Camarade Ulrich
tout d'abord je te remercie de poser la question et d'être aller explorer le site web du CCI(T). La confrontation des positions des uns et des autres doit se faire très tranquillement entre militants ouvriers.
Ceci dit, je pense que la différence essentielle avec La Riposte provient de notre analyse des appareils du mouvement ouvrier (politiques et syndicaux) et de leurs liens effectifs avec les travailleurs et les masses. Or, autant il est important de militer dans les syndicats réformistes (cf. toute la littérature des 4e premiers congrès de la 3e) car ils conservent (singulièrement la CGT) des liens avec la classe, autant pour ce qui est du PS et du PC on ne peut plus en dire autant. Ce sont devenu de véritables repoussoirs qui ne sont plus utilisé que durant les élections (et par un nombre limité de travailleurs : cf la vague d'abstention depuis 2009 qui vient y compris de "couter" cher au PCF dans plusieurs élections intermédiaires)...En aucune façon ils ne peuvent être la matrice d'un parti révolutionnaire en devenir. C'est se bercer d'illusions. Tout comme les courants qui pensent qu'en construisant le NPA ils sont en train de construire le POR. Pour autant nous ne disons pas que le PC et le PS sont des parti bourgeois (en l'absence d'une organisation pouvant nationalement présenter une candidature à l'élection présidentielle, nous avons appliquer une tactique de front unique qui je te le dis tout de suite sera impossible pour le compte du PS si le candidat du PS est DSK). Ce sont des partis ouvriers-bourgeois (et les principaux obstacles à la construction d'un parti révolutionnaire de poids) dont les directions sont - et plus particulièrement pour le PS- sont bourgeoises. La situation a bel et bien évolué depuis la chute de l'URSS et les relations entre les masses et les appareils ne sont plus identiques. Mais même en imaginant qu'on soit avant 1989, en prenant l'expérience anglaise de The Militant au sein du Labour Party, on ne peut pas dire que cela soit une franche réussite. 20 après rien ne s'est dégagé politiquement et le Labour comme tout les partis réformistes européens vont de plus en plus à droite alors que les masses européennes face aux conséquences de la crise du capitalisme vont de plus en plus à gauche.
Ci-joint pour terminer ce passage d'un des textes programatiques d'une de nos conférences (sept 2008) qui explique encore mieux cette perspective immédiate de construction de POR (et d'une Internationale)
Dans tous les cas le débat est ouvert
PS : je me trompe peut-être mais il me semble qu'en GB "Socialist Appeal" se construit à l'extérieur du Labour ?
La faillite avérée des partis sociaux-démocrates et exstaliniens,
leur décomposition plus ou moins avancée,
combinées avec les réactions de la classe ouvrière et de la
jeunesse aux prises avec les effets désastreux de la crise du
capitalisme, laisse un trou béant. Cet espace politique est
l’enjeu fondamental de la période qui s’est ouverte entre d’un
côté tous les candidats à occuper la place du réformisme et de
l’autre côté les militants révolutionnaires construisant le POR
pour la prise du pouvoir.
Mais il est inévitable, compte tenu du poids et de la surface
politique des uns et des autres, que la fraction la plus décidée
de la classe ouvrière et de la jeunesse se tourne d’abord vers
les organisations qui, tout en critiquant l’aplatissement des
vieux partis ouvriers bourgeois devant le capitalisme,
reprennent à leur compte des éléments des programmes et des
revendications que les partis staliniens et réformistes
défendaient il y a 30 ans pour chevaucher cette recherche
d’une organisation révolutionnaire et mieux la dévoyer dans
les marécages du partage des richesses et des luttes tous
azimuts. Pas plus Die Linke en Allemagne que le NPA en
construction en France à l’initiative de la LCR ne sont les
embryons du POR, ce ne sont même pas des organisations
centristes, oscillant entre le réformisme et la révolution.
Ces organisations sont constituées par les flancs-gardes des
staliniens et des sociaux-démocrates, voire par des fractions en
« dissidence » de ces partis, précisément pour empêcher la
construction d’un véritable POR. Ce qui caractérise le fait que
ces organisations soient candidates à occuper la place du
réformisme contre la révolution, c’est que leurs programmes,
leurs propagandes, leurs interventions dans la lutte de classe,
évitent soigneusement de poser la question de la prise du
pouvoir par la classe ouvrière, du gouvernement ouvrier.
Mais, en l’absence de POR ou même d’un regroupement
suffisant de militants révolutionnaires, c’est d’abord vers ces
organisations que les regards se tournent. Autant il ne faut
nourrir aucune illusion sur leur nature, autant nous devons en
tenir compte dans la manière dont nous nous disposons vis-àvis
des travailleurs et jeunes qui se tournent vers elles. Ce
serait une profonde erreur de « rester sur notre Aventin »,
d’attendre que les masses fassent leur expérience, qu’elles en
reviennent déçues et se tournent enfin vers nous, reconnaissant
ainsi ceux qui les avaient bien prévenues... Sans nous
dissoudre, sans renoncer à une once de notre programme, il
faut au contraire trouver les formes pour dialoguer avec ces
travailleurs et jeunes, pour nous insérer dans leur recherche
d’une orientation révolutionnaire.