Auteur Sujet: "Les enfants de Staline" d'Owen Matthews  (Lu 307 fois)

Hors ligne W catharos

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"Les enfants de Staline" d'Owen Matthews
« le: 18 juillet 2010 à 21:44:52 »
Chers camarades,

"Les enfants de Staline" d'Owen Matthews, traduit de l'anglais, par karine Reignier, est un livre interessant, pas nouveau dans le genre, mais un témoignage prenant, bien écrit, une autobiographie familiale en URSS dans un climat stalinien...



Pour sûr, l'auteur n'est pas communiste, mais bon, les souvenirs romancés reste intéressant, même si cela n'est en rien une oeuvre historique évidemment...
 
Les critiques font la filiation avec Pasternak et Soljénitisne, moi, je préfère Victor Serge comme réference en la matière, cette histoire de survie et de redemption familiale...

Bref au coeur de Moscou dans les années 90, Owen l'auteur, retrouve les traces de son passé...

Le parcours de "l'homo Soviéticus" Boris Bibinov son grand père, héros de la Collectivisation et liquidé en 37 pour trotskisme et attitude droitiste (dans la glause bien stalinienne),  Ludmila sa mère orpheline et dans la tourmente de la guerre réfugiée dans des orphelinats sordides, Merwyn, son père un anglais russophile, qui communique et se marie enfin avec la dite ludmila... après son refus de travailler pour le KGB...

Comme l'auteur le dit d'entrée "j'ai parlé russe avant de parler anglais"... On y voit à travers le prisme familial, l'histoire d'une URSS bouleversée, comme le dit Pouchkine, je reprendrai cela pour ce bouquin "c'est là que souffle l'âme russe. Là ça sent la Russie"... Ce roman sent le vrai... Comme dit le bolchevik Bibinov : "Nous n'avons pas le droit d'être faible... La vie nous briserait net, et personne n'entendrait nos pleurs..." Et l'auteur de rappeler cette phrase tragique de Kundera " la lutte de l'homme contre le pouvoir est celle de la mémoire contre l'oubli"...

Cette histoire est un peu l'histoire de millions de soviétiques, et d'entré on rencontre Bibinov qui avait écrit à la craie sur les toilettes de son usine "réalisons le plan, les gars !"

A travers la collectivisation forcée, la guerre, le stalinisme, voilà un texte sans prétention à lire...

Et comme le dit l'auteur...

"Aux yeux des russes, je suis donc qu'un imposteur. Parce que je n'ai pas assez souffert, et parce que je ne me sens pas le droit de prononcer les jugements sur la vie et le destin qu'ils attendent de tout écrivain digne de ce nom. Je me suis efforcé d'être honnête et d'énoncer la vérité mieux que possible(...) Mais en ecrivant l'histoire d'une poignée de gens remarquables, immergés dans une époque de folle cruauté, en racontant comment ils ont réussi à survivre, à s'aimer et à être heureux malgré tout, j'espère avoir mis mot un peu sur leur extraordinaire humanité."

Fraternellement,
W catharos
« Modifié: 13 mars 2011 à 15:39:13 par W catharos »
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