Auteur Sujet: COMPRENDRE 2007  (Lu 1937 fois)

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COMPRENDRE 2007
« le: 07 mars 2006 à 13:12:56 »
De par l’architecture de la Vè République, les élections présidentielles sont LE moment central de la vie politique de la France. C’est là que le peuple s’exprime directement sur le devenir du pays à travers le choix d’un Président muni de quasiment tous les pouvoirs. Alors que le Parlement n’a que des pouvoirs limités et que les autres élections sont plutôt locales, les présidentielles sont l’alpha et l’oméga du système politique et des personnages comme François Mitterrand et Jacques Chirac ont réussi contre une majorité de Français à rester puissants simplement parce qu’ils restaient à l’Elysée et refusaient de démissionner.
   En 1995 J. Chirac s’impose comme un candidat populaire opposé à la gestion oligarchique de l’Etat par Edouard Balladur ou les socialistes, on connaît la suite. La lutte contre la  « fracture sociale » est instantanément oubliée et le peuple liquide la droite aux législatives de 97. Cette nouvelle majorité mène scrupuleusement la même politique et subit la même exécution le 21 avril 2002, laissant J. Chirac à l’Elysée avec le tragicomique Raffarin coresponsable de la très nette victoire du NON le 29 mai 2005, etc.
   Bref, à toutes les élections, la France sacrifie politiquement les majorités coupables de surdité, d’arrogance mais surtout d’incompétence face aux lourds problèmes de la nation.
   Du coup, les présidentielles de 2007 présentent plus que jamais un risque majeur pour le système qui ne se sent plus à l’abri d’un nouveau 21 avril qui poursuivra la série de Saint-Barthélémy contre les partis de gouvernement. 2007 risque d’être la suite logique de la déroute de « l’union sacrée » pour le OUI à une Europe ultra-libérale.
   Mais la situation est-elle si volcanique ? Les partis dits « d’opposition » recrutent-ils des mécontents ? Les extrêmes (ou prétendus tels) sont-ils aux portes du pouvoir ?
La situation est confuse, compliquée et nous réserve obligatoirement d’énormes surprises…


1.   L’UMPS au service des Etats-Unis

Disons-le tout net, une victoire d’un candidat de l’UMP ou du PS marquerait un succès évident des partisans du modèle américain. Faut-il rappeler que la « gauche » et la « droite » vont régulièrement chercher leurs « idées » outre-Atlantique ? Faut-il oublier que les possibles candidats de ces partis sont souvent diplômés des universités américaines ? Certes, le tonitruant Nicolas Sarkozy a une longueur d’avance dans la logghorée bushiste. Tolérance zéro, discrimination positive, immigration choisie, guerres « préventives »… Les éléments de comparaison ne manquent pas avec les néo-conservateurs étasuniens. Mais si les grandes fortunes ont déjà choisi leur candidat, les autres ne sont pas en reste. Lionel Jospin a suivi servilement Bill Clinton dans sa guerre contre la Yougoslavie. Ségolène Royal copie sans originalité et sans se cacher Tony Blair. Quant aux candidats rabatteurs du premier tour (Verts, ex-communistes, divers « gauche » et « droite »…), ils ne sont là que pour ratisser en vu du second. Ils sont même payés et soutenus pour ça.
Certes, les Français commencent à réaliser le côté interchangeable de l’UMP et du PS. Le premier tour du 21 avril 2002 a signifié avant tout la déroute des candidats liés directement ou non au pouvoir. Par exemple, malgré une agitation de pure circonstance, Robert Hue a ridiculisé totalement le PCF, récoltant le fruit de cinq années de co-gestion libérale du pays.
Bref, à l’arraché il reste néanmoins possible que face à un candidat impossible comme Le Pen ou de Villiers, une tête de l’oligarchie l’emporte, mais la gestion de la France après 2007 sera aussi délicate qu’aujourd’hui. Rappelons que depuis 1995 une majorité toujours croissante de la population ne fait pas confiance aux dirigeants et guère plus à l’Europe. Jospin, Raffarin et aujourd’hui de Villepin n’ont jamais bénéficié d’un sursis supérieur à dix mois. Ensuite, le forcing médiatique, les combines politiciennes et l’absence totale d’alternative ont permis à ces ministres faibles et sous pression, de tenir au prix d’une impopularité phénoménale. Tous finalement suivirent Alain Juppé, totalement discrédité et aujourd’hui mort politiquement. Ses successeurs, malgré des réserves de pure forme n’ont pas changé de cap et ont imposé à la France le consensus européano-libéral.
Un candidat anti-système peut donc très vraisemblablement se hisser au second tour en 2007. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il cumulera le mécontentement silencieux mais massif des classes populaires et des classes moyennes subissant le libéralisme aveugle et la délinquance d’une jeunesse perdue.


