Auteur Sujet: Bulletin "Combattre pour en finir avec le capitalisme" N°22 (avril 2011)  (Lu 984 fois)

Hors ligne polo2007

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Bonjour à tous,
Le n°22 (Mars-Avril 2011) du bulletin « Combattre pour en finir avec le capitalisme » vient de sortir. Il est disponible auprès des militants du Comité Communiste Internationaliste – Trotskyste (CCI-T).

Pour nous contacter : ccit@cci-t.org  (Site : http://cci-t.org )

AU SOMMAIRE DU N°22
• Editorial : La bourgeoisie française est dans une impasse politique
• Déclaration du CCI(T) : A bas l’intervention des impérialistes en Libye
• Déclaration de Germinal : A bas l’intervention impérialiste espagnole en Libye !
• On nous communique
• Analyse du premier tour des cantonales
• La crise économique se poursuit
• Mouvement démocratique ou révolution en Tunisie et en Egypte
• Le mouvement des travailleurs du Wisconsin change la donne de la lutte des classes aux USA
• Sur l’accident nucléaire à Fukushima
• Note de lecture : la révolution mexicaine interrompue (1910-1920) d’Adolfo Gilly
• Qui sommes- nous ?

Hors ligne W catharos

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Salut camarade Polo,

Votre journal, le dernier numéro (n°22), "Combattre pour en finir avec le capitalisme", est - il ligne, pour lire les articles ?

Non que je ne souhaite pas entre militants communistes, te l'acheter ou même mieux en toute fraternité révolutionnaire et militante, te l'échanger avec le mien, celui de La Riposte, mais dans mon coin, à Dijon, en tant que tels, le CCI (t), mais cela n'est pas une critique, je ne vous ai jamais vu, à part à une époque ancienne, et bien différente en ce qui vous concerne, où votre organisation, à l'origine, créée par Stéphane Just, existait ici...

Salutations Communistes,
W catharos

« Modifié: 02 avril 2011 à 00:38:30 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
Saint Just

"Il n y a pas cinquante manières de combattre, il n' en y a qu'une c'est d"être vainqueur"
Malraux

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Salut W,
et non pas de force organisée pour le moment en Bourgogne ...à moins que tu nous rejoigne ;)
pour le moment il n'est pas en ligne (phase de vente militante).
à te lire
salutations

Hors ligne W catharos

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Salut camarade Polo,

Je te remercie de ton envoi en primeur, somme toute, de votre journal Combattre pour en finir avec le capitalisme, n°22...

Dans votre éditorial, vous avancez une analyse qui me semble fausse, vous dites en sous - titre :  "la classe ouvrière investit de moins en moins ses partis traditionnels"...

Cela reste à prouver, si l'on regarde un peu, et cela est une question centrale à mon sens, les résultats aux élections des cantonales, si on observe bien, ils affirment le contraire.

Ce qu'on appelle "la gauche", les partis traditionnels de la classe ouvrière n'ont pas été vaincus, ni délaissés, ni marginalisés, il n'ont pas convaincu, la droite traditionnelle essuie une défaite majeure.

Seulement dans les faits la dite "gauche" n'a que trop peu gagné montrant ainsi à mon sens, ses limites programatiques et ses faiblesses militantes sur le terrain.

Le FN remplit le vide politique et social où cette gauche est absente et devrait proposer en chair et en os une autre vie, un autre modèle de société...

L'extrême gauche était peu présence dans cette lutte électorale, LO absente totalement par choix, le NPA partagé par un autonomie politique et un soutien au Front de Gauche, mais très marginal, le POI dans quelques centaines de cantons, où il existait pour lui, une pertinence politique... Au final, les résultats furent bien faibles.

Malgrè l'abstention, si l'on prend les résultats du PS qui peuvent être décevant et ceux du Front de Gauche et de ce qu'il est vraiment sur le terrain, soit le PCF, c'est bien meilleur et c'est une considération à tenir...

