Auteur Sujet: A la mémoire de Pierre Gueguen , Marc Bourhis , et leurs camarades suppliciés.  (Lu 1212 fois)

Momo

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Ces deux Bretons on fait partie comme Guy Môcquet , des 27 fusillés de Chateaubriant , le 22 octobre 1941. Ils sont parfois présentés comme trotskystes , mais certains anciens contestent cet étiquetage . Quoi qu'il en soit , ils étaient des communistes critiques .

Marc Bouhris qui avait quitté le PCF en 33 était militant du PSOP de Marceau Pivert au sein duquel il était peut-être en contact avec des trotskystes . Il était surtout l'animateur de l'Ecole Emancipée dans le Finistère , c'est-à dire de la tendance syndicale révolutionnaire  majoritaire à cette époque chez les enseignants. Marc Bourhis était également adjoint de Pierre Gueguen ,  Maire communiste de Concarneau .

En 1939 , Pierre Gueguen s'insurge contre l'ignominie du pacte germano-soviétique et rompt avec le PCF , ce qui entraine également la rupture au sein du Conseil Municipal de Concarneau. Pierre Gueguen est exclu du PCF avec l'accusation de déviationnisme trotskyste.

Comme vous le savez sans doute , le Sarkozy qui s'est emparé de la lettre de Guy , a refusé à  la famille de Guy tout contact avec ses services



Voici l'hommage de René-Guy Cadou aux 27 fusillés de Chateaubriant ainsi qu'à Max Jacob

À la mémoire de mon ami
Max Jacob
assassiné

Les fusillés de Châteaubriant

Ils sont appuyés contre le ciel
Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel
Avec toute la vie derrière eux
Ils sont pleins d'étonnement pour leur épaule
Qui est un monument d'amour
Ils n'ont pas de recommandations à se faire
Parce qu'ils ne se quitteront jamais plus
L'un d'eux pense à un petit village
Où il allait à l'école
Un autre est assis à sa table
Et ses amis tiennent ses mains
Ils ne sont déjà plus du pays dont ils rêvent
Ils sont bien au-dessus de ces hommes
Qui les regardent mourir
Il y a entre eux la différence du martyre
Parce que le vent est passé là où ils chantent
Et leur seul regret est que ceux
Qui vont les tuer n'entendent pas
Le bruit énorme des paroles
Ils sont exacts au rendez-vous
Ils sont même en avance sur les autres
Pourtant ils disent qu'ils ne sont pas des apôtres
Et que tout est simple
Et que la mort surtout est une chose simple
Puisque toute liberté se survit.

.
René Guy Cadou (1920-1951), in Pleine Poitrine, 1946. Repris dans Poésie la vie entière, Seghers, Œuvres poétiques complètes, 1978, p. 169
 

Hors ligne W catharos

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Salut camarade Momo,

Marc Bourhis et Pierre Gueguen étaient des militants communistes, et ils ont été fusillé...

Dans le fil Mémoires de Résistants... Ou Histoires de Partisans sans uniformes... dans la rubrique histoire j'avais écrit ceci...

Depuis quelques temps on peut lire en dernière page de "l'Humanité", des articles intitulés "mémoires de résistants"... Il est clair qu'en une page, il est difficile de résumer le parcour d'un partisan, certains sont plus ou moins connu(e)s, mais il me semble important d'en diffuser quelques uns au moins un, qui fut le symbole de cette lutte, qui fit du Parti, le "Parti des fusillés"...

Il est clair que l'on ne vera pas la biographie de "Blasco", le camarade Tresso, assassiné par les FTPF, de Marcel Hic, Marc Bourhis et Pierre Gueguen  ou bien d'autres, ni ceux d' "Arbeiter und Soldaten" perdus dans "minuit dans le siècle", qui militaient dans l'armée allemande, à l'heure où le PCF proclamait " A chacun son boche"...

En tout cas, tu a raison, camarade Momo, il est nécessaire de sortir, Marc Bourhis et Pierre Gueguen, de l'ombre et de la nuit.


