Auteur Sujet: 1910 - L'amour à la plage en Bretagne en attendant 1917  (Lu 930 fois)

Momo

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A l'époque les stations balnéaires étaient fréquentées par les aristos et les bourgeois friqués .

Les aristos anglais venaient à Dinard ( Nord-Bretagne ) .
Le tsar et sa cour allaient à Biarritz .

Lénine et Kroupskaïa optèrent pour Pornic ( Sud-Bretagne)
Nadejda Kroupskaïa, avait loué deux pièces à la villa Les Roses, située dans le quartier de Gourmalon. Pornic se situe à l'extrême sud de la Bretagne historique , dans le Pays de Retz au sud de la Loire . Et c'était une station balnéaire réputée à l'époque .

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Sur-les-traces-de-Lenine-a-Pornic...-100-ans-apres-_44131-avd-20100116-57491861_actuLocale.Htm

La visite guidée à 5€ ( 2,5€ pour les mômes )

C’est une carte postale représentant la plage de Pornic ( femme en robe blanche, enfants qui jouent, groupe assis qui regarde l’objectif ) , signée de la main de l’auteur de Que faire ? , qui a attiré l'attention de deux nantais en 1963 . Ils visitaient le Musée Lénine de Moscou où cette carte postale étaient exposée .

A propos , ils étaient bien aristocrates l'un et l'autre , Lénine et Kroupskaïa , contrairement à Trotsky , le fils de paysans ukrainiens plus ou moins juifs sur les bords . Ce n'était quand même pas la misère puisque le père de Trotsky qui avait fait fortune dans le commerce des grains était proprio de 100 hectares et en louait 300 autres pour en exploiter 400 en tout .

Pensez-vous que c'était vraiment la révolte contre la misère des humbles qui motivait le combat politique des bolcheviks ?

Pour louer deux pièces à la villa Les Roses à Pornic , en 1910 , il fallait théoriquement disposer de beaucoup plus de pognon que les modestes rentes dont Lénine et Kroupskaïa étaient censés vivre . Certains racontent que Staline finançait le couple Lénine-Kroupskaïa et le parti bolchevik . Demi-médisance ou non ? Je ne sais .

Il semble bien que Lénine entretenait avec Staline une relation privilégiée et que ce soit Lénine lui-même qui ait favorisé l'ascension politique de Staline . Bien sûr , moribond il a écrit une lettre défavorable au grossier Staline qui s'était permis de dire à Kroupskaïa que le fait de partager le lit de Lénine ne lui donnait aucun droit politique. Connaissant le barbare Staline , on peut conclure qu'il savait déjà que le parti était sous sa gouverne lorsqu'il fit à Kroupskaïa le commentaire inconvenant sucitant la réaction écrite de Lénine.

Ce n'est évidemment pas avec sa "fortune familiale" que Staline se faisait financier , mais grâce au produit des hold up d'un certain Kamo qui lui était tout dévoué . Staline préparait avec soin les attaques de banques mais il n'y participait pas . Son fidèle exécutant Kamo s'en chargeait et lui ramenait la tune. Considérer Staline comme un petit malfrat c'est commettre l'erreur de le sous-estimer , Staline fut un grand malfrat .

La question dérangeante , c'est : " Lénine complice ? "
Je sais qu'elle peut choquer cette question , mais il faut bien la poser , non ?
« Modifié: 30 août 2010 à 22:04:57 par Momo »

Hors ligne Delapaille

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Re : 1910 - L'amour à la plage en Bretagne en attendant 1917
« Réponse #1 le: 02 septembre 2010 à 12:32:00 »
De mes lectures je trouvent certaines de tes conclusions un peu simplistes.

Pas concernant Staline qui,, encore plus qu'un grand malfrat peut-être à mon avis comparé à un mafieux de la pire espèce, que l'opportunisme à amener pour son plus grand bonheur au sein du parti Bolchévique.
Mais des opportunistes de cette espèce, il y en a partout, une sorte de gangrène quoi, seule l'accès au pouvoir lui a permis de dépasser, d'exploser, les limites habituelles de ce type d'individu (il y a bien d'autres exemples dans l'histoire).

