Auteur Sujet: URSS : fin de parti(e). Les années Perestroïka  (Lu 413 fois)

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URSS : fin de parti(e). Les années Perestroïka
« le: 09 décembre 2011 à 05:37:13 »
Salut camarades,

Le 8 décembre 1991, l'URSS a cessé d'exister, mais pas l'idéal communiste !

Sans doute à voir cette exposition : "URSS : fin de parti(e). Les années Perestroïka (1985-1991), jusqu'au 26 février 2012 au Musée d'histoire contemporaine BDIC, Hôtel national des Invalides, 75007 Paris.



Il y a 20 ans, la chute de l'URSS
Le Point.fr - 07/12/2011
 
Le 8 décembre 1991, l'URSS disparaissait, après six ans de perestroïka, à laquelle la Bibliothèque d'histoire contemporaine consacre une exposition.
 
On peut dater avec précision le premier sourire de Mikhaïl Gorbatchev : octobre 1987. Le père de la perestroïka, arrivé deux ans plus tôt à la tête du PCUS (Parti communiste de l'union soviétique), vient d'engager le mouvement de libéralisation qui, en quatre ans, mènera l'URSS à sa dissolution. Staline se présentait aux photographes la bouche close et le regard froid, comme après lui Khrouchtchev, Brejnev et "Gorby", durant ses premiers mois de secrétaire général. À l'automne 1987, il commence à sourire, et n'arrêtera plus. Il sourira depuis les tribunes des congrès, au côté de son élégante épouse, en serrant la main des mineurs : le pouvoir soviétique s'est offert un visage nouveau.

Il y a 20 ans, le 8 décembre 1991, l'URSS est officiellement dissoute - un anniversaire qu'il est à l'évidence difficile de commémorer ou de célébrer, mais qui donne lieu à une exposition passionnante, organisée par la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, aux Invalides. Elle revient sur les années de la perestroïka, pour donner à comprendre l'ampleur du bouleversement social, politique et économique qu'elle a progressivement conduit. Surtout, elle y est vue de l'intérieur, au plus près de ce que vivent les habitants de l'Union, grâce à un fonds d'archives (affiches, photographies, journaux, extraits d'émissions télévisées) qui rend compte de l'ambiguïté de la période.

(R)évolutions

Cette ambiguïté est celle, d'abord, d'une libéralisation qui commence par s'ordonner d'en haut, et avec l'habituelle lourdeur des discours officiels : depuis les immeubles du parti, des banderoles clament que "la démocratisation est le processus de la perestroïka" ; on continue de promouvoir les grandes figures du régime, de Lénine aux cosmonautes russes. L'économie soviétique est officiellement proclamée "en stagnation" et les appels à l'innovation se multiplient, mais dans une iconographie qui réinvestit les modèles anciens plutôt que d'en risquer de nouveaux. Comme cette affiche datée de 1990, qui figure une tête de marteau convertie en micro-ordinateur et assortie d'un slogan : "Faut-il toujours travailler à l'ancienne ?"

À mesure que le pouvoir s'expose, les révolutions du quotidien se multiplient. C'est l'ouverture du premier McDonald à Moscou, le premier concours de beauté russe - le féminisme officiel, porté par l'image d'Épinal d'une Kolkhozienne dure à la tâche, est mis à l'encan -, l'arrivée dans les rues de vêtements à la mode, la première émission de télévision enregistrée en public, et en direct. Dans le même temps, les langues se délient : l'épidémie de sida, qui n'avait jusqu'alors pas d'existence officielle, est annoncée en 1987 ; deux ans plus tard se forme l'association Memorial, qui enquête sur les victimes du stalinisme.

C'est cependant en Ukraine que la glasnost' (transparence) voulue par Gorbatchev traverse son épreuve du feu. Il faudra trois semaines avant que la catastrophe de Tchernobyl ne soit reconnue, et trois ans avant que ne soit publiée la carte exacte des régions touchées. L'hebdomadaire Ogoniok publie bien, en mai 1986, un reportage sur la centrale, où l'on voit des pompiers et des militaires lutter, avec un masque de chirurgien pour seule protection, contre les flammes qui ravagent la centrale, les hélicoptères de l'armée envoyés en renfort sur le site. "Mais, précise Annette Melo-Henry, spécialiste de la photographie soviétique, le journal affiche à la une du même numéro le visage rassurant d'un bel enfant blond."