Pierre Gueghen


Marc Bourhis

Pour compléter ce sujet et faire un point sure la polémique, je mets ici un article de l'Humanité, du 18 octobre 2003, pour bien montrer que  PCF s'il revendique toujours les camarades Marc Bourhis et Pierre Gueguen, il ne considère plus ? que les soit disant "Hitléro - Trotskistes", soient vendus à la Gestapo, et ont pu résister !

Châteaubriant. Sur les pas de Pierre Guéguin, ancien maire de Concarneau

Le 22 octobre 1941, Pierre Pucheu, ministre de l'Intérieur de Pétain, livrait aux pelotons d'exécution de l'occupant nazi vingt-sept patriotes.

Le 19 octobre, à 14 heures, dans la Carrière de Châteaubriant, se déroulera la cérémonie annuelle célébrée en mémoire des vingt-sept otages fusillés par les nazis, le 22 octobre 1941 (1). Soixante-deuxième anniversaire. On a, depuis, beaucoup appris sur les martyrs de Châteaubriant.

On sait que la liste en avait été soigneusement dressée par Pierre Pucheu, ministre de l'Intérieur du régime de Pétain. Qu'elle était représentative de toutes les branches d'activité (exception faite des PDG et actionnaires !) : de l'étudiant (Guy Môquet, Claude Lalet) à l'ouvrier (Jean-Pierre Timbaud, métallurgiste ; Désiré Granet, secrétaire de la Fédération CGT du papier-carton) et au médecin (Maurice Ténine). On sait qu'il y avait, parmi eux d'anciens combattants de la Première Guerre mondiale (notamment Jules Vercruysse, blessé de la face, croix de guerre très lourde à porter et médaille militaire) et d'anciens élus (Charles Michels, secrétaire de la Fédération CGT des cuirs et peaux, élu député du 15e arrondissement de Paris en 1936 ; Jean Grandel, ancien secrétaire de la Fédération postale CGT et ancien maire de Gennevilliers). On sait qu'il y avait même, parmi les victimes désignées un " représentant " du vaste empire colonial (Huynh-Khuong An). Et qu'au nombre figuraient le secrétaire du Syndicat des produits chimiques de la région parisienne Jean Poulmarc'h ; Raymond Tellier, imprimeur ; Titus Bartoli, instituteur à la retraite ; Henri Barthélemy, retraité, lui aussi, mais des chemins de fer. On sait l'ultime amour, tourné court, de Guy Môquet, et les cadeaux confectionnés avec les moyens du bord du gouffre, en particulier une poupée destinée à sa fille, par Timbaud. On sait leurs dernières lettres et leurs ultimes messages...

Encore une fois tous les secteurs d'activité. Et toutes les générations. Bartoli et Barthélemy avaient cinquante-huit ans ; David Émile, mécanicien-dentiste dix-neuf ans ; Claude Lalet, vingt et un an. Le plus jeune, Guy Môquet, n'était âgé que de dix-sept ans ; il était l'enfant de Prosper Môquet, ancien député communiste du 17e arrondissement de Paris, déporté, comme vingt-six autres parlementaires communistes, en Algérie. Le pacte germano-soviétique - mais, en l'occurrence, tout autre prétexte aurait fait l'affaire (contre l'Allemagne hitlérienne, toutes les tentatives d'alliance de l'URSS avaient échoué, et, en France, l'idée que mieux valait Hitler que le Front populaire prévalait dans les milieux dirigeants) - avait été le signal de départ d'une répression d'une rare violence... Il conviendrait, de fait, de citer un à un les vingt-sept. Leur dénominateur commun était leur engagement syndical, et, pour la majorité, communiste. Ils avaient été condamnés dans l'" esprit " d'une loi datée du 14 août 1941, instituant une juridiction spéciale, mais vraisemblablement promulguée après l'attentat de Pierre Georges (le colonel Fabien, " ancien " des Brigades internationales d'Espagne) à la station de métro Barbès (21 août 1941 ; mais les nazis n'avaient pas attendu Fabien pour fusiller !). De Châteaubriant et de ses fusillés, on a appris beaucoup. On n'ignore plus que le commandant du camp, le sous-lieutenant Touya, avait préalablement exercé ses talents dans le camp de Gurs, tristement célèbre. Et qu'il s'en flattait volontiers.