Lénine complice ?
J'ai un sérieux doute en lisant les correspondances de Lénine et autres Bolchévique de l'époque.
Certes lors de la révolution et après, Lénine avait une sorte de respect voir d'admiration pour l'efficacité bureaucratique de Staline, qualité très utile lorsque l'on doit former un gouvernement et gérer un pays à partir de rien et dans des conditions abominables.

Ce respect était loin de s'étendre aux question idéologiques et politiques, il est avéré que Lénine à du reprendre à de nombreuse reprises Staline et sa déjà naissante clique sur des questions politiques de première importance.
Ensuite il est n'y a nulle part trace d'un Lénine souhaitant voir Staline prendre la place de premier secrétaire, jusqu'au "testament" où Lénine semble même rejeter cette idée (pour une raison d'égo ? Je doute puisqu'il n'a jamais poussé l'individu vers cette place et connais ses faiblesses idéologique).

Reste que Lénine, Trotsky et tous leurs compagnons révolutionnaires ont participé à la mise en place des conditions objectives qui ont amené un individu aussi répugnant que Staline au pouvoir pour le résultat que l'on sait.

Mais loin d'être une "complicité" cela est le résultat plutôt logique (fatalité ?) des conditions de la révolution de 1917 : Arriération des masses, guerre civile, guerre extérieure, misère etc.

Enfin concernant les penchants "bourgeois" de Lénine c'est assez fumeux comme raisonnement, même si ça reste plausible, si Lénine venait d"un milieu aisé il ne voyait pas forcément les choses de la même manière qu'un pauvre, mais un simple survol de ses écrits ne laisse pas le moindre doute sur le fait que ce soit un marxiste des plus aboutis et convaincu (mais nul n'est parfait).
Fraternellement,

PASCAL C.

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Re : 1910 - L'amour à la plage en Bretagne en attendant 1917
« Réponse #2 le: 04 septembre 2010 à 04:22:18 »
Aïe, les direants révolutionnaires prennent des vacances, un vrai scandale!
Lenine et Trotsky bourgeois (et tout le parti bolchevik) c'est une idée qui n'est pas neuve, on la trouve chez les communistes dits "de gauche" comme Maximilien Rubel (par exemple dans son livre sur Staline), le même qui a fait de Marx le leader de l'anarchisme au lieu de Bakhounine, mais c'est vrai qu'ils défendaient déjà l'idée - développée par la suite par Tony Cliff - du "capitalisme d'état"...

Salutations communistes
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Momo

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Re : 1910 - L'amour à la plage en Bretagne en attendant 1917
« Réponse #3 le: 04 septembre 2010 à 23:32:52 »
Bon , çà peut aller . Chez les stals purs et durs ou plus durs que purs , un tel manque de respect du demi-dieu Lénine , m'aurait sûrement valu d'être éjecté comme nervis social-fasciste ou pire .

Pour vous rassurer , en 1910 à Pornic , Lénine , sa femme et sa belle-mère , étaient des invités à la villa aux roses , par ses proprios , c'est-à-dire par le Parti Socialiste Unifié.

Avant de s'installer dans cette maison, la femme et la belle-mère de Lénine ont séjourné à la colonie « Le Grand air », propriété du Parti socialiste unifié, l' ancien hôtel de la Plage. L'inauguration eut lieu le 15 août 1910 en présence de la fédération socialiste nantaise. Plusieurs orateurs du PSU ont pris la parole dont, MM. Oustry, avocat, Dubrouilh secrétaire du PSU, Lauche et Albert Thomas, députés socialistes. »

Nadejda Kroupskaïa en parle dans « Ma vie avec Lénine »., mais elle croyait que c'était en vendée . Faut pas déconner , c'est en Bretagne , Pornic . Elle s'y est fait un peu chier , la Nadejda . Enfin , voilà ce qu'elle raconte: "  J'y allai avec ma mère. Notre vie dans la colonie ne s'arrangea pas comme il aurait fallu. Les Français menaient une vie très fermée, chaque famille se tenait à l'écart des autres, à l'égard des Russes on témoignait une certaine animosité. »

Voilà ! Les Français se font remonter les bretelles , mais elle ne dit pas de mal des Bretons , Nadejda.

