Acceuil
   Rechercher un article : |    : La fin des illusions – Edito du n°43 ... |
PCF DEBATS
espace
Toute l'amérique latine un seul click Pas touche au Venezuela ! Non à la guerre impérialiste !
»La révolution cubaine en danger
»Les limites du réformisme « anti-libéral »
»Le socialisme n’est pas une utopie, mais une nécessité
»La Raison en révolte
»Le déclin du capitalisme français et la lutte pour le socialisme
»Le marxisme et la question nationale
»La révolution de Mai 68
» Introduction à la théorie économique de Marx
»Trois conceptions de la révolution russe
»La barbarie, la civilisation et la conception marxiste de l’histoire
»Contre le sectarisme de "l’extrême gauche"
»La Commune de Paris, 1871
»La révolution russe de 1917 [vidéo]
»Les marxistes et la révolution vénézuélienne
»Socialisme et religion : l’affaire du foulard islamique à l’école
»La lutte des classes et l’émancipation des femmes
Demandez nos brochures
Accueil / International / Europe / GEORGIE Imprimez l'article    Envoyez l'article
La guerre dans le Caucase
Soutenez La Riposte : abonnez-vous à notre journal ou faites un don !
La guerre dans le Caucase

Le 7 août, les forces armées de la République de Géorgie ont envahi l’Ossétie du Sud. Cependant, les forces géorgiennes n’ont pas réussi à prendre la capitale de l’Ossétie du Sud, Tskhinvali, et n’ont pas réussi à sécuriser ne fût-ce qu’une partie du territoire aux alentours. Dès le lendemain matin, l’armée russe est intervenue à son tour. En l’espace de 48 heures, elle a repoussé l’armée géorgienne hors d’Ossétie du Sud – la poursuivant, sur terre et dans les airs, jusqu’à Gori, en territoire géorgien.

Face à la déroute complète de l’armée géorgienne, le Pentagone a appelé à la « cessation des hostilités » – comme si l’administration Bush n’y était pour rien. Or, en réalité, il est totalement inconcevable que le Pentagone n’ait pas été informé des préparatifs géorgiens, comme le prétendent les médias occidentaux. La présence de bases militaires, de commandants et autres « spécialistes » américains en Géorgie signifie que le Pentagone était non seulement au courant, mais sans doute aussi pleinement impliqué dans ces préparatifs.

L’Ossétie du Sud, tout comme l’Abkhazie, est un territoire dont la Géorgie voudrait retrouver le contrôle. La Russie s’y oppose, car la position de l’Ossétie du Sud comme protectorat de facto de la Russie – 90% de sa population est de nationalité russe – lui donne, en cas de besoin, une base d’opérations militaires contre la Géorgie et contre l’ensemble du Caucase, une région de très haute importance stratégique, entre la mer caspienne et la mer noire. Du côté américain, la Géorgie, qui s’apprêtait à intégrer l’OTAN, est considérée comme un rempart contre les intérêts russes dans la région, mais aussi comme une base d’opérations contre l’Iran.

Compte tenu de la faiblesse relative de l’armée géorgienne – qui ne possède que neuf avions militaires –, on peut s’étonner qu’elle se soit lancée dans une aventure de ce genre. C’eût été un acte de pure folie si elle n’avait pas reçu l’assurance préalable du soutien des Etats-Unis. De telles assurances existaient, sans doute. On ne peut retenir l’hypothèse que soutiennent de nombreux « analystes » de la presse capitaliste, selon laquelle la Géorgie se serait lancée de son propre chef dans cette guerre en ayant à l’idée qu’une réaction russe « forcerait la main » des puissances occidentales, les obligeant à intervenir du côté de leur allié georgien. Les autorités militaires américaines étaient certainement partie prenante de la préparation de cette offensive.

L’erreur du Pentagone, comme du gouvernement géorgien, fut de sous-estimer la réaction de la Russie. Ils ne s’attendaient manifestement pas à une réaction aussi immédiate et foudroyante de la part de la Russie. L’indépendance du Kosovo – en réalité, sa transformation en un satellite américain – et la tentative d’intégrer à l’OTAN l’ensemble des Etats de la frontière occidentale de la Russie, n’ont produit que des protestations et des mises en garde de la part du Kremlin. Dès lors, le régime géorgien et les « faucons » de l’administration Bush ont pensé qu’il en serait de même cette fois-ci. Ce fut une grave erreur. La défaite de la Géorgie en Ossétie du Sud – comme la défaite d’Israël au Liban, en 2006 – lui interdit toute nouvelle tentative d’invasion. Et comme c’est le cas en Israël, cette débâcle ne manquera pas d’affaiblir la position de la classe dirigeante géorgienne, sur le plan intérieur.

