Bonjour, le sujet que je voudrais poster concerne principalement la question de la décroissance, du "développement durable", et de ce qui les entoure. Cela fait des mois que je connais l'existence des partisans de la décroissance. Je ne connaissais pas les pensées théocratiques de certains d'entre eux, et je me suis bien vite détaché de toute sympathie lorsque j'ai acheté le n° de l'une de leurs publication (justement appelée "Décroissance")...
Ainsi donc nous devrions rouler en charrette à cheval, jeter nos portables, réduire nos déplacements, nous condamner à vivre entre Bledpaumé et Trouperdu (d'ailleurs, la dimension xénophobe du projet des décroissants devrait être étudiée...)...A priori, beurk. Mais bon...
Il est vrai qu'ils ont des arguments très percutants:
:arrow: De toute façon, le pétrole et les énergies fossiles vont disparaître, et l'uranium disparaîtra aussi, n'en déplaise aux partisans de l'atome. Il n'y aura, selon eux, pas de substitution possible au pétrole.
:arrow: Quand bien même il y aurait une énergie de substitution, cela maintiendrait le réchauffement climatique et l'aggraverait.
Peu de gens oseraient contester que les ressources en carburants fossiles vont s'éteindre. Mais on ne connaît pas la date, dans la mesure où l'on en découvre de nouvelles sources régulièrement. Mais, n'étant pas un fan du pétrole, je ne me plaindrais pas de sa disparition.
Quant au nucléaire, je m'y oppose pour une raison qui n'a rien à voir avec l'écologisme: quand bien même des Prix Nobel me démontreraient par a+b que les radiations issues des centrales n'existent pas, que les déchets ne sont pas un gros problème, que tout cela n'est qu'invention de gauchistes écolos, etc... et bien malgré tout je suis contre le nucléaire. Pourquoi? Parce que chacun sait ce qui arriverait en cas d'attentat sur une centrale nucléaire, ou pire, en cas de guerre: un voisin qui nous attaquerait, balancerait une flopée de missiles (même pas nucléaires) sur une de nos centrales (ou centre de retraitement, comme La Hague), nous ferait un Tchernobyl. En mieux. "On mettra des batteries de missiles antiaériens!". Donc cela augmentera le coût de production de l'électricité nucléaire, puisque aucune centrale ne pourra s'en passer, et ces batteries ne pourront pas être déplacées, même en cas de guerre. Il faudra donc créer de nouvelles batteries, et c pas gratuit...
En revanche, dans le n° de « Décroissance » que javais acheté, ils oublient une source dénergie intéressante : lénergie solaire. La pile (le Soleil) en a encore pour quatre milliards dannées à tirer. Alors, certes, comme le dit François Soult (pronucléaire) dans « EDF : chronique dun désastre inéluctable » (livre contre la privatisation dEDF), pour remplacer une centrale nucléaire, il faut cent kilomètres carrés de panneaux photovoltaïques, soit un espace de 10 km sur 10. Mais en comptant le fait que des panneaux peuvent parfois être adaptés sur des bâtiments civils, quon pourrait songer à des sites flottants (comme il y a des éoliennes hors côtes). Et puis, même sil fallait 5000 km2 de terre pour remplacer notre vingtaine de centrales nucléaires, le prix me semble justifié. Et si cela coûte très cher (des dizaines de milliards deuros, comme le dit F. Soult), on peut prendre le raisonnement à lenvers et dire que cela est une source de croissance économique important qui pourrait nous occuper durant des décennies (nen déplaise aux décroissants).
Quant au discours sur le réchauffement climatique, je reste assez sceptique : certains scientifiques ny croient pas (comme feu Haroun Tazieff) ou doutent de ce que lHomme en soit responsable. Rappelons aussi quà raisonner sur lespace dun siècle, on peut aussi dire que sur les siècles suivants, on peut imaginer aussi bien un refroidissement climatique mondial quune poursuite du réchauffement.
Cependant, sil est facile de voir dans les projets des décroissants une volonté de retourner en arrière et de réformer le monde comme il le souhaiteraient, on ne peut pas nier quil faut se poser la question de ce que nous produisons. Et là-dessus, on peut interpeller La Riposte, qui ne tient pas compte de cette dimension dans ses critiques du capitalisme.