Tu connais ces résultats aussi bien que moi, les échéances politiques à venir seront déterminantes, dans ces échéances, il y a celles de 2012, ces élections - là, ne changerons pas la vie, à moins que la période change plus encore et aille vers des combats salutaires et révolutionnaires ou désastreux avec la droite et plus encore le Front National, pour toute la classe ouvrière et les militants qui se revendiquent communistes, et au delà ceux qui militent pour les intérêts de la Classe Ouvrière, enfin tu vois bien ce que je veux dire.

En tout cas, militer dans les partis traditionnels de la classe ouvrière et le PCF en particulier, c'est pas seulement croire que c'est là que se trouve le ferment des luttes de demain, c'est constater qu'en dehors politiquement à l'échelle de ce pays, il n' y a rien de déterminant.

On peut faire de la propagande, et il faut en faire, comme militants marxistes, et dans l'urgence de notre époque, il faut faire des choix politiques, rester ce que nous sommes et gagner ce que nous pouvons pour demain vaincre, chacun fait son chemin mais il est différent de prendre des chemins de campagne caillouteux ou des boulevards, ou des périphériques tordus, ou des chemins parallèles, c'est selon, pour arriver à la capitale, à dire comme chaque courant prend la chose, sauf que l'on a pas le droit de se tromper...
 
Bon, cher camarade Polo, cela n'était qu'une simple réponse, sur un point, mais si tout est à construire, de comment on construit le parti révolutionnaire en France ?

C'est bien la question importante...

Fraternellement,
W catharos
« Modifié: 04 avril 2011 à 03:17:04 par W catharos »
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salut W,
Très rapidement car très pris par le travail...le seul et énorme bémol à ton explication (raisonnement qui explique pourquoi il faut militer au sein du PCF) est le suivant : 70 à 80% d'abstention depuis plusieurs élections dans les villes ouvrières ou populaires du Rhône, de la Région Parisienne, etc....et surtout globalement une abstention massive qui touche toute les couches de la société (et c'est le même phénomène en Europe) mais en particulier les travailleurs et la jeunesse. La crise du capitalisme modifie considérablement le modèle politique que nous avons connu depuis la 2e guerre mondiale. Le réformisme est en crise même si il ne disparaitra pas de sitôt.
De même, le PS ou le le PCF (FDG) perdent de plus en plus de voix d'une élection à une autre dans des proportions très importantes : 180 000 voix en moins pour le FDG au 1e tour p/r à 2004 pour les cantonales, 1 millions de moins pour le PS...etc...Là ou dans les années 80/90 le PCF tournait à 1,5 millions de voix en moyenne, il ne tourne plus qu'à 700 000 à 1 110 000 voix....Idem pour le PS qui est dans des eaux très basse. Il est tout de même à noter que dans le même  temps le nombre d'inscrit augmente (à ce propos un nombre significatif de prolétaires ne prennent même plus la peine de s'inscrire sur les listes....sans me tromper il s'agit d'un chiffre qui tourne entre 5 à 6 millions de personnes)
Et je ne te parle même pas du nombre de militants qui a tendance à fortement baisser au PS et au PCF (de 50 000 à 130 000 adhérents selon les décomptes et une moyenne d'âge en forte hausse)....Non la classe ouvrière et la jeunesse ne font pas mouvement vers ces partis traditionnels (partis ouvrier bourgeois et dans le cas du PCF qui ne peut pas être redressé comme future parti révolutionnaire selon nous) comme dans les années 70....Le défaut de la politique de la Riposte s'est de vouloir recommencer la même politique (avec le PCF...et pourquoi pas avec le PS ?) qu'elle a pratiqué à travers sa tendance The Militant dans l'Angleterre des années 70/80  (Labour Party). Malheureusement in fine, la construction du parti révolutionnaire n'a pas eu lieu et c'est le "New Labour" qui est apparu....)
Sinon au CCI(T) nous avons étudier (et nous continuons à étudier) ce phénomène qui rend  plus que jamais d'actualité la construction du Parti ouvrier révolutionnaire....Sans être devin, je ne pense pas qu'il faille simplement se fixer comme horizon les élections car il y a de fortes chance que les révolutions initiés en Tunisie et en Egypte s'invitent en Europe dans de futurs grands affrontement de classe....et c'est là que nous devons nous insérer pour construire le futur parti révolutionnaire
A te lire
« Modifié: 04 avril 2011 à 14:53:32 par polo2007 »