Le lancement de cette aventure n’est pas sans rapport avec les profondes divisions qui traversent la classe dirigeante américaine, ainsi que l’administration gouvernementale et militaire. Avec l’effondrement du dollar, la crise du secteur bancaire et du crédit, la baisse de la production, l’endettement massif et les déficits commerciaux abyssaux, l’économie américaine est en train de sombrer dans la récession. Même pour une puissance aussi colossale que l’impérialisme américain, les 5 milliards de dollars par mois qui disparaissent dans le gouffre des guerres en Irak et en Afghanistan sont insoutenables, d’autant que les Etats-Unis sont en train de perdre ces guerres. D’un côté, les « faucons » de l’administration militent pour la poursuite de ces conflits, convaincus que le retrait des forces américaines porterait un coup majeur aux intérêts de l’impérialisme américain au Moyen-Orient (ce qui est exact). Ils poussent aussi pour une politique agressive à l’égard de l’Iran et de la Syrie, et donc de la Russie. Mais d’un autre côté, une partie – et sans doute la majorité – de la classe capitaliste américaine comprend qu’il faut se désengager de l’Irak et, à terme, de l’Afghanistan, faute de quoi les problèmes économiques à l’intérieur et l’instabilité sociale au Moyen-Orient ne feront que s’aggraver.

Or, pour que les Etats-Unis quittent l’Irak dans les « meilleures conditions », de leur point de vue, ils ont besoin d’un accord préalable avec l’Iran et la Syrie. Alors que Bush s’orientait vers une agression militaire contre l’Iran, les services secrets américains ont organisé une « fuite » établissant que l’Iran ne risquait pas de se procurer l’arme nucléaire, ni à court terme, ni dans un avenir prévisible. Cela a ruiné le « dossier » que les faucons de l’administration Bush commençaient à constituer contre l’Iran, sur le modèle des « armes de destruction massive » de Saddam Hussein. Cette « fuite » ne devait rien au hasard. C’était une tentative de freiner la folie belliqueuse de Bush et de ses proches. Et ce sont ces derniers qui poussent à l’attisement des tensions dans le Caucase.

Le Caucase est une région d’une importance stratégique majeure pour les Etats-Unis. La Géorgie et l’Azerbaïdjan recouvrent la bande de territoire située entre la Mer Caspienne et la Mer Noire. Le pétrole et le gaz sont acheminés à partir de Bakou, en Azerbaïdjan, sur la côte occidentale de la Mer Caspienne, en passant par Tbilissi, la capitale géorgienne, jusqu’aux villes portuaires de Soupsa, sur la Mer Noire, et de Ceyhan, sur la Méditerranée. Le contrôle de ce territoire est donc d’une importance absolument vitale pour les Etats-Unis. L’impérialisme américain doit s’assurer du maintien de régimes à sa botte en Azerbaïdjan, en Géorgie et en Turquie, faute de quoi son accès aux hydrocarbures de la Mer Caspienne serait menacé. Il s’agit également de contrer les alliés de la Russie dans la région et au Moyen-Orient, dont notamment l’Iran, la Syrie et l’Arménie.

La Russie est une superpuissance importante, et l’impérialisme russe ne peut pas se permettre d’assister passivement à l’expansionnisme américain dans le Caucase. Les « droits des minorités nationales », que le Kremlin évoque pour justifier ses incursions en territoire géorgien, ne sont qu’un prétexte bien commode. Pas plus qu’à l’époque des Tsars ou de Staline, l’actuel régime russe n’a que faire du sort des minorités nationales. Celles-ci ne sont que la petite monnaie de sa lutte pour défendre et étendre les zones d’influence de l’impérialisme russe dans le Caucase et ailleurs. La Géorgie est un Etat instable, dont l’autorité ne s’étend guère très au-delà de la capitale. Sur une population de 5 millions d’habitants, 30% est composée de Russes, d’Arméniens, d’Azéris, d’Ossètes, d’Abkhazes et de Grecs. Les enclaves d’Adjarie, sur la frontière turque, de Djavakhétie (de population arménienne) et de Pankissi (tchétchène) échappent à son contrôle, et constituent, pour le Kremlin, autant de leviers à manipuler pour faire pression sur le régime géorgien. En 1992, la Russie est intervenue pour obtenir l’indépendance de l’Abkhazie – provoquant l’exode de plus de 250 000 Géorgiens – et celle de l’Ossétie du Sud, même si elle n’est pas officiellement reconnue.

