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Comment lutter contre le chômage

06
04-2009

Ce texte est un extrait de notre document : Une alternative marxiste à la crise du capitalisme.

Pendant la dernière phase de croissance, la plupart des travailleurs n’ont pas vu leur salaire réel augmenter – alors même que les profits explosaient. Les salariés étaient soumis à une pression croissante pour produire plus et travailler plus longtemps. Or, à présent, avec la crise économique, ils sont non seulement menacés de régression sévère, en terme de conditions de vie et de travail, mais aussi de perdre leur emploi. Les fermetures d’entreprises et l’augmentation du chômage sont à l’ordre du jour. A l’échelle mondiale, des centaines de millions de personnes sont menacées de sombrer dans la pauvreté.

A défaut de pouvoir améliorer leurs conditions de vie, les travailleurs doivent les défendre. Le chômage menace la société de désintégration. La classe ouvrière ne peut tolérer le développement du chômage de masse. Le droit au travail est un droit fondamental. Quelle sorte de société condamne des millions d’hommes et de femmes à l’inactivité forcée, alors que leur travail et leurs compétences pourraient contribuer à satisfaire les besoins de la population ? Avons-nous besoin de davantage d’écoles, d’hôpitaux, de logements ? N’est-il pas nécessaire d’améliorer et de rénover les infrastructures et les transports publics ?

Tout le monde connaît la réponse à ces questions. Mais la réponse de la classe dirigeante est toujours la même : « les caisses sont vides ». A présent, tout le monde sait que c’est faux. Nous savons désormais que les gouvernements peuvent trouver des sommes d’argent extraordinaires, lorsque cela répond aux intérêts de cette minorité richissime qui possède et contrôle les banques et l’industrie. Les caisses ne sont vides que pour la grande majorité de la population : les travailleurs, les jeunes, les retraités et les chômeurs.

Qu’est-ce que cela prouve ? Cela prouve que dans ce système, les profits de quelques-uns sont plus importants que les besoins du plus grand nombre. Cela prouve que l’ensemble du système productif repose sur une seule chose : la course au profit – en clair : l’avidité. Lorsque des travailleurs font grève, la presse (qui est aussi contrôlée par une poignée de millionnaires), blâme leur « égoïsme ». Mais leur « égoïsme » se ramène à la lutte pour joindre les deux bouts : payer le loyer, les crédits, la nourriture, les factures et de quoi faire vivre dignement sa famille.

A l’inverse, l’égoïsme des banquiers et des capitalistes consiste à accumuler d’immenses fortunes grâce au travail d’autrui (car eux-mêmes ne produisent rien). Cet argent, ils le dépensent dans des œuvres d’art (non pour le plaisir, mais comme un nouvel investissement profitable), dans un mode de vie extravagant, ou encore dans une spéculation qui se termine toujours par un effondrement économique et la misère – par pour eux-mêmes, mais pour la majorité dont le travail productif fait tourner la société.

Par le passé, les patrons expliquaient que le développement de la technologie allègerait la charge du travail. Mais c’est l’inverse qui est vrai. L’UE vient de faire passer le temps de travail hebdomadaire maximum à soixante heures ! Et cela dans la première décennie du XXIe siècle, alors que les immenses progrès de la science et de la technologie ont porté la productivité de chaque heure travaillée à des niveaux inédits. Ainsi, l’Etat paye (mal) une masse de chômeurs à ne rien faire – pendant que dans les entreprises, on oblige les travailleurs à faire des heures supplémentaires.

C’est l’économie d’une maison de fous ! D’un point de vue capitaliste, c’est logique. Mais nous rejetons la folle logique du capitalisme ! Contre le fléau du chômage, nous avançons les mots d’ordre de travaux publics et de partage du travail sans perte de salaire. La société a besoin d’écoles, d’hôpitaux, de transports publics, de routes et de logements. Les chômeurs doivent être embauchés pour un vaste programme de travaux publics !