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L'édito du n° 22




LA BOURGEOISIE FRANÇAISE  EST DANS UNE IMPASSE POLITIQUE

Du côté de la bourgeoisie, au premier comme au deuxième tour, une partie importante des électeurs de Sarkozy est restée à la maison pendant que beaucoup de candidats de l’UMP, courageux mais pas téméraires, tentaient de dissimuler leur appartenance en supprimant leur sigle des professions de foi et des affiches ; une autre a voté directement Front National. Le désaveu de Sarkozy par son propre camp est net. Les électeurs du FN, eux, étaient mobilisés, et sont apparus du coup comme une force considérable alors qu’en réalité, c’est à dire en pourcentage des inscrits et non pas en pourcentage du faible nombre de votants, il n’en est rien. Mais cette illusion d’optique relevant d’un problème de mathématiques élémentaires a pourtant été abondamment utilisée.
En réalité, la bourgeoisie française se trouve aujourd’hui dans une impasse politique : son champion de 2007, celui qui devait rassembler et discipliner toutes les fractions de la bourgeoisie autour d’un programme de combat contre les salariés est aujourd’hui sérieusement affaibli.

Toutes les initiatives qu’il prend se retournent en leur contraire, des discours contre la population d’origine immigrée, les roms, l’islam etc… qui ne profitent qu’au FN et divisent l’UMP, du remaniement ministériel qu’il lui faut à nouveau remanier, et maintenant le débat sur la laïcité autour duquel ses partisans s’étripent. Jusqu’au rôle de commandant en chef de l’intervention impérialiste en Libye dont il se voyait bien auréolé sur un plan intérieur, ce qui n’a pas marché et ce qui, de surcroît, lui vaut de solides inimitiés d’autres puissances qui se dépêchent d’en transférer la responsabilité à l’OTAN, etc…

Beaucoup de ses soutiens inconditionnels d’hier s’interrogent aujourd’hui : non seulement Sarkozy semble devenu une machine à perdre qui entraîne la bourgeoisie dans le gouffre, mais est-il encore seulement capable de tenir le bateau dans les tangages de plus en plus forts qui s’annoncent ? Cependant la bourgeoisie n’a guère d’autre choix. Il lui est difficile de remplacer le capitaine, d’autant que celui-ci n’entend pas laisser la place et que, dans ces conditions, toute apparition d’un nouvel homme providentiel risquerait d’aggraver les divisions du camp de la bourgeoisie et de précipiter la chute de tous.
C’est avec une certaine facilité qu’une partie de l’électorat UMP a grossi les votes du FN, encouragée par Sarkozy et Copé. Mais le FN ne constitue pas une issue pour la bourgeoisie. La grande bourgeoisie, celle des usines et des banques, se sert du FN et de la banalisation de son discours raciste comme ferment de division dans la classe ouvrière, mais elle est bien loin de choisir le FN pour porter ses couleurs. Le FN est contre l’Europe et la grande bourgeoisie est pour l’Europe, le FN est pour le protectionnisme et la grande bourgeoisie est pour la libre circulation des marchandises et des capitaux.

