Salut Barber,
Au moins, on peut être d'accord sur le fait que rien n'est réglé en Tunisie, comme certains média dominants veulent le laisser entendre et pas que là, d'ailleurs...
Effectivement la tension reste très grande, des réponses sociales sûrement pas apportées par le pouvoir actuel, pas différent dans sa nature réelle de l'ancien, qui doit composer avec des contre - pouvoirs, plus ou moins organisés, venus de ceux qui font cette révolution, qui n'ont sans doute, pas forcément envi de se voir privé de leur victoire sur Ben Ali, et servir des marionnettes...
Mais les problèmes que tu poses sur le fond, pas forcément sur l'actualité pressante, sont beaucoup plus globaux, et posent des questions essencielles à l'avenir, car c'est le combat même des militants qui se revendiquent du Marxisme.
Le problème, c'est que même si des ouvriers ont partout, participés aux mouvements révolutionnaires, ils l'ont fait, certains l'ont payé de leurs vies, mais jamais, ils ne l'ont fait en tant que classe indépendante de la bourgeoisie, et son agence politique.
Très schématiquement sur le fond du problème et plus globalement, de ce que je pense de la situation politique...
Dans les mouvements en Tunisie, Lybie, ou Egypte, on en est revenu politiquement de fait, à avant même, l'idéal et les réalités de la révolution 1848, en juin, où le prolétariat portait, malgré la défaite, les intérêts de sa propre classe, contre toutes les tendances de la Bourgeoisie.
Pour que la classe ouvrière ici et là - bas, deviennent révolutionnaire dans le sens de ses intérêts de classe, si elle en a le potentiel économique, il faut qu'elle ait une conscience politique de classe.
Mais développer cette conscience, sans parti révolutionnaire, est - ce - possible ? Sans parti révolutionnaire forgé ?
Que certains puissent se forger la conscience de classe, des militants, mais la Classe entière ?
C'est le rôle des communistes, de gagner le prolétariat, les masses à l'idéal marxiste, pour que ses idées parce qu'elles sont ses intérêts profonds, deviennent une arme, cela est indispensable, c'est le rôle des militants marxistes évidemment, développer les forces subjectives du prolétariat car maintenant et pas qu'en Tunisie, là est le hic même si tout peut aller très vite !
La conscience de classe peut se forger partiellement dans la lutte, parfois même à contre - temps dans le mouvement, mais pour la prise du pouvoir, il est sûr que le manque, de l'organisation même, et des objectifs politiques révolutionnaires, de la prise du pouvoir par les travailleurs pour eux même, c'est capital...
Nous sommes tous les deux sans doute convaincu, et j'enfonce des portes ouvertes, qu'il n'existe pas de voie pacifique pour vaincre le Capitalisme !
Le camp de l'Impérialisme est le camp qui tient sous sa coulpe, des centaines de millions de travailleurs asservis, il tient mais est toujours menacé par la remise en cause de la propriété bourgeoise, quand celle - ci est posée dans les faits. Et la prolétarisation ne cesse de s'accélérer, sans renforcer forcément un prolétariat industriel, par le précariat, au dépend de la classe paysanne, mais la classe ouvrière est composée de travailleurs productifs et improductifs, cela a toujours été, et dans les pays en dehors de ceux très developpés où les services prennent de l'ampleur, dans la plus grande partie du monde, le prolétariat ne cesse numériquement de progresser, comme dans les pays arabes...
Tout cela pour dire, que je reste convaincu, que le sort de la Révolution de Jasmin, est lié aux intérêts politique de la classe ouvrière du pays, qui a sa dynamique propre, est très lié aux autres processus révolutionaires dans la région, selon les évènements en Lybie par exemple, le regain des luttes pourraient être des plus radical, et changer encore plus la donne politique...
La Classe ouvrière est la base de l'ordre économique du monde, mais rien dans l'ordre politique, notre travail, demain, qu'elle soit tout !
Salutations communistes,
W catharos