Depuis l'an dernier, pourtant, nous en savons davantage sur l'une des cibles de Pucheu. De fait, il y a un an, nous pensions que le ministre de Pétain avait adjoint au " lot " des syndicalistes et des membres du PCF deux trotskistes : l'instituteur Marc Bourhis et... Pierre Guéguin, ancien maire de Concarneau. Il se trouve que Pierre Guéguin a eu un fils, lui aussi prénommé Pierre, aujourd'hui encore membre du PCF. Avec son aide, un enseignant breton, Marc Morlec, a écrit un fort intéressant ouvrage intitulé Filets bleus et grèves rouges (2). Avec, pour sous-titre : Concarneau, de la grande guerre au Front populaire. Il y est question de la deuxième municipalité socialiste du Finistère (1911-1919), et d'Alphonse Duot (1875-1964), patron pêcheur, propriétaire du bateau Lénine (sur lequel navigua, dit-on, Charles Tillon, ancien mutin de la mer Noire, futur responsable des FTPF) ; Alphonse Duot, fondateur et secrétaire de la section CGTU des marins pêcheurs de 1918 à 1939, maire de Concarneau de 1918 à 1919, puis de 1944 à 1945. Marc Morlec, dans son livre, évoque la lutte du " bloc des rouges " contre le " bloc des blancs " ; la " montée en puissance du Parti communiste " qu'il date de la période allant de 1925 à 1929 ; l'échec, en juin 1925, de la tentative de création d'un syndicat de l'alimentation et de la conserve ; l'appel, le 21 juillet 1925, de Dubessy, fondateur de la cellule concarnoise du PCF, contre l'occupation de la Ruhr et la guerre du Rif ; la grève des ouvriers du bâtiment (du 2 janvier au 6 février 1929) ; et l'émergence, dans la vie politique, de Pierre Guéguin, " professeur de mathématiques à l'école primaire supérieure (EPS) de Concarneau depuis 1926 ".

Pierre Guéguin était ce que nous appellerions aujourd'hui, pour dire vite, un " communiste critique ". Il était né, le 18 août 1896 à Quimerc'h, dans le centre du Finistère, au sein d'une famille d'instituteurs. Il avait un frère instituteur et une sour. Il avait fini la guerre 14-18 avec le grade de lieutenant. S'était marié, le 7 janvier 1918, à une jeune sténodactylo de l'état-major brestois de la marine, Joséphine Naour, qui allait lui donner deux enfants (Pierre, né en 1919, et Mado, née en 1926). Selon Marc Morcel, il s'était opposé à la politique de " front unique ". Sur le terrain des luttes, en mars 1929, il avait soutenu l'action menée par Marie Ferrec et le syndicat de l'alimentation et de la conserverie. Quelques photographies nous restituent ses traits, ainsi que peuvent le faire d'anciennes photos : si l'on fait abstraction des lunettes d'autrefois et de la petite moustache qui lui donnent un air un peu austère, un peu sévère, c'est un homme aux traits réguliers, plutôt souriant, jeune qui apparaît. Costume croisé, cravate, il pose entre Marcel Cachin et une Bretonne vêtue d'un costume traditionnel, lors de la Fête de la Bretagne ouvrière, paysanne et maritime, le 1er août 1937. Un an plus tôt, il figure sur une photo de groupe, au côté de Tanguy Prigent, le plus jeune député SFIO de France. Un an auparavant, le 19 mai 1935, Pierre Guéguin avait été élu maire de Concarneau. D'autres photos nous le donnent à voir tel qu'il se présentait à Châteaubriant. Les lunettes et la petite moustache demeurent. Un pull et un pantalon de couleur claire mais passablement usés ont remplacé le costume croisé. La cravate a disparu. Sur l'un des clichés, il tient serrés contre sa hanche gauche des documents, une sorte de dossier.

