En participant a ce forum et en discutant avec notre camarade espagnole je m'apperçois de l'énorme confusion qui regne de nos jours chez les militants progressistes.
Après avoir été de nombreuses années des apôtres de la science censé résoudre tous nos problèmes, les organisations de gauches sont gagnés par ce discours petit bourgeois et paysan de la peur technologique.
Le nucléaire de part son utilisation militaire semble cristaliser plus que tous autre les reprobations contre la technologie.
Cependant si on regarde de plus pres les inustries chimiques ont fait plus de morts que le nucléaire (les bombes chimiques employé nottement en 14-18, la pollution aux dérivés chimiques, les aerosols et autres CFC responsable du trou dans la couche d'ozone) en ne n'oubliant pas les "accidents" comme Bophal ou Sevezo.
A la lecture de notre camarade il faudrais aussi demander l'arret des usines chimiques et ce dans le plus bref délais.
Mais des mots d'ordres simplistes (Sortir du nucléaire) ne changerons rien à la problématique, d'autres sources d'energies devrons être utilisés et aucune n'offre autant de possibilités actuellement que le nucléaire :abondance, limitation de l'effet de serre.
Pour ne pas rester dans les "abstractions" que rejette fireballe, voici quelques chiffres :
Dans le monde, l'activité production d'électricité est responsable de 40 % de la production de CO2, mais avec des écarts considérables entre les pays (8 % dans le cas de la France et 51 % au Danemark). En Europe ce secteur reste le premier producteur de CO2 mais avec une stabilisation des émissions depuis 1984 (grâce surtout au nucléaire).
On observe des écarts considérables des émissions entre les différents pays, exprimés en tonnes de CO2 par habitant ou par unité de PIB (Produit Intérieur Brut) : 34 t par habitant et par an au Luxembourg, 20 t aux USA, 16 t en Australie et au Canada, 13 t en Allemagne, 10 t aux Pays-Bas en Grande-Bretagne et au Danemark, 7 t en France, 4 t au Portugal et au Mexique et enfin 3 t en Chine (tous ces chiffres correspondent à l'année de référence, 1990). Ces contrastes s'expliquent par les niveaux de développement industriel des différents pays mais aussi par les efforts respectifs d'efficacité énergétique de chacun d'eux : ainsi par unité de PIB, la France apparaît comme le "meilleur élève mondial" avec la Suède et la Suisse.
Le tableau ci-dessous montre les niveaux d'émission unitaires de CO2 pour la production d'électricité en fonction des énergies utilisées (Source ETSU) :
1kWh "nucléaire" = 4 g de CO2
1 kWh "gaz" = 446 g de "CO2"
1 kWh "pétrole" = 818 g de CO2
1 kWh "charbon" = 955 g de CO2
En Europe, le nucléaire, qui fournit près du tiers de l'électricité, permet déjà d'éviter le rejet de plus de 700 millions de tonnes de CO2 par an
En 20 ans grâce à l'électricité nucléaire EDF a réduit de façon considérable ses rejets de polluants (réduction de 70 % des émissions d'oxyde d'azote et dioxyde de soufre durant cette période), ce qui s'est traduit par une diminution globale de la pollution atmosphérique en France (moins 30 % selon le Ministère de l'Environnement).
De plus la demande croissante mondiale d'energie (source de conflit déjà actuellement : la guerre en IRAK, le darfour etc.) ne saurais être satisfaite juste avec les ressources energetiques fossiles.
Certes on peut accélérer encore un peu la consommation frénétique des maigres ressources fossiles de la terre, il n'a fallu que quelques millions d'années pour les constituer, nos petits enfants n'en auront quasiment plus ! Pourtant, le développement durable ne suppose-t-il pas une préservation des ressources naturelles pour les besoins des générations futures ? Pour cela, un mix énergétique faisant une large place au nucléaire et aux énergies renouvelables sera à terme indispensable.
L'exemple de la Suède est intéressant. Ce pays a choisi le retrait du nucléaire programmé il y a vingt ans et envisage maintenant de repousser la mise en application de cette décision. Pourquoi ? Parce qu'aucune solution de remplacement crédible au plan économique n'est apparue et que l'arrêt de centrales nucléaires se traduirait immédiatement par un accroissement de la production danoise à base de charbon polluant.
Voila quel est la réalité actuelle.
Mais que faire face à l 'accroissement inéluctable des besoins en énergie de l'humanité ?
Développer les énergies renouvelables ? Oui, sans hésitation, mais sans tromper nos camarades sur les perspectives réalistes. Des problèmes économiques qui n'ont pas été surmontés en cinquante ans et qui tiennent pour l'essentiel au caractère dilué et irrégulier de ces sources d'énergie (le courant éolien coûte trois à quatre fois plus cher que le nucléaire ; le solaire dix fois plus cher) ne seront pas résolus par miracle du jour au lendemain.
Les problèmes de la "domination" de l'homme sur la nature avais déjà inspiré Engels dans son manuscrit "LE RÔLE DU TRAVAIL DANS LA TRANSFORMATION DU SINGE EN HOMME".
Ce texte jamais terminé est un petit bijou dont j'invite chaque camarade a faire la lecture .
