Auteur Sujet: La Riposte : éditorial du numéro 59  (Lu 337 fois)

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La Riposte : éditorial du numéro 59
« le: 14 novembre 2011 à 18:42:05 »
Salut camarades,

En invitant les camarades du forum à s'abonner s'ils ne l'ont pas fait encore, voici l"éditorial du numéro 59 du journal La Riposte...  :)

Ils reste des Bastilles à prendre, elles portent d'autres noms, qu'importe...

Les nouvelles Bastilles à prendre - Edito du n°59
14-11-2011



Si la France ne se trouve pas dans la même situation que la Grèce, c’est parce que Sarkozy a su prendre les bonnes décisions et mettre en œuvre les bonnes réformes. Qui le dit ? Sarkozy lui-même, naturellement. Dans le bilan dont il est manifestement si fier, il doit penser à la dégradation des retraites, aux dizaines de milliers de professeurs en moins dans les écoles, à la montée en flèche du chômage et de la « grande misère », aux exonérations fiscales pour les plus riches, à la stagnation de l’économie ou encore au déficit commercial le plus important dans l’histoire de la France (70 milliards d’euros prévus en 2011). Le capitalisme français se porte – admettons-le – un peu mieux que le capitalisme grec, pour le moment. Car l’Espagne et l’Italie ne sont pas loin du scénario grec – et la France, avec 1 650 milliards d’euros de dette publique, n’est pas loin des scénarios espagnol et italien !

Il suffirait de peu pour que la dette française devienne « hors de contrôle », comme celle de la Grèce. Chaque année, elle augmente d’environ 150 milliards d’euros. Et malgré toutes les mesures pour faire des économies sur le dos des travailleurs, il s’est avéré impossible de la réduire. Initialement, Sarkozy voulait réduire le déficit public de 40 milliards d’euros en 2011. Il n’a pas atteint la moitié de cet objectif, ce qui ne l’empêche pas de demander un effort « supplémentaire » de 20 à 22 milliards. Le très conservateur journal du monde de la finance, le Financial Times, applaudit les nouvelles mesures d’austérité décidées par Sarkozy, mais constate leur insuffisance, qu’il impute à l’approche des échéances électorales. Il ajoute : « Que ce soit Nicolas Sarkozy, le candidat centre-droit, ou un candidat socialiste qui remporte l’élection présidentielle, le gagnant fera face à des décisions difficiles concernant les dépenses publiques et l’avenir de la protection sociale. »

Ne serait-ce que pour inverser la tendance et entamer une phase de désendettement, ce n’est pas 20, ni 40 milliards d’économies par an qu’il faudrait, mais plus de 150 milliards ! Des coupes aussi drastiques dans les dépenses de l’Etat plongeraient automatiquement l’économie dans une grave récession. Déjà, le taux de croissance prévu pour le dernier trimestre de 2011 est de 0 %. Si, par contre, la dette continue de s’alourdir, la France se retrouvera avec un niveau d’endettement insoutenable. Le « scénario grec » n’est pas si loin que cela, d’autant plus que l’évolution de la dette publique française ne dépend pas uniquement – loin s’en faut – de la politique budgétaire qui sera menée en France. Une faillite de l’Italie ou de l’Espagne précipiterait celle de la France, à courte échéance. Notre « sauveur » Sarkozy n’a donc rien sauvé du tout.

Pour le président de la République, il faut « moins d’assistanat et plus d’investissement ». En langage clair : moins de soutien aux chômeurs et aux pauvres, moins d’argent pour la sécurité sociale et les retraites – et plus d’argent pour les « investisseurs » (les capitalistes). Dans le cas contraire, la « confiance » de ces derniers risquerait de flancher. Les Bourses s’envolent ou s’effondrent en fonction de la quantité de milliards que les gouvernements arrivent à dégager pour enrichir les banques et autres « investisseurs », au détriment de la santé, de l’éducation ou de l’emploi. Médecins sans Frontières intervient en Grèce pour lutter contre la malnutrition. Mais les banques et grandes entreprises capitalistes qui martyrisent le peuple grec enregistrent des profits en hausse. En Grèce comme partout ailleurs, la vie et les perspectives d’avenir des travailleurs sont suspendues à l’avarice de quelques milliers de grands spéculateurs et aux fluctuations de leur grand casino : la Bourse. Quelle meilleure preuve faut-il du caractère complètement parasitaire et réactionnaire du système capitaliste ?

