Bonjour Wilhelm
J'suis pas très qualifié en bondieuseries mais lorsque tu me demandes des infos sur les pratiques "peu orthodoxes" en Bretagne , parles-tu de celles qui ont été imposées par le Vatican ? Celles-là sont effectivement catholiques donc peu orthodoxes , tandis que les pratiques particulières à la Bretagne sont héritées de l'orthodoxie celto-romaine antérieure .
Je viens de lire que sur plus de 400 saints bretons nous n'en avons que 3 homologués par le Vatican . Cà ne fait pas très catholique , c'est le moins qu'on puisse dire. Par contre , c'est ici que Constantin le Grand qui fonda Constantinople sur le site de l'ancienne Byzance et fit du christianisme orthodoxe la religion officielle de l'empire romain, fit ses débuts dans la ...carrière. Comme son père , le César Constance Chlore , avant lui , Constantin débuta comme chef du Tractus Armoricanus ( Commandement Armoricain ) . Par conséquent , il avait autorité sur les Gaules , la péninsule ibérique et la Bretagne insulaire . De nombreux textes disent qu'il était chef des armées de Bretagne . Ce n'est pas faux , puisque ses légionnaires armoricains ne manquaient pas de boulot là-bas au baroud contre les Pictes , population pré-celtique de la Calédonie , et contre les Scots irlandais qui , eux , sont des Celtes gaëliques , c'est-à-dire de la première vague celtique , bien avant la grande vague celtique continentale et bretonne insulaire . Chez les Bretons insulaires la celtitude antique était fortement amoricaine , belge et même parisienne . En effet , il y avait des Parisii à Petuaria outre-manche comme à Lutèce . Petuaria c'est le nom romain et je ne connais pas le nom celtique antérieur , de toute manière les anglo-saxons l'ont rebaptisée Brough on Humber.
Ce site là semble s'y connaitre en saints Bretons ( Armoricains )
http://chrsouchon.free.fr/saintsbf.htmConstantin Ier
http://www.empereurs-romains.net/emp55.htmVoici un détail de calvaire breton très représentatif de l'art religieux à travers les siècles , en Bretagne armoricaine.

Ici , un diaporama de 19 photos
http://societecose.canalblog.com/albums/art_religieux_en_bretagne/index.htmlLà , des gargouilles d'église
http://en-bretagne-c-est-berhed.over-blog.com/article-34354322.htmlEt puis là , la page sur les pardons , fêtes religieuses typiquement bretonnes . Il y est question de moines celtes , mais c'étaient bien sûr des moines celto-romains et pas des druides celtes préhistoriques.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pardon_(c%C3%A9r%C3%A9monie)
( Je viens de voir que l'accès à la page n'est pas direct . Après le premier clic sur l'adresse , il reste à cliquer deux fois de suite sur le choix "pardon(cérémonie)" pour accéder à la page.
Le passage sur certaines ressemblances de nos pardons avec les parades de la Saint-Patrick en Irlande ou à New-York peut laisser penser à tort que nous aurions des coutumes irlandaises . En réalité , c'est l'inverse , c'est le christianisme irlandais qui est d'origine celto-romaine . Le fâmeux Saint-Patrick des Irlandais n'était d'ailleurs pas natif d' Irlande mais de Bretagne insulaire . Il s'appelait Maewin Succat et son père était diacre et décurion , à la limite nord de l'empire romain , dans les environs de Glasgow . Sa mère ( ou sa grand-mère) était la soeur du célèbre Martin , évêque de Tours . Il devint disciple de l'évêque baroudeur Germain d'Auxerre , chef du Commandement Armoricain et c'est Germain qui parvint à le convaincre d'aller évangéliser les Scots d'Irlande . A l'époque , le légat envoyé par le pape chez les Pictes s'était fait zigouiller , les Pictes n'ayant sans doute rien compris à ses discours sur le Jésus en latin . Maewin Succat , lui , fut la perle rare envoyée par Germain pour parler du Jésus aux Scots d'Irlande , dans leur propre langue . En effet , Maewin avait passé six années difficiles en Irlande , qui lui avaient toutefois permis d'apprendre le gaélique. Il avait 16 ans , lorsqu'il fut râflé avec ses soeurs sur une plage de Bretagne insulaire par le pirate scot irlandais O'Neill , puis vendu comme esclave en Irlande à un certain Milchu qui fit bosser Maewin dans une porcherie . Et ce cauchemard dura six ans pour Maewin , avant qu'il parvienne à s'évader de chez Milchu puis d'Irlande . Y retourner plus tard de son plein gré n'était sans doute pas évident , mais Germain l'Auxerrois était très convaincant. L'histoire ne dit pas si la belle Eustachie , son épouse , le remplaçait dans ses fonctions d'évêque à Auxerre , quand il était au baroud . C'est fort possible , en Armorique nos premiers soucis avec le Vatican datent de 510 , les Francs ayant cafté au Pape de Rôme que des femmes disaient la messe , en Armorique.