Entre-temps, Pierre Guéguin s'est opposé au pacte germano-soviétique. Selon Marc Morlec, il est " le seul élu communiste du Finistère " à avoir fait ce choix qui " provoque la scission du conseil municipal ". Marc Bourhis, instituteur à Trégunc, animateur de l'École émancipée, est l'un de ses adjoints à la mairie depuis 1935. En rupture avec le PCF depuis 1933, Bourhis adhère du PSOP de Marceau Pivert en 1939.

Le 5 septembre de cette année-là, Pierre Guéguin est à nouveau mobilisé : quatre jours plus tôt, il a désavoué le maire, Alphonse Duot ; " malgré sa déclaration contre le pacte germano-soviétique, et en vertu des décisions du gouvernement Daladier, Guéguin perd aussi son siège de conseiller général " ; comme tous les élus du PCF, " il est écarté de tous ses mandats électifs le 11 mars 1940 ". Démobilisé le 31 juillet de la même année, il est arrêté, le 2 juillet 1941, par les gendarmes de Concarneau, après la rupture du pacte germano-soviétique et l'attaque des troupes nazies contre l'URSS, en même temps qu'Alain Le Lay " qui mourra à Auschwitz ". La nouvelle de l'entrée en guerre de l'Union soviétique a, selon Pierre Guéguin fils, modifié la perception des événements du professeur de mathématiques et de Marc Bourhis, également démobilisé. Les deux hommes ont fêté ce changement autour d'une table, le 23 juin, au cours d'un " meeting " improvisé, au café Chez Arthur, à la pointe de Trévignon. La suite va, pour ainsi dire, d'elle-même. Guéguin et Bourhis se retrouvent internés dans le camp des prisonniers politiques de Choisel (Loire-Atlantique), où, entre autres se trouvent Charles Michels, Fernand Grenier, Léon Mauvais, Eugène Kerbaul, Jean Poulmarc'h, Eugène Hénaff, et les autres. Selon Marc Morlec, Guéguin et Bourhis ont été tenus " à l'écart " par les autres détenus qui leur battaient froid. Selon la même source, il a pourtant donné aux autres internés des cours de mathématiques, et participé à des matchs de football organisés dans le camp. L'auteur de Filets bleus et grèves rouges ajoute que, contacté par Eugène Kerbaul, Guéguin aurait " retrouvé la confiance des camarades du Parti ". Quoi qu'il en soit, Marc Bourhis, trotskiste, qui, écrit Marc Morlec, avait " eu une possibilité réelle et sûre de fuir ", a préféré accompagner dans la mort Pierre Guéguin.

Celui-ci tomba à 16 heures, le 22 octobre. La première salve des assassins avait retenti à 15 h 55. La troisième à 16 h 10. Marc Morlec ajoute qu'on retrouva les lunettes de Pierre Guéguin " en contrebas des poteaux d'exécution ", et qu'elles furent restituées à la famille. Celle-ci prit connaissance de la tragédie en lisant un avis allemand paru dans la Dépêche de Brest. Qu'avait " vu " Pierre Guéguin, sa dernière heure venue, lui qui jamais n'avait démissionné ?...

Jean Morawski

(1) La cérémonie, cette année, sera présidée par Odette Niles, présidente de l'Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé, et Alain Hunault, maire de Châteaubriant ; avec la participation de Patrick Le Hyaric, membre du Bureau exécutif du Comité national du PCF, d'un représentant du gouvernement, et de Raymond Saulnier, membre du Bureau national de l'ANACR.

(2) Livre publié par les Éditions Skol Ureizh (L'École bretonne), Motroules/Morlaix, 2003.

« Modifié: 29 janvier 2011 à 14:48:06 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
Saint Just

"Il n y a pas cinquante manières de combattre, il n' en y a qu'une c'est d"être vainqueur"
Malraux

Momo

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Merci pour tes infos et les photos , camarade Wilhelm Catharos , mais j'aimerais savoir si tu as une preuve du trotskysme de Marc Bourhis . La récente conquête de l' Ecole Emancipée par des enseignants militants de la LCR n'est bien sûr pas rétro-active.

