura encore vu l’écrivain, adulé de ses lecteurs, dédicacer cet hiver à Lisbonne, sans défaillir et serein, près de cinq cents exemplaires de son dernier ouvrage polémique, Caïn (1).

L’œuvre et la vie de José Sarmago auront été placées sous le signe de la polémique. Et de l’engagement. Il aimait empêcher de « penser en rond », excécrant l’injustice et l’abus de pouvoir. Il s’affichait communiste et libertaire, comme on affiche un idéal d’utopie et de transformation du monde. Sa voix était aussi celle des sans-voix. Une voix audible et reconnue de par le monde, dont l’écho était porteur de tempêtes, et qui laisse un silence immense.

José Saramago eut un destin hors du commun. Né en 1922 à Azinhaga, un petit village du Ribatejo situé à une centaine de kilomètres de Lisbonne, fils de paysans pauvres, il quitte l’école très tôt pour travailler, enchaînant divers métiers, de serrurier à traducteur. Autodidacte, passionné par les livres, il publiera son premier roman, Terra do pecado (Terre de péché), en 1947. Mais c’est en 1976 avec Levantado do Châo (non traduit en français, littéralement : « soulevé de [la] terre ») qu’il entre véritablement en littérature, et avec Memorial do covento (Le Dieu Manchot, publié en France en 1987) qu’il acquiert une véritable notoriété littéraire internationale.

Entre temps, la révolution des œillets (25 avril 1974) a fait son œuvre et José Saramago s’y engage corps et âme. Il lui consacra d’ailleurs une pièce de théâtre, A noite (La Nuit). Il bascule avec tout un peuple de la dictature à la démocratie. Il est et restera de tous les combats.

En 1992, son livre L’Évangile selon Jésus-Christ est censuré. Il est fortement attaqué par l’Eglise et accusé de « porter atteinte au patrimoine religieux des Portugais ». C’est à ce moment qu’il décide de s’installer en Espagne.

Lorsqu’il reçoit le prix Nobel de littérature en 1998 (attribué pour la première fois à un auteur de langue portugaise), c’est une reconnaissance immense et historique. Nombreux sont les Portugais à s‘identifier à cet écrivain dont l’itinéraire est emblématique.

Romancier et essayiste, Saramago était aussi un poète dont les préoccupations sociales et politiques croisaient les exigences esthétiques. Il s’est élevé contre toutes les injustices. Il a soutenu le combat des paysans sans terre brésiliens, lui qui en connaissait si bien l’histoire, tellement proche des paysans portugais métayers de son enfance. Il a élevé la voix pour les Palestiniens. Il s’est rendu à Ramallah, en mars 2002, dans le cadre de la délégation du Parlement des écrivains (2). Une expérience qui l’avait fortement marqué. Il avait alors commenté la situation des territoires occupés en des termes très abrupts qui lui valurent d’être accusé d’antisémitisme. Malgré cela, il ne transigea jamais et renouvela sans cesse sa dénonciation de l’occupation israélienne et sa solidarité avec les Palestiniens. Notamment dans Le Cahier (3), un recueil des textes écrits pour son blog de septembre 2008 à mars 2009, où il appelle à la levée du blocus de Gaza. Dans un des derniers billets mis en ligne sur le site (4), il y remerciait l’auteur suédois Henning Mankell pour sa participation à la flottille en faveur de Gaza…

Ce Cahier sera sa dernière réflexion philosophique et politique sur un monde « qu’il faut penser  » et ne nous laisse pas d’autre choix que celui de la responsabilité et l’engagement. Des textes écrits souvent rapidement, mais en phase avec son époque et sa société, où il s’est inscrit comme un écrivain immense et comme un homme de combat et de partage.

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-19-Jose-Saramago
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Re : José Saramago nous a quité
« Réponse #1 le: 21 juin 2010 à 12:25:08 »
« Les gens disent de moi : il est bon mais c’est un communiste. Maintenant, ils disent, c’est un communiste, mais il est bon » disait José Saramago qui vient de nous quitter à l’âge de 87 ans.

Né dans une famille pauvre en 1922 à Azinhaga dans la région de Ribatejo au Portugal, petit-fils de paysans analphabètes, apprenti serrurier et autodidacte, Saramago a reçu le prix Nobel de littérature en 1998.

Contestataire-né, il était de tous les combats. Il a participé activement à la révolution des œillets de 1974 qui a renversé la dictature salazariste. Il criait partout son indignation et son dégoût quant au sort fait aux opprimés de notre monde.

Saramago dérangeait y compris dans son propre pays. En 1992, le gouvernement portugais l’accuse de « porter atteinte au patrimoine religieux des Portugais » et censure son roman « l’Évangile selon Jésus-Christ ». Saramago a quitté son pays pour s’exiler sur l’île de Lanzarote où il est décédé.

Défenseur acharné de la cause palestinienne, ses livres sont boycottés par Israël.

Saramago laisse derrière lui une œuvre composée de pièces de théâtre, de poésie, et bien sûr de romans d’une grande originalité. Dans « Le Dieux manchot » ( Albin Michel, 1987) par exemple, ce sont les opprimés qui sont les héros de l’histoire.

Plus qu’un écrivain, Saramago était un militant et une conscience morale.

http://www.legrandsoir.info/Jose-Saramago.html
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Re : José Saramago nous a quité
« Réponse #2 le: 21 juin 2010 à 16:10:37 »
Salut camarade Andrés,

Je dois avouer que dans mon inculture, je ne connaissais pas bien, José Saramago, ce que tu as posté, m'invite à le lire, le fait qu'il fut prix nobel de littérature, m'incitait plutôt au contraire, mais je ne sais par quoi commencer, si tu as un avis, je suis preneur...

Je voulais savoir aussi, si son oeuvre a été totalement ou pertiellement traduite en français, enfin je vais chercher aussi, de mon côté...
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Re : José Saramago nous a quité
« Réponse #3 le: 22 juin 2010 à 09:01:11 »
je ne connais pas trop non plus pour recommander un seul mais selon lui ce ouvrage est le plus importante.


# Ensaio sobre a lucidez, 2004

    * La Lucidité, trad. Geneviève Leibrich, Le Seuil, coll. « Cadre Vert », Paris, 2006, 384 p. (ISBN 2-02-079066-1)

Comme continuation de

# Ensaio sobre a cegueira, 1995

    * L'Aveuglement, trad. par Geneviève Leibrich, Le Seuil, 1997, 302 p. (ISBN 2-02-028952-0)

Cordialement,
Andrés
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