Pour que le FN représente une solution pour la grande bourgeoisie, il faudrait d’une part que la crise du capitalisme franchisse une nouvelle étape en disloquant le marché mondial et d’autre part que les conditions politiques soient réunies, c'est-à-dire que la classe ouvrière et la jeunesse aient subi des défaites de très grande ampleur. Nous n’en sommes pas là, mais en attendant le FN peut également servir à quelques petites manœuvres.
C’est là que la mise en scène de « l’irrésistible ascension » du FN pourrait à nouveau être utile, comme elle avait servi la bourgeoisie en 2002 pour transformer le deuxième tour des présidentielles en plébiscite pour Chirac. Comme il n’est pas exclu que Sarkozy ne figure pas au deuxième tour des prochaines présidentielles, qui apparaît comme le mieux placé pour faire barrage au FN ? Strauss-Kahn évidemment, réunissant sur lui dans une espèce d’union nationale contre le FN les voix de droite comme de gauche. Car, précisément, une partie de la bourgeoisie, ne voyant pas d’issue dans l’UMP, pourrait bien considérer Strauss-Kahn comme l’homme de la situation.

Mais celui-ci, après avoir mis ses talents, dans le cadre du FMI, au service des plans d’austérité imposés à divers pays, ne suscite pas une adoration sans partage dans l’électorat traditionnel du PS et au sein du PS lui-même. D’où la campagne qui commence à s’organiser pour qu’il soit, malgré les réticences ou les résistances, désigné comme le candidat du PS. Et c’est d’autant plus facile que le dispositif des primaires mis en place par le PS lui-même, qui autorise et encourage des expressions qui peuvent être complètement étrangères au PS, est un instrument tout à fait adapté pour mener à bien cette opération.
Mais pour que toutes ces belles combinaisons puissent trouver à s’appliquer, encore faut-il que, même cahin caha, le système Sarkozy puisse durer jusqu’au printemps 2012 alors qu’il risque d’imploser avant ou que la classe ouvrière, encouragée par cette faiblesse, ne cherche à nouveau à lui régler son compte.

MAIS LA CLASSE OUVRIERE INVESTIT DE MOINS EN MOINS SES PARTIS TRADITIONNELS

Ces élections n’ont pas été non plus l’occasion d’une mobilisation de la classe ouvrière et de la jeunesse. C’est par défaut de leur camp que Sarkozy et l’UMP enregistrent une défaite. Les électeurs du PS, Front de gauche etc... ne se sont pas précipités, loin de là : dans les quartiers ouvriers et banlieues populaires, l’abstention atteint des records absolus. Cela signifie qu’une partie grandissante de la classe ouvrière et de la jeunesse sont de plus en plus méfiants à l’égard des partis ouvriers traditionnels, de leurs programmes et de leur capacité à les sortir de la crise. Ils savent qu’en Grèce, en Espagne, au Portugal, où le PS dirige le gouvernement, c’est la même politique d’austérité qu’en France qui est appliquée. Ils ne veulent plus de Sarkozy et de son gouvernement mais ne savent pas vers qui se tourner. La désertion du terrain électoral indique que la classe ouvrière et la jeunesse attendent des mesures, un programme autrement plus radicaux que la simple alternance électorale pour des politiques à peu près comparables. Comme les partis ouvriers ne leur donnent que l’image d’une adaptation aux exigences du capitalisme en crise, ils s’en détournent, et cela risque de peser encore plus lourd, malgré l’enjeu, si c’est Strauss-Kahn qui est désigné pour être le candidat le mieux placé face à Sarkozy.

