Au sujet de la théorie du Socialisme dans un seul pays, juste au passage, Staline lui-même en est arrivé à se contredire de façon notoire : en 1924 il écrivait, dans ses Principes du Léninisme ce qui suit :
« Mais renverser le pouvoir de la bourgeoisie et instaurer le Pouvoir du prolétariat dans un seul pays ne signifie pas encore la garantie du triomphe complet du socialisme. Après avoir consolidé son pouvoir et entraîné derrière lui les paysans, le prolétariat du pays victorieux peut et doit construire la société socialiste. Mais cela veut-il dire, Qu’avec cela, le prolétariat obtiendra une victoire compète, définitive, du socialisme, c'est-à-dire, est-ce que cela veut dire que le prolétariat peut, avec les forces d’un seul pays, consolider définitivement le socialisme et garantir complètement le pays contre une intervention et, par conséquent contre la restauration ? Non. Pour cela il faut que la révolution triomphe, pour le moins, dans quelques pays. Pour cela, développer et soutenir la révolution dans d’autres pays est une tâche essentielle de la révolution qui a déjà vaincu. Pour cela, la révolution du pays victorieux ne peut être considérée en tant que magnitude autonome, mais comme un soutien, comme un moyen pour accélérer la victoire du prolétariat dans les autres pays. »
Jusque là aucun « trotskyste » n’y trouvera rien à redire, le problème c’est qu’en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, cette vision pour le moins correcte de Staline, qui reprenait en fait celle de Lénine, s’est transformée en son contraire : en novembre 1926 il en venait à déclarer sans sourciller : « Le parti a toujours pris comme point de départ l’idée que la victoire du socialisme dans ce pays (la Russie) est possible et que cette tâche peut être menée à bien avec les forces d’un seul pays »
Ça c'est que l'on appelle être cohérent!