Il y a plus de deux cents ans, une révolution a éclaté en France. C’était un immense soulèvement des opprimés. Ils voulaient en finir avec l’injustice et l’oppression. Dans les circonstances de l’époque, la révolution ne pouvait que remplacer un type d’exploitation par un autre. Les couches sociales qui constituaient la force motrice de la révolution sont celles qui en ont le moins profité. Aujourd’hui, face à l’impasse capitaliste, une nouvelle révolution s’impose, une révolution pour émanciper les travailleurs. La Grèce y vient. La France y viendra. Les nouvelles Bastilles à prendre s’appellent BNP-Paribas, AXA, Total, Bouygues ou Carrefour. Nous sommes la dernière classe. En dessous de nous, il n’y a rien. Notre émancipation sera donc celle de tous. Les seuls perdants seront les capitalistes. Une fois leur capital exproprié, on leur proposera un emploi ou, s’ils s’avèrent incapables de travailler, une retraite anticipée.

La Riposte
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
Saint Just

"Il n y a pas cinquante manières de combattre, il n' en y a qu'une c'est d"être vainqueur"
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Re : La Riposte : éditorial du numéro 59
« Réponse #1 le: 15 novembre 2011 à 14:56:59 »
Salut camarades,

Pour illustrer cet éditorial, plusieurs initiatives sont prises par le Front de Gauche et le PCF partout en France, quitte à prendre les nouvelles Bastilles, un exemple parmi - d'autres contre les banques et la finance, ce jour... Et un jour les prendre vraiment !



Fraternellement,
W catharos
« Modifié: 15 novembre 2011 à 15:58:53 par W catharos »
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Re : La Riposte : éditorial du numéro 59
« Réponse #2 le: 15 novembre 2011 à 18:05:17 »
En plus j'ai mon fric dans cette tôle  (BNP),  quand j'ai 2 euros de découvert ces vautours m'en prennent 25  >:(
Il faudrait y allé armé pour les virer, mais bon quand on a pacifistes, des émules de Gandhi et de Bouddha à la tête de nos partis de gauche c'est pas demain la veille  :(.

Hors ligne W catharos

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Re : La Riposte : éditorial du numéro 59
« Réponse #3 le: 17 novembre 2011 à 00:11:33 »
Salut mon camarade "tumeur",

Ce qu'il y aura de terrible dans une société socialiste, c'est que les parasites qui sucent la sueur des travailleurs, et encaissent la plus - value, les capitalistes, les banquiers, les financiers, les sociétaires anonymes, tous ces gens - là, incapable de tenir une heure sur une machine, ces nantis, va falloir les faire bosser...  ;)


Ceux - là sont les mêmes aujourd'hui...

Que faire des banques  ?
16-11-2011


Qui nous gouverne ? leurs héritiers !

http://www.lariposte.com/que-faire-des-banques%E2%80%88,1705.html

En 2009 les cinq plus grandes banques françaises ont réalisé 11 milliards d’euros de profit. Ce chiffre était deux fois plus élevé qu’en 2008. En 2010, le chiffre a encore doublé, ou presque, pour atteindre 21 milliards !

Les banques ne produisent pas de richesses. Elles font de l’argent avec de l’argent, en pratiquant l’usure et la spéculation financière à une échelle phénoménale. Ce sont des parasites. En 2008, lorsque la « bulle spéculative » des crédits bancaires – dans l’immobilier et bien d’autres secteurs – a éclaté, les banques se sont tournées vers les Etats pour se renflouer. Dès son élection, en 2007, Sarkozy justifiait ses attaques contre les retraites, l’éducation, la santé et l’ensemble des services publics par le fait que les caisses publiques étaient « vides ». Mais comme par miracle, des dizaines de milliards ont été trouvés pour les banques. Quand la spéculation génère des profits, les banques les gardent. Quand elle occasionne des pertes, c’est l’Etat qui compense !

Après avoir spéculé sur la dette de la Grèce et de bien d’autres pays, les dirigeants des banques exigent des mesures implacables pour réduire les dépenses publiques. Moins on dépense d’argent sur la santé ou les retraites, plus il y en a pour renflouer les banques. Nous connaissons aussi l’avarice des banques dans la gestion des comptes des particuliers. Les commissions et charges punitives imposées aux particuliers – en hausse constante – leur rapportent des sommes colossales. Chez LCL, par exemple, elles représentent 47 % de son chiffre d’affaires dans ce secteur. Chaque mois, pratiquement tous les salaires des travailleurs sont versés en premier lieu non pas aux salariés eux-mêmes, mais aux banques, qui usent et abusent de cette manne gigantesque pour s’enrichir.