ET SE TROUVE BLOQUEE SUR LE TERRAIN DE LA LUTTE

La mobilisation sur les retraites n’ayant pas abouti, puisque les appareils syndicaux ont pu empêcher la grève générale contre le gouvernement, il semble donc que la classe ouvrière et la jeunesse soient également bloquées sur le terrain de la lutte et condamnées à subir la série des mauvais coups qui continuent à pleuvoir, quel que soit l’état de déliquescence de feue la majorité présidentielle et quelles que soient les grèves ou les manifestations ici où là, qui, restant dispersées et isolées, n’ont aucune chance de déboucher.
Et les travailleurs le savent pertinemment. La récente « mobilisation » nationale samedi 19 mars pour protester contre les suppressions de postes dans l’Education nationale, qui occasionnent des dégâts de plus en plus graves, n’a rassemblé que des maigres cortèges de manifestants sous des panneaux syndicaux promettant le sempiternel « carton rouge » au gouvernement, mais se gardant bien de prendre les mesures pour l’obliger à sortir du terrain.
Parallèlement, se poursuit comme si de rien n’était la concertation entre le gouvernement et les directions syndicales sur le financement de la dépendance, pour lequel le gouvernement ne fait pas mystère qu’il doit être la voie royale ouverte aux assurances privées et constituer ainsi le cheval de Troie pour dynamiter la Sécurité Sociale.
Aucune direction syndicale n’a manifesté la moindre volonté de rompre ces discussions délétères pour en appeler à la classe ouvrière, tout comme elles avaient agi l’an dernier dans la concertation préalable à la réforme des retraites. Ainsi donc, la classe ouvrière et la jeunesse semblent être également dans une impasse politique.

VERS UNE EXPLOSION

« Les lois de l’Histoire sont plus fortes que tous les appareils » dit le Programme de Transition écrit par Trotsky en 1938. La crise mondiale du capitalisme qui se poursuit génère dans tous les pays une aggravation continue de la situation de la classe ouvrière, de la jeunesse et de nombreuses couches de la population. Mais elle entraîne également des réactions de plus en plus massives.
Au Portugal, en Grande Bretagne, en Espagne, etc… des manifestations puissantes se sont déroulées récemment. La crise révolutionnaire ouverte en Tunisie et en Egypte se répand comme une traînée de poudre dans presque tous les pays du Maghreb et du Machrek, hissant d’un coup d’un seul le prolétariat, la jeunesse et toutes les couches opprimées de ces pays au niveau des questions les plus élevées de la révolution. Mais elle inspire également les prolétariats du monde entier. Les calculs de plus en plus problématiques de la bourgeoisie, les manœuvres des appareils du mouvement ouvrier qui bloquent aujourd’hui la classe ouvrière en France, tout cela peut être balayé par l’irruption soudaine des masses. L’abstention massive aux élections cantonales le montre : alors que la pression monte, les soupapes et le système de refroidissement du système que constituent traditionnellement les élections dans le parlementarisme bourgeois fonctionnent de moins en moins. Une explosion menace. S’y préparer nécessite de construire un parti ouvrier révolutionnaire pour dégager la voie de la prise du pouvoir et du socialisme.

Le 28 mars 2011.

Hors ligne Abdallah

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Cher polo2007,

je constate toujours avec plaisir que tes différends avec nous ne t'emmènent pas sur les chemins de la moquerie ou de l'insulte, et je t'en félicite.

Permets-moi de ne pas, à mon tour, être d'accord avec les arguments que tu évoques.

Si l'argument consiste à dire que la classe ouvrière n'a pas complètement confiance dans ses partis traditionnels pour améliorer leurs conditions de vie, nous allons être d'accord. Mais il me semble que tu en arrives à la conclusion que les révolutionnaires devraient quitter notamment le PCF. En prenant appui sur les résultats électoraux des partis traditionnels de la classe ouvrière, et au nombre d'adhérents.

Je te ferai juste un rappel historique. Quels ont été les résultats électoraux des partis traditionnels au cours de l'histoire ?
Juste après le carnage de 1914-18, la SFIO a obtenu 11 % aux législatives. La droite 70 % !

En 1924, la SFIO 18 % et la SFIC 4.5 % !!

En 1928, la SFIO 16 % et la SFIC 1.98 % !!!

En 1932, la SFIO 22 % et la SFIC 1.64 % !!!!
A cette époque, le nombre d'adhérents du PCF était tombé à un peu plus de 20000 adhérents. C'était catastrphique.