Frustrations

"En dehors des grandes villes et des milieux plus ou moins intellectuels, parler de Gorbatchev est une conversation de tout repos : on ne risque pas de s'engueuler, tout le monde le déteste", écrit Emmanuel Carrère dans Limonov. De fait, la période a beau voir le leader de l'URSS fêté par le bloc occidental, il n'en va pas de même au sein de l'Union, où la perestroïka est une période de lourdes pénuries, de désorganisation et d'un bouleversement parfois mal vécu des valeurs. Une affiche de l'époque représente la jambe d'une ballerine, au tutu fait de tickets de rationnement, avec cette mention ironique : "Et même dans le domaine du ballet nous avons une longueur d'avance !"

La naissance du pluralisme politique, la montée des revendications nationalistes dans les "républiques soeurs" grignotent progressivement l'Union ; le putsch des 19, 20 et 21 août 1991 l'achève : les caciques du parti déclarent l'état d'urgence à Moscou, et la "suspension" des fonctions de Mikhaïl Gorbatchev. Le président russe Boris Eltsine prend l'avantage, et conduit la défaite des "traîtres". "Avant août 1991, l'État soviétique se trouvait déjà dans un état de décomposition avancé, explique Jean-Robert Raviot, professeur de civilisation russe à l'Université de Nanterre. Après ce tournant, c'est une autre histoire qui commence, celle de la Russie post-soviétique et, avec elle, celle des anciennes républiques soviétiques devenues de nouveaux États indépendants."

Le 23 août, Boris Eltsine accueille à Moscou Mikhaïl Gorbatchev, libéré de la propriété de Crimée où il avait été retenu. "Trois jours plus tard, les deux hommes se présentent à la tribune du Soviet suprême de l'URSS, réuni en session... ordinaire !, raconte Jean-Robert Raviot. Eltsine tend ostensiblement une feuille de papier à Gorbatchev, qui commence à lire un texte qu'il n'a pas eu le temps de lire avant, un discours préparé par le président russe, dans lequel il annonce la suspension de l'activité du PCUS et ordonne son autodissolution sur le territoire de la Russie. C'est désormais Eltsine qui incarne le pouvoir suprême." Le 8 décembre, la Russie, la Biélorussie et l'Ukraine quittent l'URSS. Fin de parti(e).


Que reste - t - il de cette histoire, assez longue et tragique, sur le siècle ?

Il en reste la faillite de la bureaucratie et de la nomenclatura, reconverties aux modes du marché bourgeois et bien intégrées au capitalisme mondial en crise, et celle du stalinisme avec dans sa tombe, les horreurs et la trahison d'une Révolution a démontré Léon Trotsky.

Il en reste un immense espoir toujours, pour l'Humanité et les travailleurs malgrès les défaites terribles, des générations de militants de par le monde, qui ont toujours levé, relevé et relèveront ce drapeau.

Il en reste la mémoire universelle de la Révolution d'octobre 1917, jadis victorieuse, vaincue, trahie, défigurée, mais restée vivante et renaisssante, au dessus du mausolée de Lénine, dans l'espoir même de ce qu'elle était, restée réellement vivante par les seules forces, bien maigres, des militants Bolchevik - Léninistes.

Il en reste un idéal politique et révolutionnaire, qu'est le Communisme, et l'héritage du marxisme à porter, la possibilité de proposer et annoncer un autre ordre, l'espoir d'un monde nouveau, sur des bases neuves et révolutionnaires, l'émancipation des prolétaires toujours, et la victoire demain du Socialisme prolétarien, qui tiendrait compte des erreurs passées, parce qu'il n'aura pas le choix !

L'URSS est tombée, et avec elle beaucoup d'illusions, sur cette terre, des communistes de partout, continuent la lutte, parce qu'ils savent comme moi, que demain dans ce monde capitaliste, cela sera Socialisme ou Barbarie !

Salutations révolutionnaires,
W catharos
« Modifié: 09 décembre 2011 à 06:15:08 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
Saint Just

"Il n y a pas cinquante manières de combattre, il n' en y a qu'une c'est d"être vainqueur"
Malraux