Le « plan de paix » présenté par Nicolas Sarkozy n’est qu’une immense plaisanterie. Le président français « se félicite » – son passe-temps préféré – de l’acceptation de ce plan par les deux parties. Mais pour montrer à Sarkozy et à l’Europe qu’il n’attachait aucune importance au « plan de paix », le Kremlin avait déjà décrété un cessez-le-feu avant l’arrivée de Sarkozy à Moscou – cessez-le-feu que Poutine choisira ou non de respecter, à sa guise. « Plan de paix » ou pas, tous les objectifs militaires des Russes avaient déjà été atteints, de toute façon. Quant à la Géorgie, le « plan de paix » ne lui procure absolument aucun avantage, et ne fait qu’entériner sa défaite. La Russie sait qu’elle peut agir en toute impunité dans la région, pour la simple raison que toutes les « garanties » dont bénéficie la Géorgie de la part des Etats-Unis et des puissances européennes ne valent même pas le papier sur lequel elles sont écrites. Les Etats-Unis, éperdument enlisés en Irak et en Afghanistan, ne disposent simplement pas des moyens militaires nécessaires pour une intervention contre la Russie. Quant à l’Europe, l’idée que des forces armées européennes puissent « maintenir la paix » au détriment des intérêts de la Russie est tout simplement risible.

De manière générale, cette guerre démontre que la Russie impérialiste commence à chauffer ses muscles. Les moyens militaires dont disposent les Etats-Unis sont importants. Mais ils ont leurs limites, et celles-ci sont aujourd’hui atteintes. Au Caucase, les ambitions expansionnistes des « faucons » de l’administration américaine resteront lettre morte. Ils n’ont plus aucune force d’intervention terrestre capable de contrer la Russie, qui entend bien affirmer sa présence et faire la démonstration, si nécessaire, de sa puissance. C’est une leçon qui s’adresse tout autant à la Géorgie qu’aux pays baltes, à l’Ukraine, à la Pologne et à la République Tchèque. C’est aussi un avertissement à l’actuel et au futur occupant de la Maison Blanche au sujet de l’installation d’un « bouclier anti-missile » américain, en Pologne. Sous prétexte de protéger le monde occidental contre une prétendue « menace iranienne », ce dispositif militaire vise essentiellement la Russie.

La guerre entre la Russie et la Géorgie est, des deux côtés, une guerre réactionnaire. Elle n’a rien à voir avec les droits nationaux des Ossètes, ni avec ceux des Géorgiens. C’est une lutte pour une nouvelle répartition des sphères d’influence entre puissances capitalistes, une lutte impérialiste pour le contrôle des voies de communication et de commerce. Le nationalisme, en Géorgie, chez les Ossètes, les Abkhazes et les autres minorités de la région, n’offre aucune issue. Notre combat doit être d’unir les travailleurs de toutes les nationalités et de tous les pays dans une lutte commune pour le renversement du capitalisme et la création d’une fédération socialiste du Caucase et de la Russie, dans laquelle les minorités seraient libres de toute forme de discrimination nationale, sociale ou politique.

Greg Oxley, PCF Paris
Publication : vendredi 15 août 2008

La guerre dans le Caucase
Le 16 août 2008

Géorgie, les enjeux de la crise par Florence Mardirossian

15 août 2008

(...) « La réputation de la Géorgie comme route alternative sécurisée pour les pipelines acheminant le pétrole et le gaz d’Asie centrale à la Méditerranée a été compromise » (3), a déclaré le 11 août Robert Johnson, directeur de l’énergie et des ressources naturelles au cabinet-conseil américain d’analyse des risques Eurasia Group. « Si vous supprimez l’option géorgienne de la table… ça fait le jeu de la Russie, car la plupart des autres options viables passent par le territoire russe. »

