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Continental Toulouse - Les salariés disent Non au chantage à l’emploi

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09-2010

Des salariés de Continental témoignent, à Toulouse, lors du rassemblement pour protester contre le référendum patronal et le chantage à l’emploi.

Vous trouverez à la suite la déclaration de la Fédération des travailleurs de la métallurgie CGT, du syndicat CGT CONTI, de l’UD 31, de l’USTM 31 et de l’UD 09.

C’est Christian de l’usine CONTI de Clairvoix qui a ainsi résumé les différentes interventions : A Clairvoix, les dirigeants avaient promis de maintenir les emplois jusqu’en 2012, en mars 2009 ils ont annoncé la fermeture de l’usine. Il a cité Sarreguemines repassé à 40h sans hausse de salaire, réduction de la masse salariale de 10%.

CONTI, GENERAL MOTORS , FIAT ... Mêmes chantages à l’emploi, mêmes méthodes d’intimidation, et …même combat.

Au moins 600 personnes étaient présentes à l’entrée de l’entreprise pour écouter les témoignages des salariés CONTI de France, d’Espagne et d’Allemagne, et des salariés d’autres entreprises se trouvant dans des situations similaires (Freescale, General Motors Strasbourg …)

Nuria Requena, militante syndicale espagnole de CONTINENTAL-RUBI (Barcelone), a décrit les conditions de travail chez eux et les luttes très difficiles au devant desquelles ils s’avancent : elle a appelé à l’union des travailleurs.

Joerg Schustereit, militant syndical allemand et Président du Comité de Groupe Européen CONTINENTAL, a dénoncé les mêmes méthodes de management pour plus de profit au détriment des conditions de travail, les mêmes méthodes de chantage à l’emploi dans toute l’Europe

Lili, salariée de l’usine CONTI de Foix, témoigne de l’augmentation des cadences, de la difficulté de maintenir les objectifs de qualité avec ces cadences, des horaires « déstructurés », des nuisances sonores, de l’usure physique. « On est jeté quand on n’est plus rentable, et on nous demande des baisses de salaires maintenant. NON ! »

Michael, de GENERAL MOTORS Strasbourg, a témoigné que le même procédé de chantage à l’emploi par référendum, avec pressions patronales, vient de se dérouler chez eux. Tout ceci sans aucune garantie d’investissement, ni garantie d’emplois.

Le délégué CGT du site de Toulouse nous a expliqué que les 3 usines (Toulouse, Foix, Boussens) sont parmi les plus performantes et ont des clients. Aujourd’hui, elles ont même 15 jours de retard de production par rapport au délai de livraison. Il y a beaucoup de travail avec un énorme savoir-faire.

Un camarade de Freescale est intervenu pour décrire ce qu’il s’est passé chez eux : après un blocage des salaires pendant 5 ans, 3 PSE consécutifs, aujourd’hui c’est la fermeture du site. « Ne pas avoir résisté nous a amené à perdre tous nos emplois, même le reclassement est bidon, seulement 5O emplois ont été retrouvés. Au moins, les 5 semaines d’occupation du site ont permis d’obtenir plus de primes de licenciement ».

Par ailleurs, d’autres salariés CONTI Toulouse, nous ont raconté les pressions qu’ils ont subies avant le référendum : Réunions des salariés pour menacer les « irresponsables » de licenciement si le PSE n’est pas signé, courriers personnels chez soi pour intimider toute la famille, puis les chefs de service qui continuellement reviennent à la charge.

Propos recueillis par Sophie et Elizabeth.


Déclaration de la Fédération des Travailleurs de la Métallurgie CGT
du syndicat CGT Continental, de l’UD31, de l’USTM31 et de l’UD 09

Continental Toulouse, Foix, Boussens
NON AU CHANTAGE A L’EMPLOI !

Le lundi 13 septembre, la Direction de Continental à Toulouse, Foix et Boussens a organisé un « référendum » pour que les salariés se déterminent pour ou contre le plan de la direction : diminution de 8% de la masse salariale, et en contre partie maintien de l’emploi jusqu’en 2015.

Après Continental Clairoix, General Motors Strasbourg (G.M.) et Bosch Vénissieux, les mêmes recettes de chantage à l’emploi sont imposées, sans garantie de maintien de l’emploi, ni du maintien de l’entreprise. Preuve en est avec la fermeture de Continental Clairoix et des fortes inquiétudes sur Bosch Vénissieux et GM.

Les syndicats CGT et CFDT Continental ont appelé à refuser un tel chantage en demandant aux salariés de boycotter le vote et en organisant le même jour un rassemblement, qui a réuni près de 600 salariés sur le site de Toulouse.

  • Le boycott était un NON au plan et un NON aux méthodes de la direction : c’est donc bien moins de la moitié des salariés qui ont approuvé le plan, et encore, bien souvent sous la menace ! C’est un déni de démocratie. La consultation organisée par la Direction, pour contourner la décision du Comité d’entreprise (CE et CCE) et les choix des organisations syndicales majoritaires CGT/CFDT, se solde donc par un échec. Malgré les pressions répétées, même le jour du vote, malgré les séances d’intox individuelles ou collectives, 57% du personnel a refusé le chantage à l’emploi de nos dirigeants, en votant NON ou en refusant de participer à cette mascarade.
  • Parallèlement, le rassemblement devant l’entreprise a réuni plusieurs centaines de salariés. Les messages de solidarité des syndicalistes allemand et espagnol ont montré que partout en Europe, la Direction mène la même politique et se heurte aux résistances des salariés. L’intervention du représentant du Comité de Lutte de Continental-Clairoix comme celle du syndicaliste de General Motors-Strasbourg, ont conforté la nécessité de refuser tout chantage à l’emploi.

La FTM-CGT ne peut que refuser un tel chantage à l’emploi.

Consulter les salariés : OUI, mais en leur proposant plusieurs alternatives et non pas un simple chantage à l’emploi. Continental fait des bénéfices, mais la loi des actionnaires dicte une réduction de la masse salariale pour toujours plus de bénéfices. C’est le même diktat des actionnaires qui a décidé la fermeture de MOLEX à Villemur ou la suppression de la production à FREESCALE Toulouse.

D’autre choix sont possibles ! La FTM-CGT s’engage à mettre en oeuvre l’ensemble de sa force syndicale pour que l’industrie soit au service de l’emploi, de l’augmentation des salaires et l’amélioration des conditions de travail.

Montreuil, le 14 septembre 2010

la riposte


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