... l'animal utilise seulement la nature extérieure et provoque en elle des modifications par sa seule présence; par les changements qu'il y apporte, l'homme l'amène à servir à ses fins, il la domine. Et c'est en cela que consiste la dernière différence essentielle entre l'homme et le reste des animaux, et cette différence, c'est encore une fois au travail que l'homme la doit. Cependant, ne nous flattons pas trop de nos victoires sur la nature. Elle se venge sur nous de chacune d'elles. Chaque victoire a certes en premier lieu les conséquences que nous avons escomptées, mais en second et en troisième lieu, elle a des effets tout différents, imprévus, qui ne détruisent que trop souvent ces premières conséquences. Les gens qui, en Mésopotamie, en Grèce, en Asie mineure et autres lieux essartaient les forêts pour gagner de la terre arable, étaient loin de s'attendre à jeter par là les bases de l'actuelle désolation de ces pays, en détruisant avec les forêts les centres d'accumulation et de conservation de l'humidité. Les Italiens qui, sur le versant sud des Alpes, saccageaient les forêts de sapins, conservées avec tant de soins sur le versant nord, n'avaient pas idée qu'ils sapaient par là l'élevage de haute montagne sur leur territoire; ils soupçonnaient moins encore que, ce faisant, ils privaient d'eau leurs sources de montagne pendant la plus grande partie de l'année et que celles ci, à la saison des pluies, allaient déverser sur la plaine des torrents d'autant plus furieux. Ceux qui répandirent la pomme de terre en Europe ne savaient pas qu'avec les tubercules farineux ils répandaient aussi la scrofule. Et ainsi les faits nous rappellent à chaque pas que nous ne régnons nullement sur la nature comme un conquérant règne sur un peuple étranger, comme quelqu'un qui serait en dehors de la nature, mais que nous lui appartenons avec notre chair, notre sang, notre cerveau, que nous sommes dans son sein, et que toute notre domination sur elle réside dans l'avantage que nous avons sur l'ensemble des autres créatures, de connaître ses lois et de pouvoir nous en servir judicieusement.
Dans cette extraits Engels decrit la "domination" de l'homme sur la nature comme un acte volontaire qui permet a l'homme d'utiliser la nature.
Il evoque aussi les conséquences sociales des "innovations " technologiques de son temps, fallais t'il interdire la pomme de terre ?
( famine qui, à la suite de la maladie de la pomme de terre, s'abattit sur l'Irlande en 1847, conduisit à la tombe un million d'Irlandais se nourrissant exclusivement ou presque exclusivement de ces tubercules et en jeta deux millions au delà de l'océan)
Pour Engels la réponse est non, mais contrairement a un scientisme béa et stupide de l'époque, Engels fais ici la liaison entre l'homme et la nature et decris la "domination" de l'homme comme la connaissance des lois de la natures, pas sa soumission.
Et en fait, nous apprenons chaque jour à comprendre plus correctement ces lois et à connaître les conséquences plus proches ou plus lointaines de nos interventions dans le cours normal des choses de la nature. Surtout depuis les énormes progrès des sciences de la nature au cours de ce siècle, nous sommes de plus en plus à même de connaître les conséquences naturelles lointaines, tout au moins de nos actions les plus courantes dans le domaine de la production, et, par suite, d'apprendre à les maîtriser. Mais plus il en sera ainsi, plus les hommes non seulement sentiront, mais sauront à nouveau qu'ils ne font qu'un avec la nature et plus deviendra impossible cette idée absurde et contre nature d'une opposition entre l'esprit et la matière, l'homme et la nature, l'âme et le corps, idée qui s'est répandue en Europe depuis le déclin de l'antiquité classique et qui a connu avec le christianisme son développement le plus élevé.
Pour Engels, c'est seulement par l'apprentissage de ces lois, par le developpement des connaissances que nous déchirerons les chimères de la croyance de l'homme séparé de son environnement.
Et il avais raison, le developpement économique occidental, ainsi que son developpement technologique (tel que la conquète spatial) ont developpé la conscience du respect de la nature sur l'ancienne et réactionnaire théorie de la soumission de la nature par l'homme.
Cependant comme toujours en pareille cas, les esprits qui etaient pollué d'un scientisme béa, versent maintenant dans une antitechnologie des plus stérile et puérile.
Seul les petite bourgeois sont sensibles à ce theme de la décroissance, avec une petite vie bien confortable, ne manquant de rien ils pronnent pour les autres l'ascétisme et la pénurie. Ces arguments n'ont aucune prise dans la classe ouvrière et de tel slogans si ils peuvent ralier une minorité de la jeunesse altermondialiste, ne pourras jamais fedérer la classe ouvrière (en france on se bas pour renationaliser EDF, pas pour fermer les centrales nucléaires).
Tous les moyens doivent être mis en œuvre pour satisfaire un développement durable tout en préservant l'environnement. L'énergie nucléaire a sa place, probablement pour une part très supérieure à sa place actuelle sur le plan mondial. Il faut continuer d'en améliorer tous les aspects, économie, sûreté, conséquences environnementales, comme pour les autres sources d'énergies.
Pour moi tout autre attitude est non scientifique, voire démagogique. Sur le fond elle ne resiste pas à l'analyse, et sur la forme elle est étrangère aux préoccupation de la classe ouvrière.
Il ne faut pas confondre technologie et maitrise de celle ci.
Dans le cadre du capitalisme, l'energie nucléaire est confié aux mains de groupes d'intérets concurrents qui se livrent des guerres commerciales et physiques pour assurer leur domination.
La haute technicité de la maitrise de l'energie nuclaire, mais aussi des biotechnologies met en valeur jours après jours la dystorsion entre le système sociale-politique du capitalisme et sa capacité a gerer celles ci.
En clair les enjeux sont si important, les technologies si délicates, que seule le contrôle démocratique peut permettre de developper harmonieusement ces technologies.
L'émergence des courants Ecolo-Alters est en ce sens positifs qu'il marquent la volonté des salariés à intervenir dans la politique, cependant leur "maximalisme" les privent d'une direction juste.
Sans présumer de la position des camarades espagnole, la voie "Sortie du nucléaire" est sans issues sinon prématuré à notre époque.