Ainsi, si lon veut faire la peau (intellectuellement) au capitalisme, il suffit de noter :
:arrow: que les capitalistes, en vertu des pures lois du marché, ont mis en vente des milliards de cigarettes. Cette dernière est certainement le plus grand crime capitaliste de tous les temps, puisquelle a permis a près de 100 millions de personnes à travers le monde de mourir. Alors oui, « les fumeurs sont responsables » ; mais la bêtise, le masochisme ou la schizophrénie des gens sont une chose, en profiter pour leur vendre de quoi se tuer en est une autre. Proposez à un fumeur de se suicider sur le champ plutôt que de fumer ; presque tous refuseront. Et cela fait entre 30.000 et 60.000 morts par an en France, dont des fumeurs passifs (qui nont rien demandé, eux).
:arrow: que dautres capitalistes, dont des « artisans de nos terroirs » font un commerce similaire avec lalcool. Avec le traditionnel discours sur « lalcool nest pas lalcoolisme » en oubliant que si lalcoolisme nexistait pas, des centaines dexploitations disparaîtraient. Entre 20.000 et 40.000 victimes en France et ailleurs. Et le fait que lalcoolisme faisait des ravages en URSS ne doit pas nous faire oublier quen France ce sont des capitalistes qui en tirent les rênes.
:arrow: lun des plus gros monuments à la bêtise, lhypocrisie et les ravages du capitalisme est lautomobile. Outre ses 6000 morts en 2003 (les « bons chiffres » du gouvernement, qui parle de 5700 morts, en oubliant de compter ceux qui meurent 6 jours après leur accident) et ses 100.000 blessés annuels, les milliers de morts par pollution atmosphérique, son million de morts annuels dans le monde et ses 50 millions de blessés par an, lautomobile a une caractéristique que nont pas le tabac et lalcool. Cest celle dêtre quasiment obligatoire. De très nombreuses personnes nont pas la possibilité de vivre sans automobiles, parce quelles habitent trop loin de leur lieu de travail, parce que le réseau de transports en commun est rachitique, parce quon leur a précisé que sans le permis leur embauche est parfois impossible. La « liberté du consommateur » devient une farce sinistre. Alors là, oui encore, les automobilistes sont responsables de leurs accidents, mais ceux qui ont distribué 20 millions dautomobiles en France aussi, sachant quil suffit quun conducteur soit dangereux 1% du temps ou que 1% des conducteurs soient dangereux pour faire un carnage. En développant les transports en communs, augmentant le nombre de trains, faisant des économies déchelle pour rendre leur utilisation moins chère, en faisant en sorte que lon puisse se rendre partout dans sa ville en bus, en généralisant les bus et navettes rurales, les bus dentreprise, en ne laissant des automobiles quaux professions qui en ont absolument besoin (médecins, ambulanciers
), des milliers de vies peuvent être sauvées, et on peut mettre fin à la civilisation de lautomobile. Mais ce sera encore trop pour les décroissants
:arrow: on peut ajouter la suralimentation, qui commence à devenir une cause de mortalité importante, et pas seulement aux USA.
Cest lune de mes motivations principales pour être un électeur de ce quon appelle « lextrême-gauche » (même si je sais que LCR-LO défendent peu ce programme) ; les principaux crimes du capitalisme sont dans ce quil vent. J'aurais pu aussi parler d'un point essentiel: l'exemple de Cuba. Cuba n'est pas selon moi un pays socialiste, car non-démocratique, mais a réaliser des progrès énormes par rapport aux pays similaires (76 ans d'espérance de vie, contre 70 ou moins au Brésil, et 72 au Mexique). Et pourtant le pays n'est pas très riche (le moins qu'on puisse dire). Les états d'Amérique latine et d'Asie ont quasiment tous les moyens de faire ce qu'a fait Cuba (je ne compte pas l'Afrique, en raison de l'instabilité politique plus forte qui y existe). Plusieurs millions de vies (surtout infantiles),peut-être 3 millions, peuvent être sauvées chaque année. C'est le premier point du très long Livre Noir du Capitalisme qui reste à écrire.
En revanche, il est une chose sur laquelle les décroissants ont raison, cest que le « développement durable » quon nous vend aujourdhui est une imposture, car jamais il ne sera question de remettre en cause lautomobile et les autres monstruosité. Ainsi, un développement peut être « durable » avec lautomobile et le nucléaire (dautant quavec le nucléaire, il suffit dun attentat de quelques minutes, et le développement ne sera plus durable, mais fini).
Mais quen pensent La Riposte et les lecteurs de ce sujet ?