Les enseignants du Finistère  qui ont connu Marc Bourhis ne sont ni très jeunes ni très nombreux , toutefois ils ne se souviennent pas de lui comme d'un trotskyste.

Hors ligne W catharos

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Salut Momo,

Tu voudrais savoir...

"mais j'aimerais savoir, si tu as une preuve du trotskysme de Marc Bourhis"...

Cette question était posée dans la discussion de Wikipédia, pour la rédaction concernant l'article sur Pierre Gueguen et Marc Bouhris... (écrit - on Geguen ou Guéguin ?)

L'un des intervenants prenant source du Maitron, dictionnaire des militants du mouvement ouvrier amenait une réponse, et une piste... (le Maitron est des plus complet et très sérieux). Assez sûre pour Marc Bourhris, peu sûre pour Pierre Geguen, la réponse...

Sur le Maitron pour "Marc Bouhris":

"Il entre en relation avec les organisations trotskystes en 1935. Il organise et préside un meeting local du Parti ouvrier internationaliste le 29 décembre 1937. Ensuite, il entre avec des militants trotskystes au Parti socialiste ouvrier et paysan, le PSOP."

L'article du Maitron "Guéguin", de R. Prager est moins clair pour Pierre Geguen et son appartenance au Mouvement Trotskiste.

"Soumis aux attaques du PCF depuis septembre 1939, Guéguin rencontra de grandes difficultés à l'intérieur du camp où existait un collectif communiste très structuré, comprenant d'importants dirigeants venus de la région parisienne. Depuis la guerre ses liens avec Marc Bourhis, trotskiste notoire, arrêté en même temps que lui, étaient devenus encore plus étroits, y compris sur le plan politique. Tous deux furent l'objet d'une certaine quarantaine visant plus particulièrement Guéguin, " dont la situation était encore plus pénible que la mienne ", selon les dires de Bourhis à sa femme. Ancien interné de Châteaubriant, membre du PCF, Eugène Kerbaul admet que " les camarades refusaient de lui parler et, très ostensiblement, lui tournaient le dos ", mais déclare qu'il n'y avait pas eu de mot d'ordre de quarantaine contre Guéguin. Il est permis de s'interroger à ce sujet dans la mesure où le responsable interrégional du parti, Venise Gosnat, poursuivait à l'époque une active campagne contre la personne de Guéguin... La version selon laquelle Pierre Guéguin aurait donné son adhésion à la IVe Internationale ne peut être fondée sur aucune preuve, quelles qu'aient pu être les rapprochements politiques avec Marc Bourhis pendant la guerre. Son retour au PCF pendant son internement est également inexact. L'émissaire du parti chargé de le contacter déclare qu'il eut le sentiment d'une évolution depuis septembre 1939, le rapprochant du parti, à la suite du conflit germano-soviétique. Ces entretiens furent tôt interrompus par la fin tragique de Guéguin et on ne saurait préjuger de ses choix ultérieurs et de ceux du parti à son encontre. Notons la présence de la veuve de Guéguin et du père de Bourhis à la tribune d'un meeting du Parti communiste internationaliste, tenu à Concarneau le 19 octobre 1945, meeting violemment perturbé par des militants communistes, ce qui témoigne du trouble et de la tension engendrés par cette affaire."

En tout pour Marc Bouhris, pas de doutes... Il était trotskiste...

Salutations communistes,
Wilhelm catharos
« Modifié: 19 septembre 2010 à 20:33:47 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
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Momo

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Cher camarade Wilhelm Catharos je ne conteste pas l'intérêt du Maitron de Rodolphe Prager , mais je ne lui fais pas une confiance aveugle lorsqu'il s'agit de savoir si un communiste en conflit avec les staliniens a rejoint ou non , les trotskystes.

Pour Marc Bourhis , le qualificatif de "trotskyste notoire" est très probablement excessif , puisque les rares survivant(e)s parmi ceux et celles qui l'ont connu à l'EE du Finistère ne se souviennent pas de lui comme d'un trotskyste . Par contre , Raymond Prager est bien , lui , un trotskyste notoire et sans vouloir contester le sérieux de son travail , la tendance des trotskystes à vouloir considérer comme des leurs ceux qui se sont opposés aux staliniens est assez connue , sans compter que les staliniens collaient facilement le label trotskyste sans garantie d'authenticité , à leurs opposants.