Les syndicats doivent veiller à ce que les chômeurs et les travailleurs soient liés par une solidarité et une responsabilité mutuelles. Il faut partager le travail disponible, sans perte de salaire ! Le travail disponible doit être divisé entre tous les travailleurs – et ce partage doit déterminer la durée de la semaine de travail, qui ne doit jamais dépasser 35 heures. Les salaires ne doivent pas descendre sous un minimum strictement garanti – et doivent suivre l’évolution des prix. C’est là le seul programme qui puisse protéger les travailleurs en période de crise économique.

Lorsqu’ils réalisent d’énormes profits, les capitalistes veillent jalousement au secret de leurs comptes. Mais à présent que l’économie est en crise, ils affichent leurs comptes comme une « preuve » qu’ils ne peuvent pas satisfaire les revendications des travailleurs. C’est tout particulièrement le cas des « petits » capitalistes. Mais la question n’est pas de savoir si nos revendications sont « réalistes » ou non du point de vue des employeurs. Nous avons le devoir de protéger les intérêts vitaux de la classe ouvrière des pires effets de la crise. Les patrons protesteront en expliquant que cela réduira leurs profits et ne les incitera pas à investir. A quoi nous répondrons que si les intérêts vitaux de la majorité ne sont pas compatibles avec les exigences du système capitaliste – alors ce système doit aller au diable !

En luttant pour se défendre contre la tentative de placer la crise sur leurs épaules, les travailleurs en viendront à comprendre le besoin d’un profond changement de l’ordre social. La seule réponse à la fermeture des entreprises, c’est leur occupation. « Usine fermée, usine occupée ! » : c’est le seul mot d’ordre efficace dans la lutte contre les fermetures. Les occupations d’usines doivent nécessairement mener au contrôle ouvrier. Par le contrôle ouvrier, les travailleurs acquièrent une expérience de l’administration de l’entreprise, ce qui leur permettra plus tard de diriger toute la société.

En Argentine, au Venezuela et au Brésil – entre autres – il y a eu et il y a toujours des occupations d’entreprises et des expériences de contrôle ouvrier. Au Venezuela, lors du lock-out patronal de 2002-2003, l’immense compagnie pétrolière PDVSA a été relancée et administrée par les travailleurs eux-mêmes. Un mouvement des usines occupées s’est développé, depuis 2005, à partir de l’entreprise Inveval, et gagne en puissance.

Dans tous ces cas et dans bien d’autres, les travailleurs ont réussi, malgré tous les obstacles, à diriger l’entreprise sous leur propre contrôle et leur propre gestion. Mais le contrôle ouvrier ne doit pas être une fin en soi. Il pose la question de la propriété. Il pose la question : qui est le maître des lieux ? Soit le contrôle ouvrier mène à la nationalisation, soit il n’est qu’un épisode éphémère. La seule solution définitive au problème du chômage, c’est une économie socialiste planifiée, reposant sur la nationalisation des banques et des principales industries, sous le contrôle démocratique des travailleurs.

Nos revendications :

1) Non au chômage ! Du travail ou des allocations décentes pour tous !

2) En finir avec le secret des comptes ! Ouvrez les comptes des entreprises ! Les travailleurs doivent tout savoir de la spéculation, des escroqueries comptables, des profits et des bonus faramineux. Ils doivent voir comment ils ont été trompés et qui est responsable de la pagaille !

3) Non aux fermetures d’entreprises ! Usine fermée, usine occupée !

4) Nationalisation, sous contrôle ouvrier, des entreprises menacées de fermeture !

5) Pour un vaste programme de travaux publics. Pour un programme massif de construction de logements, d’écoles, d’hôpitaux et de routes, de façon à donner du travail aux chômeurs.

6) Les 35 heures pour tous, sans perte de salaire !

7) Pour une économie socialiste planifiée, dans laquelle le chômage n’existera plus, et qui écrira sur sa bannière : DROIT UNIVERSEL AU TRAVAIL.

La Riposte


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