Auteur Sujet: "Brûler le Parlement" ---> Bolivie  (Lu 1432 fois)

Camilo

  • Invité
"Brûler le Parlement" ---> Bolivie
« le: 01 juin 2005 à 01:10:38 »
La situation devient de plus en plus critique en Bolivie. Plus de deux semaines de lutte, et le conflit n'est pas toujours résolu.
La cause du conflit?
La spoliation du peuple bolivien de leurs ressources naturelles (gaz & hydrocarbures) par des multinacionales telles Respol, Total, Petrobras, Enron, Shell , British Petroleum et autres.
La Bolivie est un pays d'environ 8 millions d'habitants, où plus de 60% de la population vit sous le seuil de la pauvreté. Ce qui contraste avec l'immense richesse naturelles dont regorge la terre bolivienne.

Depuis deux semaines à commencé la lutte du gaz et de la dignité bolivienne. La réclamation principale des masses boliviennes est la nationalisation des hydrocarbures et du gaz.
Ces réclamations ne sont pas neuves.
En 2003 deux insurrections paysannes et ouvrières avait éclaté contre les réformes néolibérales imposés par le gouvernement du président Sanchez de Lozada et pour la nationalisation des entreprises pétrolières.
La seconde insurrection, d'octobre 2003 à aboutit par le renversement du gouvernement de Lozada et celui ci fut remplacer par le président actuel, Carlos Mesa.
En réponse aux revendications il promet un referendum au sujet des hydrocarbures. Il a lieu en aout 2004, mais les boliviens ne pouvaient choisir l'option des nationalisations, vu qu'elle n'était pas proposés. Le résultat du referendum impose 50% de royalties aux multinacionales. Ainsi, l'état possède les ressources mais ne les exploite pas. Il perçoit 50% du total des ventes du petrole et gaz (manufacturés).
Où du moins il devrait percevoir; le résultat du réferendum n'ayant pas été appliqué par le gouvernement. De là à commencé la mobilisation populaire.
Mesa, fait passé en debut 2005 une loi sur les hydrocarbures qui prévoit 18% de royalties et 32% d'impots. Il n'obéit pas aux revendications d'octobre 2003 ni au réferendum de 2004.
Sachant la loi impopulaire il décide de ne pas la signer (17 mai), ce sera le président du Parlement, Hormando Vaca Díez, qui la ratifiera.

De là date les mouvements de mobilisation actuels.
Les principaux dirigeants du mouvement sont le parti d'opposition, le MAS (mouvement vers le socialisme) dirigé par Evo Morales et la COB (Central Ouvière Bolivienne) dirigé par Jaime Solares; à eux s'ajoutent de nombreux syndicats de mineurs et paysans.
La position des deux principales tête du mouvement diffère.
Evo Morales, qui souhaitre respecter les institutions, soutient la ligne du " 50 % des royalties". Tandis que Jaime Solares soutient le " ni 30%, ni 50%, nationalisation !"
La position de la COB, plus radicale que le MAS, s'explique par un contact plus marqué avec les masses boliviennes. Pourtant, depuis peu la base du MAS, formé par les cocaleros et paysans, tente de pousser le haut du MAS vers les mêmes revendications. Certains dirigeants du MAS partageant la vision de Solares.

La COB exige aussi la démission du président "traitre" Mesa et la fermeture du "Parlement bourgeois, nid de voleurs!". Ces institutions bourgeoises ont été considèrablement discréditées depuis 2003. Mesa (vice président du gouverment de Lozada) avait remplacé Lozada en promettant de matérialiser les revendications sociales.

Quant au MAS, il revendique la convocation d'une Assemblée Constituante qui a été promis lors de l'insurecction d'Octobre. Ainsi la direction du MAS veut rester dans le cadre des institutions. Comportement peu lucide et très criticable quant on voit le niveau d'exaspération et de conscience des masses. En ne suivant pas les revendications populaires (les mêmes que celles du COB), la direction du MAS perd de sa popularité et risque de laisser passer une occasion d'en finir avec le capitalisme en Bolivie.

La COB, plus lucide, à déja évoqué la mise en place d'Assemblée Populaires, semblabes à celles instaurés en 1971 lors d'une crise révolutionnaire, (qui a malheuresuement aboutit par la dictature militaire de Banzer ) et d'un gouvernement d'ouvriers et de paysans.

Après deux semaines de luttes, jour après jour les discours des dirigeants, la pensée des masses, se sont radicalisées.
Je cite Solares, le 31 mai : "« J’appelle les camarades de tous le pays pour qu’avec une force majeur nous allons au blocage national de chemin, qui ont déja lieu en Caracollo, en Oruro et dans une partie de Cochabamba. Demain Potosi entre dans la grève général illimitée et dans le blocus de routes »
Le leader de la COB à aussi appellé les travailleurs à ne pas se laisser "distaire" par les consigneus qui tentent substituer la revendication des nationalisations par celle de l'assemblée constituante.
« Je suis en train de les prévenir. Si ces messieurs (du Parlement) ne publie pas la Loi de Nationalisation favorable au pays, nous allons brûler le Parlement à n’importe quel moment »

La situation se radicalise de jours en jours, espéront qu'elle aboutisse en faveur du peuple bolivien.

Pour plus d'informations quant au conflir bolivien, voir :

http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=1382 (qui parle d'un autre conflit social, dont je n'ai pas parlé ( et j'aurais du ), la demande d'autonomie des régions les plus riches du pays)
http://www.econoticiasbolivia.com/
http://www.aporrea.org/
L'Huma à aussi publié des textes sur la crise bolivienne.