Ainsi, l’Azerbaïdjan, qui a suspendu le 10 août ses exportations de pétrole via les ports géorgiens de Koulevi et Batoumi, est en train déjà d’examiner l’acheminement du pétrole par l’oléoduc qui relie Bakou au port russe de Novorossiïsk, en mer Noire, via la Tchétchénie (voir la carte « “Grand jeu” autour du pétrole et du gaz »). Alors qu’en mai dernier, le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev avait signé la loi ratifiant l’accord entre le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan sur l’acheminement du pétrole kazakh vers les marchés internationaux via le BTC, le conflit russo-géorgien augure dès à présent de belles perspectives d’avenir dans la région pour Gazprom. (...)

www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-08-15-Georgie



La guerre dans le Caucase
Le 17 août 2008, par La Riposte

Selon une dépêche : "Les « mesures additionnelles de sécurité » (exigées par le Russes, avant la retraite de leurs troupes) qui ont fait tiquer Tbilissi « ne pourront être mises en œuvre que dans l’immédiate proximité de l’Ossétie du Sud, à l’exclusion de toute autre partie du territoire géorgien », soulignait Nicolas Sarkozy dans la lettre de précisions qu’il a adressée au président Saakachvili."

L’art de brasser de l’air est toujours aussi vivace chez Sarkozy. Voici qu’il parle avec autorité et fermeté, concernant ce que les Russes peuvent et ne peuvent pas faire. Et si ses consignes ne sont pas respectées, que ferait Sarkozy ? Rien du tout ! Et personne ne le sait mieux que le Kremlin.

G.O.



La guerre dans le Caucase
Le 17 août 2008, par Maryvonne Leray

Exacerbé les nationalismes est l’arme ultime du capitalisme en crise... les Etas Unis ne veulent d’unis qu’eux mêmes... la dislocation de l’Europe en passant par le Kossovo fait oublier la lutte des classes... l’intérêt national prime sur l’intéret de classe... Aussi je partage l’avis de Greg Oxley... Mais en même temps je sais qu’au niveau sentimental ce n’est pas toukours facile à gérer... Dans les années 50, à Saint Nazaire, il fallait mater les bretons... et si on avait le malheur de dire un mot de breton à l’école on se faisait punir... pauvre breton pour le peu qu’on en connaissait... et puis un jour sans savoir pourquoi on a cessé d’être breton... et aujourd’hui tout le monde met en doute le fait que Nantes ait un jour été capitale de la Bretagne...

Alors que nous, les rouges, n’aurions sans doute pas apprécié d’être d’être catholiques et bretons, quelque chose de profond,pourtant, est blessé au fond de nous même...

C’est sur cette blessure due au mépris, que peuvent s’appuyer et être manipulées les revendications nationalistes.

Heureusement à l’époque les 10 000 ouvriers des chantiers et leur famille avait un poids plus fort que le sentiment nationaliste... On manifestait, on prenait des grenades, chantait l’international...

On a démantelé les chantiers, comme aujourd’hui on démantèle tout ce qui serait susceptible de constituer une force révolutionnaire...

Seule la formation et l’éducation des masses peuvent permettre de dépasser les émotions et ressentiments contradictoires... et développer la nécessaire conscience de classe...

Et faire cela avec patience sans heurter les sensibilités mais en éveillant les conscience c’est vraiment tout un art....

fraternellement m.leray



La guerre dans le Caucase
Le 17 août 2008, par La Riposte

Chers camarades,

Maryvonne soulève une question très importante pour les marxistes, à savoir comment concilier la lutte contre l’oppression nationale et l’oppression des minorités linguistiques etc., et la lutte pour l’internationalisme et contre le nationalisme.

Ce n’est pas toujours simple.

La répression de la langue brétonne était une forme d’oppression à laquelle il fallait s’opposer.

A La Riposte, nous avons pris cette question au sérieux et, il y a quelques mois, nous avons publié un texte "Le marxisme et la question nationale", qui présente les principes fondamentaux de l’approche marxiste à propos de ce problème.

Voici le lien :

http://www.lariposte.com/Le-marxisme-et-la-question-nationale-992.html

Fraternellement,

Greg Oxley




Répondre à cet article

Notre Journal
espace
espace
espace
marche rouge
espace
rejoignez la riposte
la riposte journal
espace
espace
espace
 
Soutenez La Riposte | Qui sommes nous ? | Contacter le webmestre | Espace privé
Site optimisé pour la version 7 d’Internet Explorer et la version 1.5 de Mozilla Firefox
©2002-2007 La Riposte RSS2.0
marché rouge