2.   La pseudo opposition des « extrêmes »

Mais que peuvent les « extrêmes » ? Certes un candidat populiste/populaire pourra, comme Jean-Marie Le Pen, en 2002, dégager une tête oligarchique, mais et après ?
Il est devenu évident que les partis qui s’opposent formellement à nos dirigeants ne sont pas vraiment l’opposition. Les déclarations scandaleuses de Le Pen comme ses propos les plus modérés ne sont rien d’autre qu’un cirque savamment orchestré par des media en mal de scandale. Qu’est-ce que l’extrême-droite aujourd’hui sinon un amalgame instable de vieux fascistes puants (B. Gollnisch et ses propos négationnistes sur les chambres à gaz…) et de jeunes loups excités à l’idée de mettre la main sur les postes (Marine et ses amis…). Et que dire des plus pressés qui ont déjà rallié le navire villieriste ? Non, avec ou sans son âge et ses problèmes de santé, J-M Le Pen appartient au passé et c’est tant mieux ! Ainsi peut-être l’électorat populaire et patriote s’investira-t-il dans un vote plus constructif et moins honteux. Tout paradoxe mis à part, le vieux Le Pen pourrait bien (si on l’autorise à se présenter) refaire son coup de maître de 2002, mais ses ennuis, le côté squelettique de son parti ne lui permettrait nullement de l’emporter définitivement.
Du côté de notre folklorique extrême-gauche, il serait exagéré et faux de tracer le signe « égal » entre extrême-droite et la nébuleuse trotskiste , néanmoins, les éléments de comparaison ne sont pas rares.
Que l’on étudie la LCR ou LO, on trouve quelques nouveaux adhérents radicalisés, mais finalement, ces partis franchement minuscules  restent dirigés par des vieux vétérans de mai 68, sans programme ni autre désir que survivre à l’ombre du PS et de ses régulières OPA sur la jeunesse de ces organisations.
Bolchévisme et guerre civile pour LO peuvent avoir des côtés distrayants, mais ne sauraient attirer une masse suffisante de militants et de suffrages pour être autre chose qu’un groupe où le courage le dispute au sectarisme. Avec la LCR, la révolution se fait en chantant et en fumant des substances illicites, rien de très original, rien de très subversif non plus.
Ces candidats vont donc très vraisemblablement faire le plein en 2007, mais outre des votes désespérés de Français légitimement mécontents, cela ne signifie strictement rien.


3.   Chevènement et Cie

Seule originalité de la campagne de 2002 le discours de Jean-Pierre Chevènement, réellement en rupture avec l’UMPS, mais il en resta au niveau des paroles !
Cerné de socialistes déguisés, poussé au compromis avant même le 21 avril, le courageux ministre rallia sans hésiter le lac amer de ses origines : le PS. Du coup, fort logiquement son parti, le MRC n’a cessé de perdre des adhérents, tous plus décontenancés et hésitants les uns que les autres…
Reste que sa campagne de 2002 a ravivé la mouvance républicaine. Divisée en clubs groupusculaires et parfois rivaux, elle survit, se cherche et reste en première ligne face aux ennemis de la Nation de 1789 (communautaristes, proaméricains, libéraux…) et demeure un foyer de résistance au rouleau compresseur libéral-libertaire.
Notons l’évolution positive de N. Dupont-Aignan, mais ses liens avec l’UMP rendent très suspects son discours. S’il obtient les 500 signatures on pourra légitimement le soupsonner d’être une taupe de Sarkozy.


4.   Rupture ?

Plus que jamais le vieux système hérité des années d’après-guerre est au bord de la rupture. Volontairement mal géré, sous-financé et discrédité par les partis oligarchiques, les masses se radicalisent doucement mais sûrement. Difficile encore de dire quand sera atteint le point de non retour, mais force est de constater que depuis 1995 la tendance n’a pas varié : devant le croupissement social et politique, les classes moyennes ont commencé à rejoindre les classes populaires dans le rejet brouillon mais résolu du libéralisme dont nous crevons.
Droite pourrie par le libéralisme anglo-saxon, gauche grotesque et tout aussi pro-américaine, les citoyens sont dans l’expectative, régulièrement tentés par des « extrêmes en papier »…
Gageons que tôt ou tard une nouvelle coalition se compose des militants résolus à rompre sans retenue avec le libéralisme, car, paradoxalement, une majorité de citoyens ne désirent qu’une chose : assumer d’où l’on vient (1789, 1936, 1945) et savoir où on va : indépendance nationale, Etat social et protecteur. Pour demeurer maîtres chez nous, pour vraiment taxer les richesses et assurer l’ordre public, il nous faut rompre avec l’Union Européenne. Ni plus, ni moins.

