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PCF Paris 10e : succès de la formation sur le matérialisme historique
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PCF Paris 10e : succès de la formation sur le matérialisme historique

Dans la soirée du mercredi 22 juin, 35 personnes étaient rassemblées dans les locaux du PCF du 10e, à Paris, pour une rencontre-formation sur la conception marxiste de l’histoire. Jean-Pierre Leroux, secrétaire de la section locale du PCF, a rappelé que cette deuxième réunion sur le marxisme organisée par le 10e s’inscrivait dans un cycle de formation qui se prolongera l’année prochaine.

Greg Oxley, militant du PCF et membre de La Riposte, a commencé par rappeler les deux grands axes philosophiques du marxisme : le matérialisme et la dialectique - dont le matérialisme historique est la synthèse scientifique appliquée au domaine de l’histoire. Le marxisme s’enracine dans toute la tradition historique du matérialisme, depuis les Grecs. Il part de l’idée que les pensées des hommes, leur culture, leur vie politique, etc, dépendent en dernière analyse de l’organisation matérielle de la société : « Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c’est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience. » (Marx)

En même temps, Marx a étudié l’histoire humaine non comme quelque chose de linéaire, mais comme un processus complexe qui évolue à travers des contradictions et une série de ruptures qualitatives : guerres, révolutions, contre-révolutions, etc. C’est cette méthode dialectique qui lui permet de formuler des lois du développement des sociétés, et ainsi de poser les bases d’une véritable science de l’histoire.

Le développement des forces productives est le moteur de l’évolution des sociétés. En dernière analyse - et seulement en dernière analyse - il détermine les rapports sociaux de production, et par conséquent aussi les idées politiques, philosophiques, religieuses, etc… A un certain stade du développement de ces forces productives, elles entrent en contradiction avec l’ordre social existant : s’ouvre alors une époque de bouleversements. Les deux guerres mondiales, l’actuelle guerre en Irak, la révolution russe, la révolution au Venezuela : tous ces bouleversements historiques expriment, en dernière instance, la contradiction entre les rapports de production capitalistes et l’énorme potentiel technologique et scientifique développé dans le cadre même du capitalisme. Le socialisme est la nouvelle organisation sociale qui, en s’appuyant sur le salariat, doit permettre de libérer les forces productives des rapports de propriété capitalistes - et, pour la première fois de toute l’histoire, satisfaire les besoins fondamentaux de l’humanité entière.

La discussion a balayé divers sujets, mais elle s’est surtout concentrée sur la révolution russe et l’histoire de l’Union Soviétique. Les causes historiques du Stalinisme et de l’effondrement de l’Union Soviétique ont été débattues avec une intérêt d’autant plus vif que les pays de l’ex-Union Soviétique s’enfoncent dans la spirale d’un capitalisme mondial en pleine crise. En même temps, la formation d’une caste bureaucratique en Union Soviétique, dès les années 20, a été analysée dans ses causes concrètes et matérielles.

La contre-révolution stalinienne, tout en s’appuyant sur les avantages énormes d’un économie planifiée, a liquidé les acquis démocratiques de la révolution d’octobre. Cette dégénérescence bureaucratique de la révolution russe avait des causes objectives et matérielles très claires : en 1917, la Russie était très arriérée. Le salariat, malgré sa puissance et sa concentration, composait tout au plus 7% de la population. Le pays est sorti d’une guerre mondiale pour entrer dans une guerre civile. Les révolutions en Europe, en Chine et ailleurs ont été vaincues, laissant la fragile Union Soviétique dans l’isolement. Or, la démocratie ouvrière ne peut se maintenir indéfiniment sur la base de la misère matérielle. La formation d’une bureaucratie totalitaire s’enracine dans l’arriération et l’isolement de l’Union Soviétique au lendemain de la révolution. Et c’est cette bureaucratie, finalement, qui a été fatale à l’économie planifiée.

Cette discussion sur l’Union Soviétique a suscité de nombreuses questions auxquelles il n’a pas été toujours possible de répondre de façon détaillée, faute de temps. Aussi est-il probable que la prochaine formation organisée par le PCF du 10e soit intégralement consacrée à cette question. Ce sera très certainement pour la rentrée.

Publication : jeudi 23 juin 2005

Voir notre texte : La barbarie, la civilisation et la conception marxiste de l’histoire


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