Paradoxalement , en remontant aux sources , ce n'est pas l'islam du caravanier Mohamed mais le christianisme du fabricant de tentes Saül , alias Saint-Paul qui fait obligation aux femmes de porter le voile . Entre autres , commentaires à ce sujet , Saint-Paul dit dans son épître aux Corinthiens que les femmes doivent porter un signe de sujétion sur le visage .
Le Carthaginois Tertullien , lui , est carrément partisan du voile intégral .
« Qui que vous soyez, mère, soeur, fille, épouse, voilez votre tête. […] Revêtez-vous des armes de la pudeur ; dressez devant vous le rempart de la modestie ; environnez enfin votre personne d'une muraille qui arrête vos propres regards ainsi que les regards d'autrui. » Celui qui parle ajoute : « Ne vous affranchissez jamais de la discipline du voile, pas même un seul moment. » Il précise que ce voile doit être intégral. Surtout, qu'on ne se contente pas d'un bout de tissu sur le crâne ! En effet… « la femme tout entière n'est que tête ».Non, l'auteur de ces préceptes radicaux n'est pas un imam salafiste, mais bien Tertullien, le premier père de l'Eglise d'Occident (155 env.-225 env.), dans un traité rédigé en latin, sans doute avant 207, « Du voile des vierges » (« De Virginibus velandis ») (1). La nécessité du voile est tellement centrale, à ses yeux, qu'il y revient dans plusieurs oeuvres -« De Corona », « De Oratione », « Contre Marcion ». Plus frappant encore : cet intellectuel, qui vivait à Carthage, donne comme modèle aux chrétiennes « les femmes de l'Arabie […] qui, non contentes de se voiler la tête, se couvrent aussi le visage tout entier, de sorte que, ne laissant d'ouverture que pour un oeil, elles aiment mieux renoncer à la moitié de la lumière que de prostituer leur visage tout entier ».
Son propos exagérait d'ailleurs la voilure des femmes d'Arabie . Quelques siècles plus tard , c'est carrément tête nue , cheveux aux vent , que les épouses de Mohammed , prophète de l'islam , se balladaient chez les mecs de La Mecque . Certes , cela choquait les voileurs , en particulier le futur calife Omar qui déclara à Mohammed : " Depuis que mes femmes fréquentent les tiennes , elles osent me regarder dans les yeux quand je les bâts ! ".
Mais voilà , c'est en orient où la pratique du voilage date de la nuit des temps , que la plupart des chrétiens ont adopté l'islam. En son temps , Jean Mansûr alias Saint-Jean Damascène qualifiait d'ailleurs l'islam de 101ème secte chrétienne , tout en restant personnellement fidèle à l'église de Constantinople. Au palais du calife Mu'awiyya , à Damas , il commença par être le compagnon de jeux du futur calife Yazid , avant de devenir ministre des finances et Grand Vizir de plusieurs califes ommeyades , lesquels demeurèrent fidèles à la devise oecuménique de Mu'awiyya : "A chacun sa religion ! ". Celle du grand vizir Jean Mansûr était un peu différente de la 101ème des califes , puisqu'il est l'un des 33 docteurs de l'église homologués par le Vatican.
En occident , n'en déplaise à Tertullien , et à Saint-Paul lui-même , le voile s'est réduit de plus en plus à un fichu pour aller sous la pluie ou à la messe.
Benoît XVI qui s'est fait remarquer comme opposant à la capote , n'a jusqu'ici pas pris position au sujet du voile , toutefois c'est un grand admirateur de Tertullien.