Et en 1936, la SFIO 24 % et le PC  12 % !!!!! Le PC enregistra alors près de 240000 adhérents, soit 10 fois plus que 4 ans auparavant.

Un révolutionnaire ne peut pas analyser un parti comme quelque chose de figé.

Fraternellement

Hors ligne polo2007

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Salut Abdalahah,
moi aussi je me félicite vraiment qu'à la différence d'autres forum nous nous insultons (sans parler des moqueries) pas même si je pense qu'on arrivera pas à se convaincre là...ça participe d'un débat normal (bolchevique si j'osais) entre militants ouvriers et révolutionnaires non sectaires.
Sinon, les chiffres que tu cite sont les % des exprimés ?
Juste un élément : tu as raison quand tu dis qu'un révolutionnaire ou plutôt qu'un courant révolutionnaire  ne peut pas analyser un parti comme quelque chose de figé. Et c'est vrai pour ce qui concerne la période actuelle qui n'est pas celle des années 20 à 30 du siècle passé. Le PS et le PCF sont encore moins des partis prolétaires (Trotsky estimant que la SFIO ne l'était pas alors que le PCF actuel ferait pale figure p/r à la SFIO de l'époque tant par sa ligne que par sa composition sociologique) que dans les années 20 et 30 à l'image de la SFIO et de la SFIC de l'époque. C'est un élément important car de l'eau à couler sous les ponts, et le stalinisme a complétement fait passer la SFIC des années 20 et 30 dans le camps de la réaction. Et la chute de l'URSS n'a pas améliorer les choses. Ce qui pour autant n'en fait toujours  pas pour nous un parti bourgeois. Nous continuons à analyser le PS et le PCF comme étant tjs des partis ouvrier-bourgeois (dans le sens développé par Lénine : les contre maitre de la bourgeoisie au sein de la classe) même si leurs liens avec la classe se sont fortement distendu. A partir de cette analyse il me semble important de comprendre qu'il faut passer à une phase de construction réelle d'un parti ouvrier révolutionnaire qui ne peut pas être le PCF. En fin de compte nous ne sommes pas d'accord sur le fait suivant : pour La Riposte (tu me dis si je me trompe), le PCF est toujours redressable pour en faire un parti révolutionnaire. Nous pensons tout le contraire même si les militants du PCF peuvent avoir un rôle et une place très importante dans la construction d'un futur POR.
A te lire

PS : a ce propos comment vous situer vous par rapport à Dan Tran qui se lance à la candidature du Front de Gauche si j'ai bien compris et qui est un militant (c'est un marxiste très bien formé même si il est loin d'être trotskyste qu'il identifie au pablistes et aux "lutteurs") d'un tout autre calibre (avec ces proches) qu'un chauvin comme Gérin ou qu'un réformiste comme Chassaing
« Modifié: 07 avril 2011 à 22:50:24 par polo2007 »

Hors ligne W catharos

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Cher camarade Polo,

Que La Riposte ne soit pas sectaire et toi aussi, c'est pas qu'une qualité politique en soi à mon sens, c'est un principe politique que tous les communistes devraient partager malgré bien des divergeances.

C'est le débat entre Bolcheviks de notre époque, que ce parti dénaturé par le Stalinisme a fait oublié, les Bolcheviks n'ont jamais été monolithique !

La camarade Abdallah a une analyse que je reçois et que j'accepte totalement...

En période d'inertie les partis traditionnels de la Classe Ouvrière en France sont à l'étiage, quand ça monte il se grossissent et l'Histoire le prouve de tous ceux, qui se mettent sur le chemin de l'Histoire, qu'ils ont décidé de construire pas à pas et rencontre la politique et les organisations présentes sur le terrain de la lutte, dans leur vie et décident d'être des acteurs de leur vie.

Ce n'est pas encore le temps de cela, mais il viendra, et nous l'attendons, plus nous le préparons ! Chacun aiguise ses couteaux, si j'ose dire...

