Auteur Sujet: Hommage à Brassens par l'Humanité  (Lu 444 fois)

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Hommage à Brassens par l'Humanité
« le: 29 octobre 2011 à 10:38:04 »
Salut camarades,

Anti - conformiste, poète, révolté, Georges Brassens l'était sûrement, mais pas avec mauvaise réputation comme il l'aurait voulu...

Ce grand monsieur de la chanson accompagne Ferré, Brel et Ferrat, dans le panthéon de la chanson à texte, et à message contre l'armée, la police, l'Etat, les guerres, l'Eglise, le patriotisme, pour la fraternité, les copains, l'amour, les femmes, tout cela sans méchanceté mais poésie et tendresse...

Pour le trentième anniversaire de sa mort, en 1981, le 29 octobre, l'Humanité (n°20780) sur quatre pages est revenu en hommage sur Georges Brassens, et quand on lit ses textes, on se dit bien que Brassens n'a jamais été aussi présent et utile qu'aujourd'hui...



L'Humanité rend hommage à Georges Brassens
le 27 Octobre 2011

http://www.humanite.fr/culture/lhumanite-rend-hommage-georges-brassens-482531

Brassens, poète, anar, chanteur au regard plein de tendresse, reste intemporel. Trente ans après sa mort, sa poésie continue de courir les rues. L'ami Georges nous a laissé près de 180 chansons qui ont marqué l'histoire de la musique populaire grâce à leurs textes poétiques et leurs mélodies simples. Un numéro exceptionnel de l’Humanité, daté de vendredi 28 octobre, à conserver.

 •Entretien avec Maxime Le Forestier qui a beaucoup interprété Georges Brassens. Extrait :
"Pour moi, c'est le sommet de la chanson française classique. S'il y a une référence classique dans la chanson, c'est-à-dire une ouvre aboutie, parfaite et datée, c'est Brassens. Après Brassens, tout le monde, plus ou moins, se réfère à lui, soit pour le suivre soit pour le contrer. C'est un petit peu l'effet que faisaient Racine et Corneille."

•Dialogue entre Jean Ferrat et Georges Brassens au temps de l'ORTF, lors d'une émission conduite par Jean-Pierre Chabrol. Extrait :
Georges Brassens : Ce n'est pas sûr que l'art ne puisse pas changer le monde. L'art pur peut sûrement changer le monde. Je crois que c'est l'art explicatif qui peut difficilement changer le monde. (*)

Jean Ferrat : Il ne peut pas changer le monde mais il peut donner la conscience à chacun de la nécessité de le changer, vois-tu ?

•Des témoignages d'artistes : Cali, Alex Beaupain, Thomas Dutronc ...
•Et des extraits de chansons.

Georges Brassens, Jean Ferrat : dialogue sur l'engagement (le 16/03/1969)


(*) Enfin cet échange formidable entre Brassens et Ferrat, suite à une petite polémique antérieure, qui vaut vraiment d'être écouté, sur l'art et comment changer le monde, échange fraternel entre le libertaire individualiste et le communiste, croire ou non à l'action collective...  :)

http://www.humanite.fr/culture/lhumanite-rend-hommage-georges-brassens-482531

Salutations communistes,
W catharos


 
« Modifié: 29 octobre 2011 à 10:47:56 par W catharos »
"Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau."
Saint Just

"Il n y a pas cinquante manières de combattre, il n' en y a qu'une c'est d"être vainqueur"
Malraux

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Re : Hommage à Brassens par l'Humanité
« Réponse #1 le: 30 octobre 2011 à 13:52:32 »
Salut camarades,

Sur le site l'Ina on peut voir, Georges BRASSENS, Jean FERRAT: dialogue sur l'engagement, emmssion de L'invité du dimanche du 16/03/1969 qui dure 08min19s.

Jean-Pierre CHABROL s'entretient avec Georges BRASSENS et Jean FERRAT. Ils évoquent leur divergence d'opinion sur leur conception de l'engagement.

http://www.ina.fr/media/entretiens/video/I00014178/georges-brassens-jean-ferrat-dialogue-sur-l-engagement.fr.html

Brassens-Ferrat, dialogue entre deux géants
 
http://www.humanite.fr/culture/brassens-ferrat-dialogue-entre-deux-geants-482585

Georges Brassens et Jean Ferrat n’avaient pas le même point de vue sur la notion d’engagement dans la chanson. Ce face-à-face restera comme un des plus beaux moments de télévision. C’était au temps de l’ORTF, lors d’une émission conduite par Jean-Pierre Chabrol.

C’était le 13 mars 1969, lors d’une émission de télévision de l’ORTF animée par Jean-Pierre Chabrol. Georges Brassens et Jean Ferrat, invités de l’Invité du dimanche, échangeaient en toute amitié sur la notion d’engagement. Les deux artistes avaient une vision différente du monde et de l’idée de changement, l’un se prononçant pour l’action collective, l’autre croyant à une démarche individualiste. Un dialogue savoureux. Extraits.

Georges Brassens : Moi, je n’ai rien jamais rien dit à Ferrat en chantant. C’est lui qui me répondait, de temps en temps, en chansons.

Jean Ferrat : Oui, de temps en temps (rires).

Jean-Pierre Chabrol (à Brassens) : Cela te fâche ?

Georges Brassens : Pas du tout. Il le sait très bien que cela ne me fâche pas.

Jean Ferrat : Je crois personnellement que la démarche individuelle est extrêmement importante. Elle est même capitale, mais elle ne remplace pas l’autre. C’est-à-dire que seul, on ne peut pas grand-chose. On ne peut même rien pratiquement si on n’est pas entouré. Pour avoir une action possible et efficace, il faut être en groupe (…) On vit dans un monde atroce, on subit des pressions considérables... Pour moi, les choses sont claires, d’une certaine manière. En gros, dans notre société actuelle, il y a des exploiteurs et il y a des exploités. Je suis du côté des exploités, bien entendu.

