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Contre l’intervention militaire en Côte d’Ivoire

07
04-2011

Selon l’ONU, l’objectif officiel de l’intervention française en Côte d’Ivoire est la « protection des civils » – comme en Libye. Mais comme en Libye, il s’agit d’un prétexte mensonger. L’objectif réel était de renverser Laurent Gbagbo et de mettre au pouvoir le candidat de l’impérialisme français, Alassane Ouattara, qui est également soutenu par l’impérialisme américain. D’après le Canard Enchaîné, la France a armé et encadré les soldats pro-Ouattara, qui se sont livrés à de véritables massacres, lors de l’offensive de ces derniers jours. Autant pour la « protection des civils » !

Premier ministre sous la dictature de Félix Houphouët-Boigny, puis directeur général adjoint du Fonds Monétaire International, Alassane Ouattara a la confiance de Sarkozy et des hommes d’affaires qui n’aspirent qu’à une chose : poursuivre et intensifier le pillage de l’économie et des ressources naturelles de la Côte d’Ivoire.

Laurent Gbagbo et sa clique, cependant, ne sont pas moins réactionnaires que Ouattara. Gbagbo a longtemps assumé le rôle qui revient désormais à Ouattara. Au passage, il a fait fortune. Mais Gbagbo a perdu la confiance de ses maîtres impérialistes. Ceux-ci aspirent à la stabilité de la Côte d’Ivoire – sous leur domination. Mais il n’en sera rien. Avec ou sans Gbagbo, la crise du capitalisme condamne la Côte d’Ivoire à l’instabilité chronique et aux luttes intestines. La faute en revient principalement aux impérialistes eux-mêmes, à leurs manœuvres et interventions successives, ces dernières décennies.

La Riposte condamne cette nouvelle intervention militaire de la France. Ouattara n’offre pas d’autre perspective aux masses ivoiriennes que le chômage, la misère, la régression sociale – et de nouveaux soubresauts de la guerre civile. La jeunesse et les travailleurs du pays doivent s’inspirer des magnifiques mobilisations de leurs frères et sœurs d’Egypte et de Tunisie. Seules des luttes massives de toutes les couches opprimées de la population, contre l’impérialisme et contre le capitalisme, permettront d’en finir avec la pauvreté, l’exploitation et les guerres civiles.

Voir aussi : Côte d’Ivoire : l’impérialisme français dans une impasse

La Riposte


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Extrait du Canard Enchaîné

Le 7 avril 2011, par La Riposte

"Selon plusieurs témoignages d’officiers supérieurs au "Canard", la France a appuyé la conquête du sud du pays par les forces de Ouattara. L’un d’eux, proche de l’Elysée, se félicite de "notre efficacité dans l’organisation de la descente sur Abidjan." (...) Un autre galonné, membre des services de renseignements, confie : "On a fourni des conseils tactiques aux FRCI", mais aussi "des munitions et des Famas (fusils d’assaut)". De son côté, le contingent militaire français est porté, le 4 avril, à 1 700 hommes. Les 900 hommes du dispositif permanent Licorne ont été notamment renforcés par des Rambo de la Direction des opérations (ex-Service action) de la DGSE et des Forces spéciales.

Quelques-uns, parmi ces derniers, se sont retrouvés en contact direct avec l’entourage de Ouattara. A 19h30, quatre hélicos PUMA, soutenus par des MI 24 de l’ONUCI, commencent leur pilonnage, frappant au passage des objectifs aussi stratégiques que le CHU et un supermarché du quartier de Cocody. Pour la seconde fois en sept ans, "l’ancienne puissance coloniale" bombardait des soldats et des populations ivoiriennes.

Cet héroïque canardage, qui, selon l’Elysée, laissait entrevoir une reddition rapide de Gbagbo, risque pourtant de laisser des traces profondes. Et une situation difficilement gérable à Abidjan. D’abord parce que Ouattara pourrait pâtir, dans cette ville majoritairmeent acquise à Gbagbo, de son image de protégé de la France et des pays riches. L’armement de ses troupes, son équipement tout neuf ont suscité l’étonnement des Ivoiriens. Si l’aide du Burkina et du Nigeria est reconnue, d’autres pistes de financement apparaissent. Selon des témoignages et des documents obtenus par "Le Canard", des proches de Ouattara ont monnayé, en 2009 et 2010, d’importantes quantités d’or extraites des mines du Nord. Plusieurs tonnes ont été acheminées au Ghana voisin sous couvert de véhicules de... l’ONU. Puis envoyées, par petites quantités, à Anvers (Belgique) pour y être transformées. A l’état de poudre, cet or a été négocié à plus de 15 000 euros le kilo.

L’image du camp Ouattara - présenté par certains comme "l’axe du bien" - restera également entachée par les massacres commis ces derniers jours. A Duékoué, par exemple, plusieurs centaines de morts seraient, selon l’ONU et diverses organisations internationales, surtout imputables aux FRCI, les forces de Gbagbo se voyant aussi accusées d’atrocités.

En contact téléphonique permanent avec Ouattara, Sarkozy, qui prétendait le soutenir au nom de la protection des civils, devra ramer dur pour faire oublier les exploits de certains de ses chefs de guerre. Et pour transformer cette intrusion meurtrière en victoire de la démocratie."



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