Le programme du Front de gauche

Le programme de La Riposte réclame la nationalisation de toutes les banques, des assurances et des organismes de crédit. Ce programme ne fait pas encore l’unanimité dans le mouvement ouvrier, ni même au Parti Communiste. Pendant des années, la direction du PCF n’a plus réclamé de nationalisations. Elle a même approuvé les privatisations réalisées sous le gouvernement Jospin. Jusqu’à un passé récent, les résolutions des sections et fédérations du parti qui réclamaient la nationalisation des banques étaient systématiquement écartées par les instances dirigeantes.

Le programme du Front de gauche, L’Humain d’abord, reprend en substance les idées et propositions du PCF au cours de la dernière période. Ce programme propose de mettre « sous contrôle social » les banques capitalistes qui « ne respecteraient pas la nouvelle réglementation en matière de lutte contre la spéculation… ». C’est une formulation assez saugrenue. Peut-on imaginer une banque capitaliste luttant contre la spéculation ? Le programme propose aussi la « mise en réseau » des banques nominalement publiques – comme la Caisse des Dépôts, la Banque Postale et le Crédit Foncier – ainsi que « la nationalisation de banques et de compagnies d’assurances. » On lit bien : «  de banques  » et pas «  des banques  ». Là encore, c’est trop vague. Après tout, il n’y a pas beaucoup de banques ! L’essentiel du secteur bancaire privé est entre les mains de cinq banques. Lesquelles faut-il nationaliser ? Lesquelles faut-il laisser aux capitalistes ? Et suivant quels critères ?

L’expérience du gouvernement Mitterrand

Des camarades nous rappellent parfois que Mitterrand a nationalisé des banques et que cela n’a « rien changé ». En effet, les nationalisations réalisées sous le gouvernement PS-PCF de 1981-1984 n’ont pas fondamentalement modifié le fonctionnement de l’économie. Mais ceci s’explique par la manière dont ces nationalisations ont été réalisées. Ces banques «  publiques  » fonctionnaient de la même façon qu’avant et étaient dirigées par des serviteurs éprouvés des intérêts capitalistes. Elles étaient en concurrence entre elles et avec les banques demeurées privées. Elles s’engageaient dans des opérations spéculatives et dans des affaires politico-financières – voire militaires, en Afrique et ailleurs – avec autant de cynisme et de rapacité que n’importe quelle autre banque privée.

Effectivement, nous ne voulons pas renouveler cette expérience. Mais elle ne devrait pas nous inciter à jeter le bébé avec l’eau de bain. Il faut nationaliser différemment. Nous devons nationaliser toutes les banques, toutes les compagnies d’assurance et tous les organismes de crédit. Il faut consolider les différentes banques capitalistes en une seule banque nationale, qui, véritablement publique, ne sera pas cotée en Bourse et ne participera pas aux activités spéculatives des marchés financiers. Elle offrira aux usagers un service de haute qualité et supprimera toutes les charges et commissions abusives. L’unification des banques doit se faire avec le maintien intégral des emplois du secteur et mettre un terme à la gestion oppressante des employés, à la précarité des contrats, etc. Par ailleurs, il faudra mettre en place un véritable « contrôle social » des activités et de la gestion de cette banque nationale, en impliquant les pouvoirs publics, les salariés du secteur bancaire et les syndicats. Il faut également exproprier les propriétaires des compagnies d’assurance privées et en faire une seule société d’assurance nationale couvrant tous les types d’assurances, en mettant fin aux arnaques et aux abus qui caractérisent la gestion des assurances capitalistes.

Ces nationalisations doivent se faire sans indemniser les grands propriétaires et actionnaires. Seuls les « petits porteurs » qui en auraient besoin seraient indemnisés. On n’indemnise pas des voleurs. Enfin, à elle seule, la nationalisation du seul secteur bancaire ne permettrait pas de planifier démocratiquement l’économie. Pour cela, il faudrait aussi nationaliser l’essentiel du secteur industriel et commercial, toujours sous contrôle démocratique, et supprimer la Bourse. Sur cette base, on pourrait en finir avec le capitalisme et avancer vers la complète émancipation sociale des travailleurs de ce pays – et donner un bon exemple à suivre au reste de l’Europe !

La Riposte
« Modifié: 17 novembre 2011 à 00:17:39 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
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"Il n y a pas cinquante manières de combattre, il n' en y a qu'une c'est d"être vainqueur"
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