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Le jackpot patronal des aides à la formation
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Le jackpot patronal des aides à la formation

Depuis quelques temps, le Pôle Emploi a mis en place le dispositif de « Rémunération Formation Pôle Emploi » (RFPE), dont l’objectif affiché est d’aider les demandeurs d’emploi à retrouver une activité. Pendant toute la durée de la formation, le salarié est rémunéré directement par le Pôle Emploi. A l’issue de cette formation, l’employeur s’engage à embaucher le stagiaire.

Le montant de l’aide est limité à 665 euros par mois, auxquels il faut ajouter des indemnités correspondant aux frais de déplacement et aux frais de repas (qui s’élèvent à 338,40 euros, dans mon cas, pour un total de 990,40 euros bruts par mois). Ce financement peut durer jusqu’à trois ans, selon les situations.

Cette mesure est présentée comme un tremplin vers la vie active. Or, j’ai moi-même fait l’expérience de ce dispositif, pendant deux mois. Et d’entrée de jeu, j’ai entendu mon futur employeur me dire très « honnêtement » qu’il avait recours à la RFPE uniquement pour… profiter du système.

Premier exemple de dérive : lors de l’inscription auprès du Pôle Emploi, l’entreprise doit élaborer un programme détaillé de formation, avec un nombre d’heures allouées à chaque unité de formation. Mon patron m’a tout bonnement avoué que ce planning était bidon et qu’il l’avait juste élaboré pour remplir les conditions administratives – et toucher l’argent de l’Etat.

Effectivement, dès les premiers jours, j’ai travaillé de la même façon que l’ensemble des autres salariés, à la seule différence que je n’avais pas le même salaire et que je n’avais pas droit aux primes que l’entreprise verse à ses employés lors des déplacements en région parisienne (qui s’élèvent à 30 euros par semaine). Bien entendu, aucun contrôle n’est mis en place par le Pôle Emploi pour vérifier le bon déroulement de la formation, au sein des entreprises bénéficiant de la RFPE.

Voici un autre exemple de dérive. Une de mes collègues de travail, Charlotte, est une jeune secrétaire effectuant un BTS de secrétariat en alternance, depuis 2 ans. Mais en fait, en plus de son travail de secrétaire, elle effectue un travail de technicien-dessinateur, pour pallier le manque d’effectifs. Son contrat prenant fin en octobre, le patron a décidé de l’engager. Mais au lieu de lui proposer un CDD ou un CDI, il s’est empressé de lui proposer une RFPE, pour une durée de deux mois. N’ayant pas d’autres possibilités, dans l’immédiat, la jeune secrétaire a accepté de suivre cette « formation » pour un métier qu’elle exerce déjà depuis deux ans, au sein de la même entreprise. Bien évidemment, en plus de son travail de secrétaire, elle continuera à dessiner – sans que cette activité ne soit déclarée et pour un salaire inférieur à ce qu’elle aurait gagné allocations chômage.

Que mon patron soit un profiteur, c’est clair. Mais il faut souligner également la responsabilité du Pôle Emploi, dans cette affaire. Si le Pôle Emploi avait étudié, même brièvement, le profil de cette salariée, il aurait rapidement vu l’absurdité de la situation, et n’aurait pas signé de RFPE.

Au final, la RFPE risque fort d’être une nouvelle source de main-d’œuvre pas chère, pour les patrons – sous couvert de « formation » des salariés.

Dzeff

Publication : dimanche 8 novembre 2009

Le jackpot patronal des aides à la formation
Le 8 novembre 2009

Dans ce cas précis, elle ne peux pas toucher la rfpe, car elle a ouvert des droits à l’allocation chomage durant son contrat d’apprentissage.




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