Bonjour,
Wolf dit : "une grève générale de 24 heures c'est la négation de la grève générale au nom de la grève générale."
On dirait que pour lui, toute revendication de grève qui n'est pas celle d'une grève générale illimitée, constitue une sorte de capitulation, parce que, comme il dit dans un message précédent, "on retournera au travail le lendemain".
L'impact positif d'une grève générale de 24 heures n'est pas tant dans ce qu'il obtient du patronat que dans son effet sur la conscience des travailleurs. A vrai dire, si on me pose la question de savoir si, dans le cas d'une grève générale d'un jour ou même de plusieurs jours, le gouvernement aurait cédé sur la question des retraites, je répondrais qu'en toute probabilité, non, il n'aurait pas cédé. Par ailleurs, même s'il cédait sous le coup de la grève, il serait revenu à la charge sur la même question quelques mois plus tard.
Cependant, nous pensons qu'une grève générale de 24 heures, si elle était bien préparée et menée, aurait un impact majeur sur la conscience de tous les travailleurs, parce qu'elle leur permettrait vivre dans la pratique et de voir concrètement l'immense puissance dont dispose leur propre classe. Elle aurait considérablement renforcé le moral et la combativité de l'ensemble du salariat. Ceci n'est peut-être pas assez pour des gauchistes surexcités. Mais c'est un bon début.
Wolf dit, "si Oxley avait osé demander une grève de seulement 24 heures dans les assemblées, il n'aurait pas été écouté etc".
Soit. Mais ceci n'est pas un argument. Les militants actifs qui vont dans les assemblées, même s'ils sont, eux, pour une grève générale illimitée, devraient tenir compte de ceux qui ne le sont pas encore, et de ceux, en dehors des assemblées, qui ne sont pas encore entrés en action, ne serait-ce que limitée !
Je dis ceci pour la simple raison que et sans cette majorité, aucune grève générale illimitée n'est possible. Sans eux, il s'agit d'une phrase creuse. Hurler "grève générale! grève générale!" sans prendre une attitude sérieuse envers ce problème-là, ne produira pas pour autant la grève générale dans les faits. Le problème n'est pas de se convaincre de sa propre radicalité en criant toujours plus fort et en proposant toujours les formes d'action les plus radicales, mais de trouver les arguments et les mots d'ordre justes pour chaque étape et qui permettront au mouvement dans son ensemble d'avancer.
Pour notre Wolf, on dirait que tout ce qui ressemble à une action partielle ou intermédiaire, tout ce qui tient compte du stade où se trouve le mouvement à un moment donné (et non pas la volonté subjective d'une petite minorité agissante) rime avec réformisme" ou "capitulation".
Fraternellement,
Greg Oxley