Georges Brassens : Les mots sont une source de malentendus. Ferrat ne l’a pas dit, mais il le sait, je ne suis pas du côté des exploiteurs. C’est du reste assez connu (…) Moi, tu sais, je n’ai jamais cru aux solutions collectives. C’est une opinion tout à fait personnelle et très discutable, ne croyant pas aux opinions collectives et étant contre personnellement, sur le plan esthétique dans le domaine de la chanson, étant contre l’efficacité. (...) Je ne tiens pas, par exemple à donner des explications et à donner une morale, à indiquer les voies que je pense qu’il faut suivre ou ne pas suivre. Je me borne, si tu veux, à donner mes impressions en face de problèmes. Même si je ne les traite pas, ils sont sous-jacents (...) J’explique dans mes chansons, une espèce d’attitude individuelle (...) Je pense être plus efficace, en ce qui me concerne, en faisant des petites chansons qui apportent quatre ou cinq minutes de bonheur ou de joie à certains, pas tout le monde bien sûr, à ceux qui les aiment. Des gens qui sont exploités, du reste. J’estime, en faisant cela, n’avoir pas trop démérité. Tu penses bien que si je croyais – je me trompe peut-être –- à l’efficacité, j’en ferais des chansons (…) Si je ne le fais pas, c’est que, d’abord, je ne me crois pas le droit de dire aux gens « ceci est bien, ceci est mal », parce que je ne le sais pas tellement moi-même. (...)

Et ensuite, sur le plan de l’esthétique, moi, je ne suis ni un philosophe ni un sociologue. Je fais des chansons. Je suis un poète mineur, mais un poète quand même, un faiseur de chansons. Je traduis mes émotions (…). Et puis, je pense, sur le plan de l’efficacité, que l’on peut être efficace en étant indirect.

Georges Brassens : (…) Ferrat n’approuve pas toutes mes chansons et moi, je n’approuve pas non plus toutes les siennes. Mais cela ne veut rien dire. Quand je lis de très grands poètes – plus grands que nous, qui ne sommes pas du tout des poètes –, je n’approuve pas tout ce qu’ils disent. J’aime beaucoup Victor Hugo (...) je n’approuve pas tout ce qu’il dit (...). J’aime bien Ferrat. S’il fait une chanson que je n’approuve pas tellement, je la prends quand même parce que c’est lui qui l’a faite et que je l’aime beaucoup. Et il en va de même pour lui.

Jean Ferrat : Je suis tout à fait d’accord avec ce que dit Georges. Je pense finalement que c’est une définition, et un sens, de ce que doit être l’art en général qui, en fait, peut nous séparer, dans une certaine mesure. L’art ne peut pas changer le monde, bien sûr…

Georges Brassens : Ce n’est pas sûr que l’art ne puisse pas changer le monde. L’art pur peut sûrement changer le monde. Je crois que c’est l’art explicatif qui peut difficilement changer le monde.

Jean Ferrat : Il ne peut pas changer le monde mais il peut donner la conscience à chacun de la nécessité de le changer, vois-tu ?

Georges Brassens : Si tu veux mon opinion, je pense que tant que les hommes ne seront pas changés, rien ne sera changé dans le monde.

Jean Ferrat : Alors là, je suis exactement d’un avis opposé.

Georges Brassens : Et j’ai peur que l’homme ne soit pas près de changer. Non pas que je le trouve très mauvais, mais enfin… même dans une société tout à fait parfaite, je crois que l’homme inventerait encore, parce qu’il est très industrieux, il est très imaginatif. Il inventerait, il trouverait le moyen de foutre la pagaille.

Jean Ferrat : Oh, mais ça, il est certain que ce n’est pas une chose simple. Mais je crois qu’on ne peut pas parler de l’homme avec un grand H.

Georges Brassens-Jean Ferrat, dialogue 
sur l’engagement. Un document Ina.fr.
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Re : Hommage à Brassens par l'Humanité
« Réponse #2 le: 30 octobre 2011 à 19:24:00 »
Wilhelm

C'est intéressant mais sa mauvaise réputation , Brassens ne l'a pas inventé pour se donner un genre . C'était dans ses jeunes années , avant guerre . Il avait fait des conneries et ... :o

Voilà ce qu'en dit Eric Kristy :

Autour de 17-18 ans, il aurait vraiment pu mal tourner. Mauvais élève, amoureux précoce, sanglé dans des petits costards cintrés, les cheveux brillantinés, on est très loin de l'image du Brassens moustachu et grisonnant qu'on connaît ! Sa jeunesse est celle d'un petit Sétois insouciant, farceur et un peu marlou... "On était des vraies brutes", a-t-il dit en évoquant cette époque. Une vilaine histoire de cambriolages en série l'a envoyé, avec ses comparses, devant le tribunal correctionnel de Montpellier, qui l'a condamné à six mois de prison avec sursis. Dans la foulée, il a été viré du collège. La honte qu'il a ressentie à ce moment-là (surtout vis-à-vis de ses parents) est sans aucun doute l'un des déclencheurs de sa vocation. Son prof de lettres, Alphonse Bonnafé, dit "le boxeur", l'a initié aux grands textes et lui a inculqué l'amour des mots. Il lui a donné confiance en lui et l'a incité à rattraper le temps perdu grâce à la littérature. Entre vingt et trente ans, Brassens s'est littéralement plongé dans les livres, et a dévoré des bibliothèques entières !