Quand les chercheurs rennais ont étudié la documentation des années vingt et trente concernant Louise Bodin et Charles Tîllon , ils ont trouvé pas mal de documents qui les qualifiaient de trotskystes , mais Charles Tillon était encore vivant pour démentir . Ni lui ni la Louise n'ont été trotskystes  , cependant en raison de certains amalgames les amis de Boris Souvarine se sont retrouvés catalogués comme trotskystes . Il est tout-à-fait exact que Louise Bodin et Charles Tillon ont sympathisé avec Boris Souvarine au comité central du PCF sans toutefois le suivre dans sa rupture avec le parti.

C'est vrai qu'avec ses parents bistrotiers , Charles n'était pas du meilleur cru prolétarien , mais un peu bâtard sur les bords pour l'analyse de classe stalinienne. Dame , il n'était pas fils d'un copain à son père épicier comme le fils de mineur , Thorez. Pour la Louise c'était bien pire avec ses origines de classe à finir au goulag . Son mari était un professeur renommé de la faculté de médecine. C'est un peu pour çà que les bourgeois l'appelaient " la bolchevique aux bijoux " , tandis que pour les prolos de son parti , elle était " la bonne Louise" .

A mon avis , pour Marc Bourhis , un peu trotskyste peut-être avec des doutes , mais pas notoirement trotskyste.

J'oubliais ta question orthographique .
Il me semble avoir lu Pierre Gueguen à la sablière de Chateaubriant.
Je suis surpris de lire Pierre Guéguin sur les sites web , toutefois cette écriture francisée correspond bien à la prononciation du nom . Même en Bretagne l'orthographe du nom a pu être ainsi francisée , mais dans le finistère çà m'étonnerait.

Geguen doit exister aussi avec la même prononciation que Gueguen. Le u n'est pas nécessaire en brezhoneg , on lit "gue" aussi avec la graphie "ge". Et l'usage du u est complexe en brezhoneg . En effet , dans Le Guen le u se prononce , par conséquent ce n'est pas Le "Guin" mais Le "Gouenne"

Différence , gwen c'est blanc mais gwin c'est le vin en brezhoneg comme en latin ou presque ( vinum). Avec bara ( le pain ) et gwin ( le vin ) on peut baragouiner comme çà se dit en langue française.

Autrement , il faut faire attention à ne pas confondre mec'hed ( la fille ) avec mac'hed ( le cheval ) . Ici , le c'h se prononce comme la jota espagnole mais de manière plus rapeuse et gutturale . Au VIème siècle , c'est bien en lui disant " Tu montes avec ton cheval dans ta chambre" en brezhoneg , que les moqueurs accueillaient le fameux Maclou ( Mac Law ) alias Malo , évêque d'Alet , au retour de ses escapades sur l'île Canalc'h où il allait retrouver son amant , l'ermite Aaron . Finalement Malo se tira à Bordeaux et mourut à Saintes avant que naisse un peu plus tard le culte du Saint Malo . Devenue lieu de résidence d'un village de pêcheurs , l'île Canalc'h elle-même prit le nom de Saint-Malo . Un jour , le soudard Henri II Plantagenêt raya temporairement de la carte , l'illustrissime Alet dont l'évêque prudent s'était réfugié à Saint-Malo . Ensuite , le retour prévu des évêques d'Alet à Alet , n'eut jamais lieu . Alors Saint-Malo prit de l'ampleur et fut rattachée au continent par deux liaisons artificielles .
Après une longue rivalité avec Alet , son ainée , à travers les siècles , Saint-Malo l'a finalement emporté sur Alet absorbée par l'aglommération malouine en 1967.

Voici une photo récente de l'école de Marc Bourhis , à Tregunc . Elle porte son nom.

« Modifié: 20 septembre 2010 à 10:32:26 par Momo »