Ce que nous préparons, c'est bien des périodes qui nous échappent et où toutes les querelles sybilines n'auront plus de sens, car dépassées...

Le mouvement ouvrier est vivant, le PCF changera quand les masses y viendront vraiment, et les masses y viendront quand les luttes deviendront générales de grandes ampleurs, que la radicalisation politique sera forte.

Il faudra toujours des militants marxistes en chair et en os avec leurs tripes pour porter l'idéal des communistes, les masses n'entendent que la résolution de ses difficultés et de ses revendications, mais en dehors des masses et de leurs organisations qui est audible, des révolutionnaires ?

Les combats sont multiples, mais seul l'objectif compte, la prise du pouvoir par les travailleurs, le Socialisme.  

Fraternellement communiste,
W catharos

Réponse au Post Scriptum : même si le résultat est cloué depuis longtemps pour Mélenchon, on peut être déçu en ce qui me concerne, des candidats issus d'une manière ou d'une autre du PCF pour 2012, dans, pour et contre le Front de Gauche, et de ceux qu'ils représentent, et des idées mises en avant...
Bon, les Dan Tran, Gérin, Chassaigne, Gremetz... Ils sont différents, mais reste, le programme politique du Parti, il en est où ?
Les communistes cherchent un programme de revendications et perspectives, c'est même l'essenciel, un programme à appliquer, des urgences sociales, mais une autre Société surtout !
Bien des désillusions vont venir, mais hardis camarades, le vieux monde est derrière nous ! ;D
« Modifié: 08 avril 2011 à 02:08:55 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
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Chers camarades W et Abdalah
Non sectaires mais déterminés sur les principes nous le sommes tant au CCI-T qu'à La Riposte visiblement !

Pour ce qui concerne la ligne de La Riposte, suite à vos explications, je la comprends mieux (même si je pense qu'elle ne peut pas aboutir - mais on verra bien-)
Pour Dan Tran, je reste assez médusé par le militant qui dans son analyse politique est un Marxiste mais qui par exemple ne" vous souffre pas" pour des raisons historiques

Hors ligne Delapaille

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Peux-tu citer ta source sur les dire de Tran ?
Je ne sais rien de ce personnage et ça m'intéresse, surtout que lui semble nous connaitre.
Fraternellement,

PASCAL C.

Hors ligne Abdallah

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Cher polo2007,

pourrais-tu me trouver également le texte dans lequel Trotsky dit que la SFIO n'est pas un parti prolétaire, car cela m'intéresse.

Merci d'avance.

Fraternellement

Hors ligne polo2007

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Cher Abdalah,
Cette remarque de Trotsky est donnée dans le texte  « Un nouveau tournant est nécessaire », 10 juin 1935. Ce texte est destiné aux militants français qui ont constitué une tendance au sein de la SFIO (entrisme à drapeau déployé). Trotsky préconisant de sortir en force de la SFIO pour aller vers la création d'un Parti révolutionnaire. Dans cette brochure il répond aussi à ceux qui avaient tendance à idéaliser le caractère « ouvrier » de la SFIO :

« La SFIO non seulement n’est plus un parti révolutionnaire, mais elle n’est même pas un parti prolétarien. Elle est petite-bourgeoise non seulement par sa politique mais aussi par sa composition sociale. Ce parti nous a ouvert certaines possibilités et il était juste de les avoir constatées et utilisées »


PS :Pour ce qui est de Dan Tran, cela remonte au congrès ou la Riposte a fait 15%....j'avais vu une interview de Dan (longue) que tu dois pouvoir retrouver sur le site de "Réveil communiste"
« Modifié: 09 avril 2011 à 08:01:49 par polo2007 »

Hors ligne polo2007

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L'intégralité du bulletin CPFC n°22 (mars-avril 2011) est disponible sous format PDF sur le site web du Comité Communiste Internationaliste-Trotskyste (CCI-T)

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Bonne lecture