Anonymous

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COMPRENDRE 2007
« Réponse #1 le: 28 avril 2006 à 11:17:07 »
Tu me fais un peu peur terrouga, je ne vois pas trop ce que tu entends par indépendance nationale, rester maître chez nous et restaurrer l'ordre public, ou plutôt j'ai peur de savoir.
Cett attachement à l'ordre public et à l'indépendance nationale me fait penser à du socialisme national (on sait où cela peut mener).
Par contre je ne suis ni sourd ni aveugle et je sais que ce discours à un certain echos voire même un echos certain dans les classes populaires.
Mais le rôle d'un parti qui se réclame du communisme ou du socialisme, ne peut et ne doit pas relayer discour, mais plutôt expliquer que le repli "national" est une erreur. Pourquoi me diriez-vous?
Et bien, pour moi, il est très clair qu'une révolution qui se voudrait socialiste et national, se retrouverait dans l'incapacité de réussir le passage à un communiste réel. Un seul pays ne peut pas sur le long terme maintenir l'énergie nécessaire à une révolution, il se retrouverait noyer sous les pressions de pays puissants luttants directement ou indirectement contre cette révolution.
Nous voyons bien cela au Vénézuela, qui méne une révvolution quasiment seul et qui cherche le soutien directe ou indirecte de pays voisins ou non (l'arrivée au pouvoir en amérique latine de nombreux gouvernement de gauche pourra peut-être aider Chavez surtout en bolivie).
Cela pour dire que l'on doit tout faire pour dévellopper la coopération des travailleurs à travers tout le globe, et défendre et faire connaître toute les luttes des travailleurs dans tout les pays.
Donc l'indépendance national et le "rester maître chez nous" ne doit pas être le léïtmotiv d'une révolution marxiste.
Le mouvement révolutionnaire doit être adapter à la situation de chaque prolétariat national (comme le disait Marx), mais ne doit pas avoir un caractère uniquement national, avec le sous-entendu que le prolétariat de tel ou tel pays serait plus "intelligent" ou plus "fort" que celui de d'autre pays, ce qui sous-entendrais que tel ou tel culture serait "meilleur" que tel ou tel autre culture.
Ce qui irait à l'encontre des principes marxistes, et provoquerait la mort de cette révolution, car elle asservirait les prolétaires étrangers au prolétaires "nationaux" sous prétexte du "rester maître chez nous", les marxistes eux ne veulent plus de maître du tout.
Quant à ta réflexion sur l'ordre public, je voudrais bien savoir de quel ordre tu parles, est-ce celui qui envoie en tôle des étudiants ou des licéens qui luttent contre le CPE ou les jeunes des quartiers qui sont emprisonnés pour avoir exprimer ,certes de manières violentes et maladroites, une colère contre une société inégalitaire qui les rejette?
Cette ordre public n'est que celui de la bourgeoisie, donc je ne vois pas où est le discours marxiste chez toi?
Malheuresement ce genre d'idée se répande de plus en plus dans la société et il faut absolument lutter contre car elles détourent les travailleurs des vrais responsable de la situation actuelle, qui sont les capitaliste et non plus seulement les capitaliste nationaux mais surtout le capitalisme internationale, donc la luette doit-être internationale et non pas nationale.
Mais je pense que l'on doit bien prendre conscience au sein du PCF que ce "rester maître chez nous" prend une ampleur considérable dans la classe ouvrière et que Le Pen, De villiers et Sarko savent joué la-dessus, il faut combattre ces idées sans montrer du doigt ceux qui les ont, mais au contraire de les comprendre puis de les convaincre que leurs idées ne sont pas fondées, c'est un travail de longues haleines, mais qu'il faut faire le plus vite possible.

Hors ligne ROCH

  • Ancien
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COMPRENDRE 2007
« Réponse #2 le: 28 avril 2006 à 11:18:40 »
le message du dessus est de ROCH

Anonymous

  • Invité
bien
« Réponse #3 le: 29 avril 2006 à 12:21:49 »
Pour l'instant et étant donné la non représentation de mon vouloir dans le futur de la France,il n'y a guère que Besancenot à me convaincre de rupture avec l'ordre établi .

C'est dire les maigres perspectives d'avenir!!!!