La DST a demandé aux proprios de la villa Les Roses , à Pornic , de ne pas la vendre aux Russes , et je ne devine pas pourquoi .  Le gouvernement français avait la trouille que les Russes, qui tournaient dans le coin pour faire du renseignement, achètent la villa. Un agent  de la DST  a rencontré les propriétaires, un couple d'enseignants. Il leur a fait part de sa mission et  leur a demandé de le prévenir en cas de propositions d'achat de leurs biens.

« Modifié: 05 septembre 2010 à 18:12:05 par Momo »

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Re : 1910 - L'amour à la plage en Bretagne en attendant 1917
« Réponse #4 le: 08 septembre 2010 à 01:18:30 »
Citer
Chez les stals purs et durs ou plus durs que purs , un tel manque de respect du demi-dieu Lénine , m'aurait sûrement valu d'être éjecté comme nervis social-fasciste ou pire .

Mais comme tu n'es pas chez les stals, ni purs et durs ni impurs et mous, la question ne se pose pas. N'empêche que j'ai l'impression qu'il y a quand même un peu de provoque dans tes posts, histoire de voir jusqu'ou arrive la patience...

Salutations marxistes
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« Modifié: 08 septembre 2010 à 01:21:03 par fireball »
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Re : 1910 - L'amour à la plage en Bretagne en attendant 1917
« Réponse #5 le: 12 septembre 2010 à 10:01:23 »
Marx, dans les manuscrits de 1844, donne 3 définitions du communismes dont l'une est: le "communisme grossier"

en gros, c'est un communisme qui ferait de tous les hommes des prolétaires au sens capitaliste du terme, c'est-à-dire tous égaux car tous pauvres....

Tous ça pour te dire que communiste ne veut pas dire renier tous les bons plaisirs, même les plaisirs gardé jalousement par la bourgeoisie...

Je connais d'ailleurs quelques bons communistes qui aiment le bon vins bourgeois de bordeaux! les salauds ;D ;D ;D ;D ;D
Chez eux, la fraternité humaine n’est pas une phase mais une vérité, et la noblesse de l’humanité brille sur ces figures endurcies par le travail. »

Momo

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Re : Re : 1910 - L'amour à la plage en Bretagne en attendant 1917
« Réponse #6 le: 14 septembre 2010 à 22:09:58 »
Marx, dans les manuscrits de 1844, donne 3 définitions du communismes dont l'une est: le "communisme grossier"

en gros, c'est un communisme qui ferait de tous les hommes des prolétaires au sens capitaliste du terme, c'est-à-dire tous égaux car tous pauvres....

Tous ça pour te dire que communiste ne veut pas dire renier tous les bons plaisirs, même les plaisirs gardé jalousement par la bourgeoisie...

Je connais d'ailleurs quelques bons communistes qui aiment le bon vins bourgeois de bordeaux! les salauds ;D ;D ;D ;D ;D

Moi aussi , j'ai un penchant pour les bons repas entre ami(e)s avec un p'tit coup de pinard .

Et tu as raison , pour les bonnes bouffes , les communistes n'ont rien à envier aux vieux rad-soc de banquets républicains.

De nos jours ma douce Bretagne armoricaine ne pèse plus que 2% du commerce international français par voie maritime . Pourtant c'est toujours une péninsule qui s'avance dans la Mare Aremorica ,  la mer plus fréquentée de la planète.

A rebours du temps qui passe , il y eut une époque où 90 % des bâteaux étaient bretons dans le port de Rotterdam . Dedans , il y avait certes les draps bretons , mais aussi beaucoup de vin de Bordeaux et de tout le littoral atlantique , jusqu'à Lisbonne et Cadix. . Il fallait bien tester le goût pour livrer tout çà en Europe du nord . Grâce à ses draps brodés et sa collecte de pinard , la Bretagne armoricaine était en ce temps là , la première puissance commerciale d'Europe par voie maritime .

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Re : 1910 - L'amour à la plage en Bretagne en attendant 1917
« Réponse #7 le: 15 septembre 2010 à 12:34:20 »
le même qui a fait de Marx le leader de l'anarchisme au lieu de Bakhounine, mais c'est vrai qu'ils défendaient déjà l'idée - développée par la suite par Tony Cliff - du "capitalisme d'état"...